Le fils Pinault bloqué par des salariés

le 31 mars 2009 à 18h37 , mis à jour le 31 mars 2009 à 20h22

Une centaine de salariés de la Fnac et de Conforama ont bloqué mardi en fin d'après-midi dans sa voiture le PDG de leur groupe, François-Henri Pinault.

[Expiré] François-Henri Pinault, PDG de PPR © Reuters / Gonzalo Fuentes

Une cinquantaine de salariés de la Fnac et de Conforama ont bloqué mardi en fin d'après-midi dans sa voiture le PDG de leur groupe, François-Henri Pinault, à sa sortie d'un comité européen de PPR à Paris. Le PDG est resté bloqué une heure dans sa voiture, à proximité du 164 rue de Javel (XVe arrondissement) où se tenait la réunion, avant que la police intervienne pour la libérer.

  • Pinault lâche la Fnac et Confo

    Le groupe PPR envisage de céder ses géants de la distribution pour se recentrer dans le luxe, a indiqué son PDG François-Henri Pinault, ajoutant "le plus tôt serait le mieux".

    Publié le 24/11/2009 Pinault lâche la Fnac et Confo
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"C'est scandaleux, le commissaire a fait semblant de discuter avec nous" et les forces de police "en ont profité pour nous foncer dessus pour sortir M. Pinault d'une situation délicate", a déclaré Karl Ghazi, responsable de la fédération CGT commerce. "La voiture de M. Pinault a été un peu retardée", a déclaré une porte-parole de PPR, en soulignant que le PDG "a laissé les salariés s'exprimer", en autorisant une délégation à intervenir durant le comité européen.
 
"Pinault sale escroc"


Après 19 heures, les salariés ont tenté de bloquer la rue de la Convention, toute proche, avant de se faire refouler par la police. Pendant que François-Henri Pinault était bloqué, les salariés scandaient "Pinault sale escroc, la crise elle a bon dos", alors que le PDG passait des appels téléphoniques dans le véhicule. Ils avaient barré la rue avec des poubelles et déployé une banderole sur laquelle était inscrit: "actionnaires PPR: 420 millions d'euros, salariés Fnac : 400 postes supprimés, Non à la fermeture de la Fnac Bastille" à Paris.

 

Les deux enseignes Fnac et Conforama, touchées par la baisse de la consommation en France en raison de la crise, ont annoncé le 18 février des "plans d'économies" qui pourraient se traduire au total par la suppression de 1.200 postes dans l'Hexagone. Arrivé en milieu d'après-midi mardi, François-Henri Pinault avait été accueilli par des sifflets et des insultes de salariés.
  
Le PDG, qui s'est dit "attentif" aux propositions selon des sources syndicales, avait invité un représentant syndical de la Fnac et un représentant de Conforama à s'exprimer pendant la réunion du comité européen. Les autres salariés ont "occupé" les locaux. Le comité européen, composé de représentants des salariés du groupe PPR, a voté une motion "contre les restructurations et les suppressions d'emplois", "demandant de réinvestir dans le groupe les dividendes versés aux actionnaires", a indiqué la CGT.

 

Tension sociale

Après les affaires  3M et Caterpillar (Voir notre article), ce nouvelle incident témoigne d'une grande tension sociale. Pour le chercheur Jean-Marie Pernot, ces actions, qui se limitent toutefois à "quelques cas", sont une "réaction de sauvegarde de l'emploi, mais aussi de dignité". "Quand les conflits se durcissent comme ça, c'est qu'il y a le sentiment d'avoir été totalement floués", souligne-t-il.

 

Avant ce nouvel épisode de la colère de salariés contre leur patron, le chef des députés UMP, Jean-François Copé, avait dénoncé mardi "le gigantesque amalgame" dont sont victimes actuellement en France, à ses yeux, les patrons, "transformés en boucs-émissaires" de la crise.

"Nous soutenons tout à fait la démarche du président de la République" qui a décidé d'en passer par le décret sur les rémunérations variables des dirigeants des entreprises aidées par l'Etat "et j'ai eu l'occasion de lui dire à plusieurs reprises et de le dire publiquement", a-t-il déclaré à la presse à l'issue de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée nationale.

 

"Je crois qu'il y a une vraie adhésion de notre majorité" pour déplorer "cette tentation de plus en plus fréquente de voir nos chefs d'entreprise transformés en boucs-émissaires dans une ambiance digne de la nuit du 4 août" 1789 (date de l'abolition des privilèges ndlr), qui est "extrêmement dangereuse", a-t-il dit. "Une chose est de dénoncer des abus et d'apporter une nouvelle régulation, une autre est de mettre tout le monde dans un gigantesque amalgame, oubliant ainsi que ce sont nos propres entrepreneurs qui créent de l'emploi, qui créent de l'investissement et qui permettent à la maison France de tourner", a-t-il ajouté.

 

 

Carte des plans sociaux en France - 2009

Infographie : la carte de France des plans sociaux

le 31 mars 2009 à 18:37
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