Image d'archives. © ReutersEn matière de dégradation du marché de l'emploi, les prévisions les plus pessimistes se trouvent de mois en mois rattrapées par la réalité d'une crise aiguë, qui semble assombrir l'horizon au fur et à mesure qu'il se rapproche. A la mi-février, l'Unedic avait pronostiqué, pour l'année 2009, 282.000 chômeurs de plus en France, avec l'hypothèse d'un recul du PIB de 1%. Mais le président de l'assurance chômage table désormais sur une évaluation supérieure à 300.000.
Geoffroy Roux de Bézieux s'en est expliqué dimanche sur France Info. Selon lui, la prévision faite par l'Unedic il y a deux semaines à peine se trouve déjà battue en brèche par des indicateurs très défavorables. Le président de l'assurance chômage a ainsi dû confesser sa surprise devant l'augmentation sans précédent de 90.200 demandeurs d'emploi en janvier, rendue publique mercredi. "Les chefs d'entreprise, très inquiets de la conjoncture" ont "commencé beaucoup plus vite que ce que l'on pensait", par rapport aux récessions précédentes, "à mettre fin aux missions d'intérim, aux CDD", a-t-il expliqué.
"Comme les lapins dans les phares"
L'emploi précaire est donc le premier à pâtir de la conjoncture, ce qui est logique, mais la vitesse de sa dégradation est en soi imprévue. Ce qui montre que les chefs d'entreprise anticipent des jours bien difficiles. Le président de l'Unedic aussi, en ce qui concerne la croissance : il est ainsi revenu sur l'hypothèse d'un recul d'un point en 2009. "Je pense que cette prévision n'est plus d'actualité, on va devoir la réviser : la croissance va être inférieure à -1% et il semble que cette récession soit un petit peu différente en termes d'emploi des précédentes", avec des "décisions très très rapides" des employeurs.
D'où des conséquences inévitables sur le montant des cotisations chômage : Geoffroy Roux de Bézieux a jugé que la baisse envisagée fin 2008 par les partenaires sociaux n'était "vraiment pas réaliste parce que les circonstances ont changé". Peut-être même faudra-t-il "réaugmenter" les cotisations d'ici fin 2010 "si la situation se dégrade trop". Enfin, par rapport au "fonds d'investissement social" qui doit être créé pour coordonner les efforts en matière d'emploi et de formation professionnelle, Geoffroy Roux de Bézieux a estimé que l'Unedic n'avait "rien" à mettre sur la table "puisqu'il est probable qu'on aura un excédent très faible cette année voire un déficit".
Voilà qui fait beaucoup de "peut-être" et de "je pense". Le président de l'Unedic le confesse sans mauvaise grâce : aujourd'hui, "on est un peu comme les lapins dans les phares. Quand on aura vu passer les quelques mois qui viennent, qui sont vraiment les plus difficiles, on saura faire des prévisions plus fiables".
D'après agence
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