Manifestation au Moule, ville symbole pour les Guadeloupéens, le 14 février. © TF1/LCI
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Yves Jégo |
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01:20 18:40 |
Le week-end devait être riche en avancées, mais les clivages entre les grévistes, le patronat et l'Etat semblent de plus en plus importants en Guadeloupe. Le collectif LKP a durci le ton dimanche soir, appelant à "passer d'entreprise en entreprise" pour faire signer l'accord prévoyant une augmentation salariale de 200 euros, signé jeudi par deux organisations patronales, mais rejeté par le Medef local et le secteur clé du tourisme. Devant près de 3000 personnes, le leader du LKP a appelé à la poursuite du mouvement et expliqué qu'il allait demander "l'extension de l'accord" controversé. "Cela fait quarante jours que nous sommes en mouvement, le LKP ne s'arrête pas, nous avons du travail pour quarante ans encore", a-t-il ajouté, en faisant référence au 40 jours de Carême, très observé en Guadeloupe.
Le LKP, qui avait laissé pourtant entendre qu'il pourrait suspendre la grève dimanche, a annoncé qu'il se prononcerait lundi après-midi sur la poursuite de la grève après transmission d'un document demandé au préfet, actant les points d'accord. Ce report a été salué par une salve d'applaudissements des sympathisants qui ont manifesté leur ferveur en chantant en coeur "le combat continue". Elie Domota les a appelés à se rassembler lundi à 8h du matin à Baie-Mahault, à 8km de Pointe-à-Pitre : "demain nous venons en tennis", a-t-il lancé, sans plus de précision sur la nature de la manifestation. "Environ 46.000 salariés toucheront au moins 100 euros de l'Etat mais il nous faut aller chercher les autres 100 euros", a ajouté le leader du LKP.
Boycotter les magasins, les empêcher d'ouvrir
"Le droit de manifester est libre. Si ça se passe dans le cadre de respect de la loi, il n'y aura aucune difficulté", a réagi le préfet de Guadeloupe Nicolas Desforges. Après presque six semaines de paralysie, le préfet avait lancé samedi un appel "solennel" à la reprise du travail dès lundi, affirmant que "l'essentiel" des revendications du LKP était "acquis", notamment la plus "emblématique" portant sur la hausse de 200 euros des bas salaires.
Malgré les blocages des négociations, de plus en plus de commerces lèvent leurs rideaux un peu partout dans l'île. Toutes les stations service sont désormais ouvertes. Mais Elie Domota prévient : "Nous devons être capables d'aller dans des supermarchés retirer un produit qui ne nous convient pas, de boycotter un magasin, ou de l'empêcher d'ouvrir s'il ne pratique pas un prix qui nous convient". Ces propos traduisent une radicalisation, le LKP estimant avoir "déjà été trompé par Yves Jégo et par le préfet, qui ont voulu faire croire de tout est réglé". En Martinique, l'accord qui paraissait jeudi à portée de main continue d'achopper, avec une confusion sur l'objectif des négociations, qui a varié ces derniers jours entre 200 et 250 euros d'augmentation des bas salaires.
D'après agence
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