Fillon : "certainement pas de nouveau plan de relance"

Par P.E. et D.H. avec agence, le 19 mars 2009 à 20h02 , mis à jour le 19 mars 2009 à 22h54

Invité du JT de TF1, le Premier ministre a expliqué que le gouvernement "avait le devoir d'être responsable" sur la maîtrise des déficits même s'il comprend les "inquiétudes légitimes" des manifestants. Il a défendu le bouclier fiscal afin d'éviter des règles "confiscatoires".

François FillonFrançois Fillon, sur lz plateau du JT de TF1 le 19 mars 2009 au soir de la journée de mobilisation nationale © TF1-LCI

 
Fillon invité de TF1 après la mobilisation : l'interview intégrale

Au soir d'une mobilisation record -la plus forte depuis le CPE- (lire notre article), le Premier ministre était l'invité du 20h de TF1. Voici, thème par thème, l'essentiel des déclarations de François Fillon :

  • Plan de relance

Prié par Laurence Ferrarri de dire quelle serait la réaction du gouvernement, François Fillon a répondu : "Certainement pas un nouveau plan de relance", même si les Français ont exprimé "une inquiétude très légitime" lors de la journée de mobilisation. "J'écoute les Français tous les jours, ceux qui ont manifesté aujourd'hui et qui étaient nombreux, qui expriment une inquiétude qui est très légitime face à une crise mondiale d'une très grande gravité", a ajouté le chef du gouvernement. "J'agis pour les défendre et les protéger", a-t-il affirmé, avant de défendre les mesures déjà adoptées. 
"On en a déjà pris beaucoup de mesures et ces mesures elles commencent à se mettre en oeuvre, il faut aussi attendre, puisque vous avez parlé du plan de relance (à 26 milliards d'euros, ndlr), qu'il produise des effets". "On a, avec les mesures de relance qui ont été décidées, doublé le déficit public de notre pays cette année, je pense que tous les Français comprennent qu'on ne peut pas aller au-delà et qu'aller au-delà, ce serait non seulement commettre une erreur et une faute pour les générations futures mais ce serait surtout empêcher la reprise".
La "mobilisation ne résoudra pas les problèmes de la crise mondiale", a dit François Fillon pour qui "notre rôle n'est pas d'inventer des conflits franco-français, mais de prendre des mesures pour (...) faire face à une crise mondiale".
Peu avant, Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy, avait estimé que "l'on n'avait pas franchi d'étape dans la protestation par rapport au 29 janvier" : lire notre article.

  • Une annonce : un comité de suivi

Seule véritable annonce: la mise en place d'un comité de suivi qui se réunira chaque mois "pour vérifier que les mesures prises sont appliquées" et efficaces". "Le cas échéant, s'il faut adapter ces mesures, on les adaptera", a-t-il fait valoir. "Il n'y a pas de tabou, le gouvernement n'est pas fermé. Il entend ce que disent les uns et les autres, ceux qui manifestent et ceux, nombreux d'ailleurs qui ne manifestent pas", a jugé le chef du gouvernement.

  • Restructurations

"Dans une crise de cette ampleur-là, il y a des situations où les restructurations sont quand même nécessaires, c'est-à-dire des suppressions d'emplois", a jugé le Premier ministre, avant d'assurer que "le rôle du gouvernement (...) est de veiller à ce que les restructurations soient justifiées". François Fillon a aussitôt ajouté que "Continental n'était pas un très bon exemple parce que Continental était une entreprise qui ne respectait pas ses responsabilités sociales".

  • SMIC

"La hausse du Smic n'est pas une priorité"  : le Premier ministre a répété qu'il n'y aurait pas d'augmentation du Smic, l'une des revendications des syndicats et de l'opposition. "Ce n'est pas la priorité dans une crise aussi grave. (...) La priorité c'est la mobilisation pour l'emploi, c'est de sauver les emplois".
Un effort important a selon lui déjà été consenti avec la suppression des deux tiers provisionnels de l'impôt sur les revenus 2008 pour les foyers relevant de la première tranche d'imposition et le crédit d'impôt accordé à deux autres millions de contribuables. "Six millions de Français vont voir leur impôt sur le revenu diminué en 2009 des deux tiers", a-t-il insisté.

  • Dépenses publiques

"Aggraver encore le déficit public de la France serait une erreur" : selon le chef du gouvernement, "tous les Français comprennent qu'on ne peut pas aller au delà" car d'une part le déficit public, déjà "doublé" cette année en serait aggravé et "ce serait empêcher la reprise" alors que "des signes" dans ce sens existent "pour l'année 2010".

  • Bouclier fiscal

Le Premier ministre a défendu le bouclier fiscal afin d'éviter des règles "confiscatoires". Totalement en phase avec la majorité UMP à l'Assemblée nationale qui a étouffé jeudi la fronde d'une partie de ses membres en refusant de toucher au bouclier fiscal -qui limite les impositions à 50% du revenu- (lire notre article), François Fillon a estimé que "la sortie de cette crise ne passe pas par la fuite des capitaux" et "par l'augmentation des impôts".

