"Il faut savoir finir une grève"

le 02 mars 2009 à 22h24 , mis à jour le 02 mars 2009 à 22h28

Le préfet de la Guadeloupe, Nicolas Desforges, veut croire que le blocage qui dure n'est que le dernier soubresaut d'une grève qui s'achève.

Militant du LKP en GuadeloupeMilitant du LKP en Guadeloupe © TF1/LCI

 

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La fin de la grève générale aux Antilles, la plus longue en France depuis plus de vingt ans, reste toujours incertaine. En Guadeloupe, le LKP cherche à contraindre le Medef à signer l'accord. Lundi matin (soit en début d'après-midi à Paris), les partisans du collectif guadeloupéen ont manifesté devant les portes restées closes d'un vaste centre commercial de Baie-Mahault.

"L'idée c'est que nous contraignions (les propriétaires) à signer l'accord" sur l'augmentation de 200 euros des salaires, rejeté par les organisations patronales majoritaires dont le Medef, a expliqué Charlie Lendo, secrétaire général adjoint de l'UGTG, en tête de cortège. "On va faire appel au patron", une grande fortune "béké" (descendants de colons blancs) des Antilles françaises, symbole de ceux qu'on appelle ici "les profiteurs", a expliqué Max Céleste, dirigeant de Combat ouvrier (Lutte ouvrière), membre du LKP, en prévenant : "Même s'il ne signe pas aujourd'hui, les travailleurs se chargeront de faire signer l'accord de gré ou de force".

Combien de dépôts de bilan après la grève ?

La veille, Elie Domota, porte-parole du LKP, avait douché les espoirs d'une suspension immédiate du mouvement en Guadeloupe, en annonçant que la décision sur la suite du mouvement serait prise "lundi après-midi", au vu d'un document demandé au préfet, actant les points d'accord. Il avait également fait part de l'intention du LKP de "passer d'entreprise en entreprise" pour faire signer ce texte. Craignant des incidents, le préfet de la Guadeloupe Nicolas Desforges a déployé des forces de l'ordre afin d'éviter "l'irruption de manifestants dans les entreprises".

Alors que la ministre de l'Intérieur et de l'Outremer Michèle Alliot-Marie avait demandé la veille au Medef de l'île d'adopter "une attitude responsable", son président, Willy Angèle, a répliqué lundi en avertissant qu'il serait "très difficile pour les entreprises de prendre l'engagement de se substituer au bout de deux ans aux primes de l'Etat et des collectivités locales" pour assurer les 200 euros d'augmentation prévue des bas salaires. Dénonçant les "méthodes musclées" du LKP, accusé d'avoir "fermé par la force des entreprises", il a estimé que les dépôts de bilan après la grève devraient "se traduire par 10.000 à 14.000 suppressions d'emplois", assurant craindre un taux de chômage à "plus de 30%" dans l'île.

Salaires et prix liés dans les discussions en Martinique

Sur France Info, le préfet Desforges voulait croire lundi à de "derniers soubresauts" avant l'arrêt de la grève. Il a affirmé que le document contenant l'accord salarial était "prêt" à être communiqué au LKP. "Il faut savoir finir une grève", a-t-il lancé en soulignant que sa poursuite serait "auto-destructrice pour l'île, son économie et son image, voire même pour sa cohésion sociale".

En Martinique, l'accord qui paraissait jeudi à portée de main continue d'achopper, avec une confusion sur l'objectif des négociations. Après avoir demandé 200 euros puis 250 euros d'augmentation des bas salaires, le président du "Collectif du 5 février", qui anime le mouvement depuis 26 jours, Michel Monrose, a lié l'accord sur les salaires à un accord sur les prix dans la grande distribution.

D'après agence

le 02 mars 2009 à 22:24
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6 Commentaires

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  • JR, le 03/03/2009 à 07h43

    Il faut savoir aussi arrêter la souffrance des gens, ils sont à bout de nerf pour en arriver là, j'éspère pour eux que les autres ne soient pas rancuniers en face, sinon il y aura une suite.

  • Tipoussy, le 03/03/2009 à 07h18

    Il n'y a qu'un moyen de finir cette grève en Guadeloupe c'est que l'Etat impose l'accord signé à toutes les entreprises. C'est à lui de prendre ses responsabilités sachant qu'imposer une reprise du travail dans les conditions actuelles ne fera que retarder une explsion sociale encore plus violente.

  • Juanitoti, le 03/03/2009 à 07h09

    L'issue de cette grève sera fatale pour bon nombre de petites entreprises déjà fragiles,meme si les revendications sont justifiées,il faut savoir conclure une grève,Mr DOMOTA du LKP est un fonctionnaire qui lui continura de toucher son salaire,ce ne sera pas le cas de beaucoup de ses compatriotes.

  • Pierrot le marin, le 03/03/2009 à 01h34

    Comment est-il possible, en 2009, de confondre une révolte sociale, tout à fait justifiée par les injustices et le racisme séculaires dont ont été victimes les Noirs des Antilles, avec une 'grève'? It's appalling!

  • Bitin, le 02/03/2009 à 23h43

    Comment peut on seulement tolerer l idee que des gens doivent signer des accords sous la menace l idee seulement m irrite et me contrarie moi qui trouve les revendications du peuple antillais juste j ai dit peuple antillais pas lkp

  • Champaloux, le 02/03/2009 à 23h22

    Mais enfin , à LCI , vous n'allez pas me dire que je suis le seul à vous dire que le LKP n'a qu'une idée en tete : l'indépendance ?? quand on lit qu'il feront accepter leurs revendications "de gré ou d force" on n'est plus dans les lois de la République francaise ! alors , s'il vous plait , faites de l'information objective , à LCI , et dites que les continentaux en ont marre de trimer pour des salaires qui n'ont rien de supérieurs à ceux de la Guadeloupe ! la vie est dure en banlieue parisienne , mais on ne fait pas de chantage aux salaires avec les employeurs ! tout celà se terminera mal !

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