Henri Guaino © LCICe sera la deuxième grande journée d'action de l'année 2009. Jeudi prochain, les syndicats appellent à une vaste mobilisation interprofessionnelle pour tenter, comme le 29 janvier, d'infléchir la politique du gouvernement et des entreprises sur l'emploi et les salaires au moment où la crise s'approfondit avec la multiplication des licenciements. Insatisfaits des résultats du "sommet social" du 18 février, au cours duquel le président Nicolas Sarkozy avait annoncé, selon eux, "des mesures trop parcellaires pour modifier le cap économique de la politique gouvernementale".
Les syndicats remettent donc le couvert près de deux mois après une première grande journée de grèves et de manifestations mais, déjà, l'Elysée laisse entendre que Nicolas Sarkozy n'est pas prêt à de nouvelles concessions. "C'est l'évolution de la situation économique qui dicte la politique du gouvernement, pas le calendrier des manifestations. Le gouvernement n'a pas augmenté l'indemnisation du chômage partiel ou créé une prime pour les jeunes qui n'ont pas droit aux allocations chômage parce qu'il y avait du monde dans la rue, mais parce que c'était nécessaire", pointe Henri Guaino lundi dans un entretien aux Echos.
"Garder son sang froid"
Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy ajoute que "quand un secteur industriel comme l'automobile est en péril, un bassin d'emploi en difficulté, une catégorie sociale menacée, il faut intervenir et le gouvernement le fera chaque fois qu'il le faudra. Mais il faut garder son sang-froid, éviter la fuite en avant, les changements de cap incessants qui ne feraient qu'ajouter à la crise".
"Personne ne sait ce que la crise nous contraindra à faire. Mais, pour l'instant, la consommation en France tient bon et le plan de relance commence à peine à être mis en oeuvre. Les pays qui ont opté jusqu'à présent pour la relance par la consommation ne se portent pas mieux et en empruntant pour consommer, ils ont réduit leur marge de manoeuvre pour l'avenir", répond encore Henri Guaino au quotidien économique au sujet d'une éventuelle relance par la consommation, réclamée par le PS et déjà maintes fois rejetée.
Dernière "cartouche" ?
Interrogé sur le fait qu'aucun nouveau "sommet social" avec l'exécutif n'était pour le moment inscrit à l'agenda pour l'après-19 mars, Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a dit s'attendre dimanche à une "mobilisation aussi importante que le 29 janvier" et fait savoir que l'ampleur du mouvement va obliger le gouvernement à réagir.
Quant à savoir si le 19 mars était la dernière "cartouche" des syndicats pour infléchir la politique économique du gouvernement et des entreprises, le leader cédétiste a répondu que "non". "Nous avons d'autres mouvements en perspective comme le 28 mars sur le plan européen (NDLR : avant le G20 de Londres) et le 1er mai", fête internationale du travail.
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