Manifestation de salariés de Continental à Paris (25 mars 2009) © TF1/LCI| Plans sociaux en France: la carte des emplois supprimés |
La quasi-totalité des 1120 salariés de Continental à Clairoix ont manifesté mercredi à Paris contre la fermeture, prévue dans un an, de leur usine de pneumatiques, mais sont restés sur leur faim après un rendez-vous à l'Elysée.
Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy, qui a reçu une délégation durant deux heures, leur a indiqué qu'un ingénieur général des mines, Claude Trink, était nommé "commissaire à la réindustrialisation" pour le département de l'Oise, 24 heures après l'annonce par le président de la création de tels postes dans les bassins d'emploi en difficulté. Il leur a assuré que le chef de l'Etat était "à leurs côtés" pour "trouver les meilleures solutions possibles" face à une entreprise dont "le comportement n'a pas été digne".
"L'entreprise est viable"
"On ne peut pas vous dire que d'un coup de baguette magique on arrête tout, mais ce à quoi à la demande du président l'Etat s'engage, c'est de faire tout son possible sur le plan industriel et sur le plan social", a rapporté Raymond Soubie à la presse. Mais ces propos n'ont en rien rassuré les salariés. Pour "les garanties on n'a rien, on a des paroles", a jugé Xavier Mathieu (CGT) devant les manifestants rassemblés non loin de l'Elysée, qui ont sifflé et injurié le nom de Nicolas Sarkozy. "Ils disent qu'ils ne peuvent rien faire parce qu'il n'y a pas d'interlocuteurs" chez Continental, du fait du récent rachat du groupe allemand par son compatriote Schaeffler, a ajouté le cégétiste.
La délégation, qui fait valoir que "l'entreprise est viable", réclamait "l'arrêt du plan social" et "une réunion tripartite" avec la direction et l'Etat. Une plainte pour "délit d'entrave au comité d'entreprise" doit encore être déposée par les représentants syndicaux. Selon le secrétaire CFTC du CE, Antonio Da Costa, l'Elysée s'est engagé à "voir le gouvernement allemand et tout faire pour retarder l'échéance et éventuellement trouver un repreneur". Mais, a-t-il ajouté, "cela ne suffit pas comme discours" et "ils auront des comptes à rendre". Le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel doit les recevoir prochainement.
Cette journée d'action, au lendemain du discours de Saint-Quentin de Nicolas Sarkozy, avait été organisée par l'intersyndicale CGT, FO, CFDT, CFTC, CGC de Continental. Les salariés ont repris le travail lundi, mais selon Antonio Da Costa, il n'y a pas de production. Et d'insister : "On n'est pas contre un plan intelligent avec des pré-retraites, des départs volontaires puisque des gens se sentant trahis souhaitent quitter l'entreprise, mais il faudra qu'ils payent".
D'après agence
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