Les salariés 3M du site de Pithiviers © LCI 
"S'ils veulent envoyer la force publique, qu'ils le fassent"
Ils ont passé la nuit à l'usine. Le site pharmaceutique 3M de Pithiviers était toujours bloqué mercredi, là où des salariés séquestrent depuis mardi après-midi le directeur industriel du groupe, Luc Rousselet. Mercredi soir, la situation était toujours bloquée, alors que la direction de la filiale française du groupe américain a accepté de "poursuivre les négociations avec les délégués syndicaux, dans la sous-préfecture du Loiret, à la seule condition que Luc Rousselet soit libre de ses mouvements". Pas question, répondent les syndicats. "Nous n'accepterons de le lâcher que si au moins une de nos revendications est satisfaite", a indiqué Jean-François Caparros, délégué syndical FO.
Les salariés protestent contre un plan de suppression de 110 emplois sur les 235 que compte le site. De source syndicale, on précise que les discussions engagées avec la direction du groupe et le sous-préfet du Loiret ont échoué sur la question du paiement des jours de grève. Luc Rousselet a confirmé son refus de payer ces jours de grève "parce que, lorsque l'on fait grève, il faut assumer, et ce serait injuste par rapport à ceux qui ne font pas grève". Outre le paiement des jours de grève, les syndicats demandent notamment une augmentation des indemnités de départ, un congé de mobilité d'une durée de 24 mois, une prime de transfert et des garanties pour les salariés restants.
"Ces gens sont plus à plaindre que moi"
Le directeur industriel a été enfermé dans un bureau par une vingtaine de salariés alors qu'il était venu sur le site discuter des modalités du plan social. Commentant sa séquestration, il a simplement noté : "Ces gens sont plus à plaindre que moi et je savais qu'il y avait ce risque en venant ici". Mercredi, le sous-préfet, Christian Dicolo, a annoncé la nomination d'un médiateur, le directeur départemental du Travail. Les suppressions d'emplois sont prévues d'ici septembre. La direction a annoncé l'arrêt de la production de médicaments en expliquant vouloir se délester d'importantes surcapacités de production rendues inutiles par "une baisse constante de la demande des clients".
L'arme de la séquestration d'un dirigeant d'entreprise a déjà été utilisée le 12 mars dans l'usine Sony de Pontonx-sur-l'Adour, dans les Landes, qui va fermer. Un accord a été signé après la remise en liberté du P-DG et de son directeur des ressources humaines. Les salariés en grève illimitée à Pithiviers depuis le 20 mars sont "décidés à aller jusqu'au bout pour obtenir satisfaction", a assuré Jean-François Caparros, délégué Force ouvrière du site. Les syndicats ont indiqué qu'ils assuraient la sécurité du directeur industriel du groupe pharmaceutique. En France, le groupe américain 3M emploie 2.650 salariés répartis sur une douzaine de sites.
D'après agence
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