Les syndicats veulent faire plier Sarkozy

Par , le 18 mars 2009 à 13h46 , mis à jour le 19 mars 2009 à 07h50

Sur fond de tension sociale croissante, ils misent sur la nouvelle vague de grèves et manifestations pour contraindre le chef de l'Etat à revoir son plan anticrise.

Les manifestants à Paris, le 29 janvier 2009Les manifestants à Paris, le 29 janvier 2009 © LCI

Deuxième round. Sur fond de tension sociale croissante, le front syndical mise sur une nouvelle vague de grèves et de manifestations jeudi pour contraindre Nicolas Sarkozy à revoir son plan anticrise. L'Elysée, qui n'a pas prévu de nouveau sommet social, exclut pour le moment tout geste supplémentaire en faveur d'une relance par la consommation après le plan de 2,6 milliards d'euros annoncé le 18 février. En première ligne dès jeudi soir, au terme d'une journée de contestation, François Fillon répondra aux questions de Laurence Ferrari à 20 heures sur TF1.
 
Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a encore estimé à la veille de la journée de mobilisation que l'Etat avait déjà pris en compte les inquiétudes "pas illégitimes" des salariés, faisant valoir que le sommet social du 18 février  avait "permis d'engager un certain nombre de réponses (...) pour permettre aux plus démunis, aux plus fragiles de traverser au mieux cette crise". Mais les huit syndicats espèrent mobiliser autant de monde, "voire plus" selon la CGT, que le 29 janvier, qui avait vu selon eux 2,5 millions de personnes descendre dans la rue et certains réclament désormais un plan anti-licenciement.
 
213 défilés, avant un troisième round ?
 
"Je ne vois pas comment le gouvernement et le chef de l'Etat vont pouvoir ignorer le mouvement", a assuré Bernard Thibault, dirigeant de la CGT, mercredi sur Europe 1. Préparées à l'idée d'une action longue, les organisations envisagent d'ores et déjà un nouveau rendez-vous revendicatif le 1er mai, jour de la fête du Travail. "On décidera avec les autres syndicats, au lendemain du 19, que le 1er mai ne soit pas protocolaire mais revendicatif", a expliqué Bernard Thibault dans Le Monde.  "Le 1er mai peut très bien, cette année, être recentré sur la crise", a confirmé François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, mercredi dans Les Echos. D'ici là, d'autres manifestations pourraient être organisées dans les régions. Jeudi, 213 défilés sont prévus à travers la France et de nombreux secteurs seront perturbés par les grèves, une forte mobilisation des fonctionnaires étant attendue.
 
Outre les transports, où moins de la moitié des trains devraient rouler en moyenne (Voir notre article Transports), de nombreuses écoles seront fermées et les impôts, la Sécurité sociale et le Pôle emploi seront difficilement accessibles (Voir notre article sur les secteurs en grève). Selon un sondage Ifop pour Paris-Match, 78% des Français soutiennent le mouvement de jeudi. A défaut d'obtenir un nouveau plan de relance, les syndicats espèrent obtenir une victoire symbolique sur le "bouclier fiscal" mis en place par Nicolas Sarkozy pour limiter les impôts à 50% des revenus des contribuables ou se battre sur le thème du fonds social d'investissement voulu par la CFDT.
 
Sang chaud, sang froid
 
Fustigeant l'attitude du Medef, François Chérèque demande en outre que le gouvernement force le patronat à protéger l'emploi. Nicolas Sarkozy a voulu couper court mardi au débat sur une éventuelle remise en cause du bouclier fiscal apparu au sein de sa propre majorité. "Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts", a-t-il lancé dans un sec rappel à l'ordre à ses lieutenants. Les organisations syndicales estiment cependant que le président de la République doit tenir compte de la montée de l'exaspération et proposer un minimum de dialogue social pour débloquer le conflit. "Ce qui n'était pas à l'ordre du jour à un moment donné, les revendications, le deviennent tout simplement parce que la pression devient trop forte", veut croire Bernard Thibault. Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, il n'est "pas besoin de refaire un sommet social médiatique à l'Elysée." "Nos revendications, Nicolas Sarkozy les connaît. Il peut nous répondre", déclare-t-il dans Le Parisien.
 
Du côté gouvernemental, le mot d'ordre est "sang-froid." Sang froid face aux syndicats, sang-froid face à la brutalité d'une conjoncture qui radicalise la révolte des salariés, sang-froid face à une crise dont l'ampleur et la durée échappent aux prévisions de l'exécutif. "Il ne faut pas se leurrer, on sait que ce sera long, dur, mais il faut qu'on tienne bon, qu'on tienne le cap, sinon les Français n'y comprendraient plus rien", déclare un conseiller ministériel.

Par Olivier Levard le 18 mars 2009 à 13:46
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82 Commentaires

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  • Phil 34, le 19/03/2009 à 12h43

    A l'attention des anti-grève traditionnels qui ont voix au chapitre sur ce site. : il leur suffit d'éplucher ligne par ligne son bulletin de salaire et de ressortir ceux d'il y a 4 ou 5 ans pour comprendre que le compte n'y est pas. Est-ce normal de vivre avec 1050 euros et d'assumer comme on peut les charges mensuelles ? Fragile équilibre...Quel avenir pour mon fils, je vous le demande.

