La présidente du Medef Laurence Parisot, le 27 août 2008 © TF1/LCIHuit syndicats unis dans la rue ce jeudi, plus de 200 manifestations organisées en France... la réussite annoncée de ce mouvement social est à porter au crédit d'une personne, selon les éditorialistes : Laurence Parisot.
"A quoi joue Laurence Parisot ? Cherche-t-elle vraiment à jeter de l'huile sur le feu ?", s'interroge Bruno Dive de Sud-Ouest. Affirmatif, semble lui répondre Jean Levallois (La Presse de la Manche), qui "a le sentiment que la patronne des patrons tient à jeter de l'huile sur le feu". Bruno Dive va même jusqu'à se demander si elle a "passé un accord tacite avec Olivier Besancenot pour entretenir en France la flamme révolutionnaire ?".
Laurence Parisot, alliée des grévistes ? Elle agit "comme si elle voulait encourager la présence de salariés du secteur privé dans les cortèges", affirme Hervé Favre dans La Voix du Nord. Valérie Segond de La Tribune enfonce le clou : "En accusant publiquement la CGT, la patronne du Medef donne à la confédération très attaquée sur sa gauche, l'occasion de se poser en rassembleur des mécontents dans un grand mouvement collectif".
"Fini la mascarade"
"On reste étonnés devant l'insistance de Laurence Parisot à réclamer en pleine crise un assouplissement des règles de licenciement", explique Philippe Waucampt du Républicain Lorrain. Jacques Camus juge dans La République du Centre que "les arguments simplistes ont volé bas et Laurence Parisot, pour le Medef, y a pris sa part". "Fini la mascarade du patronat à visage humain qu'elle prétendait incarner", lâche Patrick Apel-Muller de L'Humanité.
Moqueur, Olivier Picard (Les Dernières Nouvelles d'Alsace) note que "c'est l'institut de sondage de Laurence Parisot, l'Ifop, qui a révélé que 78 % des Français considèrent justifié le mouvement de ce jeudi 19 mars. Un cinglant et insolent démenti adressé à la patronne".
Sarkozy aussi
Plus charitable, Dominique Quinio de La Croix préfère rappeler "combien il est important et juste que chacun porte sa part du fardeau" et évoque des "contre-messages" : "un gouvernement qui écarte sèchement toute réflexion (...) sur la manière d'impliquer les plus gros revenus, des restaurateurs qui acceptent la baisse de la TVA mais se gardent de promettre des emplois, des patrons peu enclins à encadrer leurs rémunérations".
Laurent Joffrin de Libération renvoie dos à dos président de la République et présidente du Medef, responsables de "l'indignation" : "Sarkozy avait annoncé qu'on mettrait bon ordre aux excès d'avidité des hauts dirigeants de l'économie (...). Parisot, qui flotte comme un bouchon de plastique sur la crise déclenchée par ses mandants de la finance, est totalement incapable de mettre en oeuvre ce mot d'ordre." Paul Burel défend la même ligne dans Ouest-France : "Nicolas Sarkozy et Laurence Parisot, ont, l'un et l'autre, apporté une efficace contribution à la réussite des manifestations de ce jeudi".
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