Les salariés de Clairoix crient à la "trahison"

le 12 mars 2009 à 06h38 , mis à jour le 12 mars 2009 à 14h29

La fermeture de leur usine est vécue comme une trahison par les salariés qui avaient accepté fin 2007 d'importantes concessions pour sauver leur activité.

continental site de Clairoix OiseImage d'archives © TF1/LCI

Le fabricant de pneus allemand Continental va fermer deux sites de production en Europe, dont celui de Clairoix en France, où les salariés, qui avaient accepté fin 2007 d'importantes concessions pour sauver l'usine, ont fait part de leur sentiment de "trahison".
 
Invoquant la chute brutale de l'activité automobile en Europe, l'équipementier a annoncé mercredi la suppression de 1.900 postes, sur les 160.000 qu'il compte dans le monde. Outre Clairoix (Oise) qui emploie quelque 1.120 salariés, le site de pneus pour camions de Hanovre en Allemagne (nord), où Continental a aussi son siège, sera également fermé. 780 personnes sont touchées. "Il n'y a malheureusement pas d'alternative", a déclaré Hans-Joachim Nikolin, membre du directoire en charge de l'activité de pneumatiques, dans un communiqué. En cause, selon Continental: la chute brutale de plus de 30% de la demande pour les pneus de voiture en Europe sur les deux premiers mois de l'année. L'équipementier allemand estime qu'il a durablement des surcapacités de production, de 15 millions de pneus pour voitures notamment.

"Cataclysme"
 
En France, l'annonce de la fermeture de Clairoix d'ici un an, a suscité une vive émotion, jusque dans les rangs du gouvernement. Seul syndicat à avoir accepté fin 2007 l'augmentation de la durée du travail, la CFTC, majoritaire, s'est déclarée "odieusement flouée", "d'autant plus que le groupe Continental fait des bénéfices". Même son de cloche à la CFE-CGC où l'on souligne que les salariés ont été "trahis". La fermeture de Clairoix peut être "considérée comme une trahison" par les salariés qui avaient passé un accord avec la direction il y a trois ans, a lui aussi déclaré le porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat à l'Industrie, Luc Chatel. Des élus locaux ont crié au "cataclysme" dans une région déjà affectée par les restructurations et le PS a dénoncé une "catastrophe économique et sociale".

Le sénateur-maire UMP de Compiègne, Philippe Marini, a également vivement réagi jeudi. "La crise, elle a bon dos", a-t-il déclaré alors qu'il participait devant la mairie de Clairoix à un rassemblement d'élus de l'agglomération compiègnoise en soutien aux salariés de l'usine, en présence de quelque 300 d'entre eux. "Il est vrai qu'il y a une baisse des ventes dans le secteur automobile et chez les équipementiers, mais il est également vrai que si un groupe allemand n'avait pas voulu prendre le contrôle d'un groupe plus gros, nous n'en serions pas là", a ajouté Philippe Marini, en référence au rachat de Continental pour plusieurs milliards d'euros par le groupe familial allemand Schaeffler.

Réaction de la direction
 
Attaquée, la direction de Continental a réagi jeudi, par la voix de son vice-président senior, en affirmant avoir "respecté les procédures légales" en réponse au secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez qui avait soutenu dans la matinée que le groupe avait fait son annonce "sans aucun respect des règles d'information des salariés" et que ceux-ci auraient "raison" de porter plainte. Dans un communiqué, le fabricant de pneus allemand a précisé avoir "réuni de façon informelle les membres du comité central d'entreprise (CCE) et les délégués syndicaux centraux" mercredi, avant l'annonce publique de la fermeture de l'usine de 1.120 salariés d'ici un an. Un CCE aura lieu le 31 mars. Continental "n'a commis aucun délit d'entrave", a martelé la direction.

(D'après agence)

le 12 mars 2009 à 06:38
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3 Commentaires

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  • Alain, le 12/03/2009 à 09h41

    Ils avaient promis d'investir et de garder le site en échange de sacrifices des salariés. Ils on pris l'argent et pas tenu parole ! Total qui a fait des bénéficies mirifiques supprime des emplois ! Le Medef défend une ligne qui veut bien de nos sous de contribuables mais refuse des contreparties sur la répartition des bénéfices. Triste portrait du patronat : avides, sans parole et égoistes. on se croirait revenus au 19 ème siècle

  • Burn, le 12/03/2009 à 09h38

    C'est honteux encore des salariés sacrifiés et une ville sinistrée comme la Plastic Vallée dans l'ain qui travaille beaucoup avec l'automobile et qui voit ses emplois fondrent comme neige au soleil

  • Frannk, le 12/03/2009 à 07h45

    Travailler plus pour aller au casse pipe !!! merci sarko

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