  • Mirêve, le 19/03/2009 à 11h43

    Ceux qui descendent dans la rue sont ceux qui ont la sécurité de l'emploi et bien des avantages...Dans le privé, on reste réveur devant ces avantages (nous, c'est le travail et le résultat qui sont récompensés et le droit au 5 semaines de congés -pas plus et parfois moins pour les artisans et professions libérales , nous le savourons).nous nous ne pouvons pas nous permettre de faire grêve tous les mois...La solidarité, c'est aussi alors partager ses avantages quitte à diminuer les siens...Les métiers difficiles maintenant ce n 'est plus à la SNCF qu'on les trouve mais chez les artisans du batiments... Pour distribuer de l'argent, ne faut il pas d'abord le gagner ? Notre état est il si riche et fort pour distribuer de l'argent sans contre partie ? Effectivement certains salaires sont démesurés et c'est honteux ; à croire qu'ils vivent sur une autre planéte ...Mais il faut absolument un accord européen pour que ces gros salaires ne partent pas se planquer ailleurs...Il faudrait tous assumer nos responsabilités et arrêter de se cacher derrière "papa état".

  • Sarko, le 19/03/2009 à 11h42

    Merci ca fait toujours des economies sur les salaires des fonctionnaires

  • Jacques, le 19/03/2009 à 11h24

    A titre indicatif, les employés de Seat en Catalogne ont accepté le gel de leur salaire, à condition que leur usine construise un futur modèle du groupe VW. CA, CA S APPELLE DISCUTER ET NEGOCIER ! Pas besoin d'un grève et pas besoin de licenciement, juste du pragmatisme et de l'efficacité !

  • Cooper, le 19/03/2009 à 11h18

    Allons messieurs, un peu de sérieux ! La démocratie (en France) c'est quand deux loups et un agneau votent pour savoir se qu'ils vont manger à midi. Devinez qui a le rôle de l'agneau dans cette histoire, donc toutes les grèves que peuvent faire les gens du secteur public qui se veut la locomotive du privé ne changerons rien à la décision du Medef et du pouvoir politique. Et si nous faisions l?histoire dans l?autre sens, en ce mettant plutôt à travailler pour le bien commun! Au lieu de toujours critiquer, les responsables syndicaux devraient proposer d?autres alternatives. Tout le monde sais bien que c?est dans la concertation que jaillie la lumière. Patrick, Toulouse

  • France83, le 19/03/2009 à 11h07

    C'est évident que l'Etat va la sentir cette grève sur un plan économique sans nul doute mais je ne pense pas que la grève soit la solution face à la crise si ce n'est d'affaiblir davantage l'économie française. Je ne pense pas que tous les manifestantns soient des salariés à temps partiel subi et les personnes les plus démunies. Ce sont toujours les mêmes ceux qui ont la sécurité de l'emploi. L'attitude irresponsable des syndicats fait plus souvent de mal aux entreprises et aux salariés que l'inverse.

  • Joluen, le 19/03/2009 à 11h06

    Je vois en lissant les commentaires que lesfrancais non encore rien compris , il faut manisfester pour ce faire entendre du gouvernement .regarder autour de vous tous les gens mal heureux d' avoir perdu leurs travails et que certains sont obliger d'aller dans des magasins de destockages alimentaires pour nourrir les familles et oui la nouvelle mode c'est de manger des produits perimés pour pouvoir manger tout le mois ,tous ces etudiants qui ont que 20 euros par mois pour manger reflissez un peu et regarder si un de vos voisins non pas besoin d'aide sur ce bonne journee a tous et bonne manisfestation !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ah j'ai oublier les personnes agees qui fouillents les poubelles parce qu'elles ont que 600 euros pour vivrents , soyons tous du meme coté et tous ira bien !!!!!!!!!!!

  • Maïckou, le 19/03/2009 à 11h06

    Continuons ainsi ... Ces grèves à répétition, signifient: 1) Plus d'exaspération pour ceux qui ont besoin de travailler 2) Des difficultés supplémentaires pour les entreprises les plus fragiles 3) Une garantie que les entreprises françaises iront s'installer à l'étranger, et que peu d'entrprises étrangères viendront s'installer dans ce pays où l'on ne sait que "faire grève". Bonne journée à tous!

  • D DAY, le 19/03/2009 à 11h02

    Moi je m'en tamponne je ne suis pas salarié, je n'ai pas "d'acquis sociaux" à défendre, tous les jours je mets le compteur à zéro. Quand je peux, je prends des congés, au fait les miens ne sont pas payés, quand je suis malade, je n'ai pas d'arrêt maladie de complaisance etc etc. Au fait c'est l'univers des travailleurs non salarié depuis toujours. Fonctionnaires vous vivez dans un monde parallèle et aujourd'hui il y a un rapprochement avec l'univers des TNS Alors c'est la douche froide. Au fait plus de pouvoir d'achat pourquoi faire? Achetez le dernier écran plasma, le dernier téléphone portable, le dernier ordinateur... On vous a berné on vous a fait croire que vous pouviez tout avoir, l'appartement, la voiture, les vacances l'hiver, l'été, vous petez plus haut que votre cul voila tout. Revenez à l'essentiel et restez à votre place dans la société c'est à dire en bas de l'échelle.

  • Dom145, le 19/03/2009 à 11h01

    Celle ou celui qui critique la grève doit sûrement avoir un revenu (salaire ou retraite) mais devrait penser un peu aux autres; moi je viens d'être licencié économiquement à cinquante cinq ans au bout de vingt ans d'ancienneté par une société qui dégage des millions d'euros de bénéfices; c'est sûr ce point que je suis pour la grève en souhaitant que le président fasse voter une loi pour interdire à ces sociétés de licencier (ex: continental, etc....)

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