Les prévisions de chômage s'aggravent encore pour 2009

le 01 mars 2009 à 14h07 , mis à jour le 01 mars 2009 à 14h11

Le président de l'Unedic table sur plus de 300.000 demandeurs d'emplois supplémentaires cette année. Mais les prévisions, reconnaît-il, sont difficiles dans une phase de crise aiguë.

Pôle EmploiImage d'archives. © Reuters

En matière de dégradation du marché de l'emploi, les prévisions les plus pessimistes se trouvent de mois en mois rattrapées par la réalité d'une crise aiguë, qui semble assombrir l'horizon au fur et à mesure qu'il se rapproche. A la mi-février, l'Unedic avait pronostiqué, pour l'année 2009, 282.000 chômeurs de plus en France, avec l'hypothèse d'un recul du PIB de 1%. Mais le président de l'assurance chômage table désormais sur une évaluation supérieure à 300.000.

Geoffroy Roux de Bézieux s'en est expliqué dimanche sur France Info. Selon lui, la prévision faite par l'Unedic il y a deux semaines à peine se trouve déjà battue en brèche par des indicateurs très défavorables. Le président de l'assurance chômage a ainsi dû confesser sa surprise devant l'augmentation sans précédent de 90.200 demandeurs d'emploi en janvier, rendue publique mercredi. "Les chefs d'entreprise, très inquiets de la conjoncture" ont "commencé beaucoup plus vite que ce que l'on pensait", par rapport aux récessions précédentes, "à mettre fin aux missions d'intérim, aux CDD", a-t-il expliqué.

"Comme les lapins dans les phares"

L'emploi précaire est donc le premier à pâtir de la conjoncture, ce qui est logique, mais la vitesse de sa dégradation est en soi imprévue. Ce qui montre que les chefs d'entreprise anticipent des jours bien difficiles. Le président de l'Unedic aussi, en ce qui concerne la croissance : il est ainsi revenu sur l'hypothèse d'un recul d'un point en 2009. "Je pense que cette prévision n'est plus d'actualité, on va devoir la réviser : la croissance va être inférieure à -1% et il semble que cette récession soit un petit peu différente en termes d'emploi des précédentes", avec des "décisions très très rapides" des employeurs.

D'où des conséquences inévitables sur le montant des cotisations chômage : Geoffroy Roux de Bézieux a jugé que la baisse envisagée fin 2008 par les partenaires sociaux n'était "vraiment pas réaliste parce que les circonstances ont changé". Peut-être même faudra-t-il "réaugmenter" les cotisations d'ici fin 2010 "si la situation se dégrade trop". Enfin, par rapport au "fonds d'investissement social" qui doit être créé pour coordonner les efforts en matière d'emploi et de formation professionnelle, Geoffroy Roux de Bézieux a estimé que l'Unedic n'avait "rien" à mettre sur la table "puisqu'il est probable qu'on aura un excédent très faible cette année voire un déficit".

Voilà qui fait beaucoup de "peut-être" et de "je pense". Le président de l'Unedic le confesse sans mauvaise grâce : aujourd'hui, "on est un peu comme les lapins dans les phares. Quand on aura vu passer les quelques mois qui viennent, qui sont vraiment les plus difficiles, on saura faire des prévisions plus fiables".

D'après agence

le 01 mars 2009 à 14:07
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13 Commentaires

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  • Jerome, le 02/03/2009 à 13h26

    Bravo les réactions. Au lieu de râler, si vous êtes si forts alors créez votre entreprise vous même et on en reparle. Mais c'est sûr c'est mieux de critiquer en attendant que les choses changent pour vous.

  • Jack, le 02/03/2009 à 10h26

    Tintin, tout a fait d'accord avec toi, mais je trouve qu'ils ont bien du mal à comprendre !

  • JGH, le 02/03/2009 à 09h19

    L'UNEDIC est sans doute la seule entreprise en France qui réalise dés le mois de janvier 1/3 de son objectif annuel ....

  • Jean Louis, le 02/03/2009 à 06h45

    Les entreprises seront sauvées, pas les travailleurs.

  • Renan, le 01/03/2009 à 22h40

    Vue que je ne suis jamais publié pour une raison que j'ignore, je me dit que les francais doivent absolument faire bloc entre eux et obliger le gouvernement a aider les salariés et laisser les banques se démerder du bourbier dans lequel elles se sont mises toutes seules. Quand les banques ont engrangés des bénéfices faramineux sur le dos des francais, elles n'ont pas demandés a l'état comment faire pour se partager les bénéfices.

  • Coline, le 01/03/2009 à 19h22

    La situation est très grave.J'ai peur pour mes enfants et petits enfants.Pour peut que cela se termine par une guerre il n'y a qu'un pas.On paye les erreurs des 3 dernières décennies.Français courage,le pire est à venir.Coline Marseille.

  • Timpouce64, le 01/03/2009 à 18h05

    Bonjour que comptez vous faire pour le nouveau chômeur qui au bout des années a perdu avec la crise et celui qui profite du chômage avec l'assistanat

  • Michel, le 01/03/2009 à 17h43

    A Tintin, En citant St Cyr, vous pensiez probablement à HEC. Pour le reste de votre commentaire, oui effectivement sur le plan fiscal, ce sont toujours les mêmes qui paient et parfois très cher pour les revenus importants, cela dit il faut dire qu'il y a en France 1 Français sur 3 qui paient l'impôt. A ce niveau-là, la parité semble très déséquilibrée. Pour la solidarité, nous sommes très loin du compte. Espoir.

  • Alain, le 01/03/2009 à 17h38

    Je crois et j'en suis certain les chefs d'entreprises profitent de la soit disante crise pour faire de nettoyage, pourquoi s'en priver puisque personne ne bouge, c'est du chacun pour soit tant que l'on est pas concerné.Et bientôt il faudra augmenter les cotisations pour payer tous ces gens qui n'ont pas demander à être licencier, et pour cetains ménages on ne se rend pas compte du drame que cela peut amener ( divorces suicides)et autres, je parle en connaissance de cause ayant été sans travail pendant quate ans et à 45 ans c'est très difficile. Je souhaite bon courage à tous les gens qui se retrouveront sans travail. ALAIN ASSOCIATION DE CHOMEURS MERCI DE ME PUBLIER POUR UNE FOIS

  • Michel, le 01/03/2009 à 17h04

    Maintenant on ne rigole plus, ceux qui s'inscrivent en tant que demandeurs d'emploi, sont de vrais chômeurs. Priorité à eux pour les aider à retrouver un travail. Gare aux faux chômeurs pour les autres.

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