  • Salaires des patrons

François Fillon s'en est pris aux patrons qui n'ont "pas l'air de comprendre la gravité de la crise" à renoncer à leurs "salaires astronomiques". "Il faut qu'une partie du patronat, qui n'a pas l'air de comprendre la gravité de la crise et le sentiment d'injustice (...) cesse de se servir des salaires astronomiques", a déclaré le Premier ministre. "Et surtout, les parts variables devraient, compte tenu de la situation économique, être variables à la baisse", a-t-il ajouté.
"J'ai donné à Mme (Laurence) Parisot (présidente du Medef) jusqu'au 31 mars pour faire des propositions", a rappelé François Fillon. "Ou bien vous prenez les mesures nécessaires pour qu'il n'y ait plus ces situations inacceptables, ou bien on légiférera", a-t-il averti. "Si au 31 mars il n'y a pas de propositions, on légiférera sur cette question", a-t-il répété.

  • Le Sida, le pape, et les préservatifs 

"Le pape est un théologien mais tout ne peut pas être réduit à la théologie", a dit François Fillon. "Il faut préserver la vie, c'est une priorité absolue, il faut se protéger soi-même et il faut protéger les autres, c'est le seul message qui vaille aujourd'hui, surtout quand on voyage en Afrique dans un continent qui est aussi frappé par cette terrible maladie", a-t-il ajouté.

Réactions

La CFTC a estimé jeudi, après l'intervention de François Fillon, que le gouvernement "ne peut pas se contenter de dire qu'il ne lâchera rien" tandis que Solidaires a suggéré d'aller vers une "grève générale interprofessionnelle".

Pour le Parti communiste, "le mutisme dans lequel est enfermé la droite constitue une véritable insulte à la souffrance" des Français. En revanche, pour le Nouveau centre, "le Premier ministre a démontré ce (jeudi) soir que le gouvernement était à l'écoute de l'inquiétude exprimée aujourd'hui par de nombreux Français".

Par P.E. et D.H. avec agence le 19 mars 2009 à 20:02
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

35 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Axel, le 20/03/2009 à 08h01

    A tous les commentaires et a tous les français je répéterais la phrase qu'avait dis J.F.K. (John Fitzgerald Kennedy) célèbre président Américain (Parti Démocrate comme Mr. le président Obama)"Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays". Je vous laisse réfléchir sur cette phrase si les modérateurs, pour une fois, publient ce message....

  • PHU Thành Danh, le 20/03/2009 à 06h38

    Je me suis déjà exprimé dans ces colonnes lors de la grève du 29 janvier 2009 . Je souhaite que les Leaders syndicaux fassent partie du gouvernement pour anticiper voire enrayer les conflits sociaux.Puisqu'ils savent tout , voient tout , prévoient tout...

  • Sneji, le 19/03/2009 à 23h18

    Les nantis sont de nouveau dans la rue.Ils ne risquent rien mais mettent en péril le travail des autres.

  • Nathalie, le 19/03/2009 à 23h12

    Il y a des personnes qui font grève de l'orthographe, mon dieu....!!!! par ailleurs, tout le monde doit pouvoir s'exprimer mais le modérateur pourrait toutefois être vigilant sur des propos de personnes qui veulent remettre la guillotine en marche pour les nantis, je vous rappelle que la peine de mort n'existe plus en France.... On devient criminel en France si on gagne bien sa vie ?....

  • Christine, le 19/03/2009 à 21h56

    Je rejoins tous ceux qui ont le courage de s exprimer particulierement J M des Landes

  • Yoyo le gros, le 19/03/2009 à 21h01

    Elu pour 5 ans avec 53% des voix ;aujourd'hui il nous méprise et redonne à ses copains ce qu'il nous taxe. Il me semble que nous devrions manifester les dimanches pour ne pas pénaliser les PME et surtout les salariés ne perdraient pas de jours de salaire,mais il faut continuer le travail de fond pour les obliger a céder et leur faire comprendre que sans le peuple d'en bas ils sont RIEN!

  • Gimard sébilo, le 19/03/2009 à 21h00

    Qu'en est-il de la position actuelle du gouvernemenet sur le projet Tabarot? La protection de l'accueil des enfants doit être pris en compte et non se baser sur "juste un peu de bon sens" pour accueillir les moins de 4 ans.

  • Fredel, le 19/03/2009 à 20h56

    Vous semblez bien fatigue par vos trais de visage un peu comme les francais fatigue de vous

  • Jm, le 19/03/2009 à 20h56

    Mr fillon on va vous donner le smic pour voir vous verrai que se n est pas pareil par rapport a votre salaire et nous on est dans la merde et on nous enterre plus ce n est pas normal

  • François, le 19/03/2009 à 20h56

    M sarkozy na rien a faire de no doléence tous comme le gouvernement vue qu eux ont un salaire plus que convenable notre president c'est fait une ogmentaion de salaire plus que convenable et nous qui renplison les caisse on peut allez se faire voir il ,faux aréter de nous prandre pour des con

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience