Les salariés de 3M relâchent leur patron

le 26 mars 2009 à 07h04 , mis à jour le 26 mars 2009 à 07h09

Le cadre de 3M retenu dans une usine de Pithiviers, où 110 emplois vont être supprimés, a pu quitter le bureau où il était confiné depuis mardi après promesse de nouvelles négociations.

Banderole placée devant l'usine 3M de Pithiviers par des salariés en colère (25 mars 2009)Banderole placée devant l'usine 3M de Pithiviers par des salariés en colère (25 mars 2009) © TF1/LCI

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Plans sociaux en France: la carte des emplois supprimés
 

Les salariés grévistes de l'usine 3M-Santé de Pithiviers, où 110 licenciements vont avoir lieu, ont libéré dans la nuit de mercredi à jeudi le cadre dirigeant qu'ils retenaient depuis la veille dans un bureau. Après la signature d'un protocole d'accord entre la direction de 3M-France et les représentants syndicaux, qui prévoit la reprise de négociations dès ce jeudi matin, la décision a été prise de laisser Luc Rousselet, cadre-dirigeant de 3M-France, quitter les lieux.

C'est donc à minuit et demi, à l'issue de plusieurs heures de négociations entre les délégués syndicaux de l'usine 3M-Santé et les représentants de 3M France, en présence d'un médiateur désigné par la sous-préfecture de Pithiviers, que Luc Rousselet a pu quitter, sans encombres mais sous les huées de quelques grévistes, le bureau dans lequel il s'était réfugié mardi après-midi. Les représentants syndicaux ont pris la parole pour expliquer qu'un protocole d'accord avait été signé avec la direction de 3M-France. "Nous avons l'accord de 3M d'apporter les moyens pour répondre à nos revendications", a assuré Jean-François Caparros, délégué syndical FO. "Ces moyens ont été significativement majorés afin de prendre en compte les conséquences sociales de son projet de restructuration".

"Faites-moi confiance"

Toutefois, aucun chiffrage de ces moyens supplémentaires n'a été pour l'instant effectué, a-t-il reconnu, entraînant des manifestations de mécontentement de certains grévistes, minoritaires sur le nombre de personnes présentes, qui regrettaient que Luc Rousselet soit autorisé à quitter le bureau où il était confiné. Sortant de la pièce, celui-ci a déclaré : "Les négociations vont reprendre, et c'est une très bonne chose (...) Cela va permettre de sortir de l'impasse. J'en suis très content pour les salariés du site de Pithiviers. Je sais que c'est un plan très dur pour les gens. Si ce qui s'est passé ici a permis de sortir de l'impasse, j'en suis satisfait, et les conditions n'étaient pas si dures".

Luc Rousselet était venu mardi expliquer aux salariés de l'usine les mesures sociales devant accompagner les 110 suppressions d'emplois. Se sentant menacé, il s'est enfermé mardi après-midi dans l'un des bureaux de la direction de l'usine. Selon tous les grévistes présents, la séquestration n'avait pas été préméditée. Maryse Bulte, 44 ans, l'une des employées montant la garde devant la porte du bureau directionnel, assurait que "au départ, ce n'était pas notre idée du tout de le séquestrer. On lui demandait juste un dialogue et des choses concrètes derrière". Pour Cyril Foufelle, 36 ans, "c'est le désespoir et le désarroi qui nous a fait faire ça".

Les délégués syndicaux ont dû pendant une demi-heure expliquer à certains grévistes réticents qu'il fallait laisser partir Luc Rousselet. "Faites-moi confiance", leur a dit le délégué FO. "Mais Jean-François, on a confiance en toi, mais pas dans l'autre bouffon derrière la vitre !", a lancé une voix dans la foule. Les syndicats espèrent obtenir notamment, lors des négociations qui vont se rouvrir jeudi matin à la sous-préfecture de Pithiviers, l'octroi d'une prime de transfert de 5.000 euros minimum, de 24 mois de congé-mobilité ou des indemnités de deux à trois ans de salaire, en fonction de l'ancienneté.

D'après agence

le 26 mars 2009 à 07:04
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2 Commentaires

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  • Kik, le 26/03/2009 à 08h09

    Seraont ils punient les preneurs d otage,cela devient un sport national particulierement chez nous

  • Nicolasleroidec, le 26/03/2009 à 07h29

    N'espérez plus d'investissements étrangers en France. Cette séquestration, organisée par des imbéciles, a fait la une de CNN. Le monde entier est au courant des méthodes syndicales françaises. Bravo! En temps de crise, c'est exactement le genre de message à faire passer.

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