Militant du LKP en Guadeloupe © TF1/LCI
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Yves Jégo |
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01:20 18:40 |
La fin de la grève générale aux Antilles, la plus longue en France depuis plus de vingt ans, reste toujours incertaine. En Guadeloupe, le LKP cherche à contraindre le Medef à signer l'accord. Lundi matin (soit en début d'après-midi à Paris), les partisans du collectif guadeloupéen ont manifesté devant les portes restées closes d'un vaste centre commercial de Baie-Mahault.
"L'idée c'est que nous contraignions (les propriétaires) à signer l'accord" sur l'augmentation de 200 euros des salaires, rejeté par les organisations patronales majoritaires dont le Medef, a expliqué Charlie Lendo, secrétaire général adjoint de l'UGTG, en tête de cortège. "On va faire appel au patron", une grande fortune "béké" (descendants de colons blancs) des Antilles françaises, symbole de ceux qu'on appelle ici "les profiteurs", a expliqué Max Céleste, dirigeant de Combat ouvrier (Lutte ouvrière), membre du LKP, en prévenant : "Même s'il ne signe pas aujourd'hui, les travailleurs se chargeront de faire signer l'accord de gré ou de force".
Combien de dépôts de bilan après la grève ?
La veille, Elie Domota, porte-parole du LKP, avait douché les espoirs d'une suspension immédiate du mouvement en Guadeloupe, en annonçant que la décision sur la suite du mouvement serait prise "lundi après-midi", au vu d'un document demandé au préfet, actant les points d'accord. Il avait également fait part de l'intention du LKP de "passer d'entreprise en entreprise" pour faire signer ce texte. Craignant des incidents, le préfet de la Guadeloupe Nicolas Desforges a déployé des forces de l'ordre afin d'éviter "l'irruption de manifestants dans les entreprises".
Alors que la ministre de l'Intérieur et de l'Outremer Michèle Alliot-Marie avait demandé la veille au Medef de l'île d'adopter "une attitude responsable", son président, Willy Angèle, a répliqué lundi en avertissant qu'il serait "très difficile pour les entreprises de prendre l'engagement de se substituer au bout de deux ans aux primes de l'Etat et des collectivités locales" pour assurer les 200 euros d'augmentation prévue des bas salaires. Dénonçant les "méthodes musclées" du LKP, accusé d'avoir "fermé par la force des entreprises", il a estimé que les dépôts de bilan après la grève devraient "se traduire par 10.000 à 14.000 suppressions d'emplois", assurant craindre un taux de chômage à "plus de 30%" dans l'île.
Salaires et prix liés dans les discussions en Martinique
Sur France Info, le préfet Desforges voulait croire lundi à de "derniers soubresauts" avant l'arrêt de la grève. Il a affirmé que le document contenant l'accord salarial était "prêt" à être communiqué au LKP. "Il faut savoir finir une grève", a-t-il lancé en soulignant que sa poursuite serait "auto-destructrice pour l'île, son économie et son image, voire même pour sa cohésion sociale".
En Martinique, l'accord qui paraissait jeudi à portée de main continue d'achopper, avec une confusion sur l'objectif des négociations. Après avoir demandé 200 euros puis 250 euros d'augmentation des bas salaires, le président du "Collectif du 5 février", qui anime le mouvement depuis 26 jours, Michel Monrose, a lié l'accord sur les salaires à un accord sur les prix dans la grande distribution.
D'après agence
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