Malgré ses bénéfices records, Total licencie

le 10 mars 2009 à 13h00 , mis à jour le 10 mars 2009 à 22h37

Bien que Total ait annoncé le mois dernier un bénéfice de près de 14 milliards d'euros, le groupe compte supprimer plus de 555 postes, dans les secteurs du raffinage et de la pétrochimie.

Le site Total de GonfrevilleLe site Total de Gonfreville © TF1/LCI

Il y a des conjonctions d'annonces qui font plutôt mauvais effet. Il y a un mois presque jour pour jour, Total annonçait des bénéfices spectaculaires pour l'année 2008. Il s'agissait en fait du plus gros profit jamais réalisé par un groupe français : 13,9 milliards d'euros. Total avait bien évidemment profité de la flambée des prix du pétrole, qui se sont établis à 97 dollars le baril en moyenne sur l'année 2008, soit 25 dollars de plus qu'en  2007.

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Mardi, changement de décor et de discours : il s'agissait cette fois d'annoncer un dégraissage sévère dans le secteur pétrochimie et le raffinage en France. 555 postes d'ici 2013 sont concernés par ces suppressions, annoncées lors de deux comités centraux d'entreprise. Le site de Gonfreville sera le plus touché. Selon des syndicats, 130 des 306 postes qui devraient être supprimés par Total Petrochemicals France se situent sur le site de Seine-Maritime. 199 des 249 postes concernant le raffinage.

Les sites touchés par le dégraissage

Pour Total Petrochemicals France, les autres suppressions concernent l'usine de Carling en Moselle (64 postes touchés), le pôle de recherche et développement de Mont/Lacq dans les Pyrénées-Atlantiques (25 postes), le siège social à La Défense (33 postes). En outre, l'usine de Notre-Dame-de-Gravenchon en Seine-Maritime doit fermer, entraînant la disparition de 54 postes. Pour le raffinage, outre le site de Gonfreville, c'est le siège de La Défense qui est affecté.

Mais Total l'assure : il n'y aura "aucun licenciement grâce à des efforts de reclassement interne importants" et un dispositif de "congé attente retraite", qui "dispense d'activité" les salariés à trois ans de l'âge de la retraite, a assuré le PDG de Total Petrochemicals France, Philippe Goebel. Pour autant, les syndicats se disent scandalisés. "Total, en plein procès AZF, après avoir annoncé" des milliards de bénéfices "supprime des emplois pour maintenir ses bénéfices à un niveau qui devient inacceptable au regard de la situation sociale du pays", s'est indigné le syndicat CGT de TPF. Selon le syndicat, Total est "au début d'un processus de désengagement progressif de l'activité de raffinage en France".

Interrogé, lors d'une conférence de presse sur la politique de l'emploi, sur l'annonce de ces deux projets de restructuration, Laurent Wauquiez, a répondu : "Je trouve ça scandaleux". "En cette période de crise, beaucoup d'entreprises sont dans des situations dures, ne font plus de bénéfices, ont des chiffres d'affaires dégradés et font pour autant tous les efforts possibles pour garder leurs salariés, notamment dans les PME. Qu'un groupe comme Total qui fait plusieurs milliards de bénéfices ne soit pas capable dans cette période d'avoir un comportement exemplaire en termes d'emploi me reste en travers de la gorge", a-t-il lancé. 

D'après agence

le 10 mars 2009 à 13:00
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43 Commentaires

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  • Fx_journaliste, le 10/05/2009 à 15h05

    Je vais me faire l'avocat du diable mêmes si je partage votre opinion. ces juste une théorie pour ouvrir le débat TOTAL est une entreprise qui détenais un énorme stock de pétrole avant la crise qu'ils ont obtenus au prix le plus bas. La crise pétrolière arrive, TOTAL a surement due vendre leurs stocks d'avant au prix fort qui dois probablement être la cause de leur bénéfice record. Mais maintenant ils doivent vendre leur pétrole qu'il ont acquis à un prix élevé et qu'il doivent revendre à un prix faible réduisant de facto leur marge et pour palier au déficit que cela engendreras il font des licenciement préventif. (pour protéger leurs actionnaires)

  • Jcb, le 11/03/2009 à 16h45

    C'est la logique du capitalisme: l'activité économique pour l'argent de quelques privilégiés pas pour le bien être de tous.

  • Dom, le 11/03/2009 à 11h39

    A quoi ça sert de faire consciencieusement son métier si ça ne protège même pas des suppressions d'emploi? Ecoeurant...

  • Tnt, le 11/03/2009 à 08h32

    Le "Collectif du 5 février" martiniquais devrait monter une antenne en métropole !

  • Neihcel, le 11/03/2009 à 07h59

    Un seul mot: inadmissible...mais que va faire Nicolas ?

  • MonZon, le 11/03/2009 à 07h43

    Ce qui est certain, c'est que nous n'irons plus chez eux par hasard !!!!

  • Jean Louis, le 11/03/2009 à 07h06

    Le silence du MEDEF est édifiant! Mme Parisot n'a rien à dire sur ce sujet. Quand à l'Etat, à part les effets de manches habituels, il ne fait rien pour empêcher ces actions qu'il décline comme "scandaleuses".

  • Sebastianos, le 11/03/2009 à 05h26

    Encore une fois , on voit bien l'impuissance du gouvernement face au patronat. Cela ne m'étonne pas, de toute manière ce n'est pas un gouvernement qui fait le pays, c'est le patronat, mais il ne faut pas oublier Messieurs les patrons c'est que sans ouvrier vous n'êtes rien non plus. Honte à Total.

  • Zorro, le 10/03/2009 à 23h24

    C'est une décision dans la droite ligne de ce que font beaucoup de grandes sociétés américaines, et c'est totalement stupide et choquant.Stupide car tout ce qui démoralise les consommateurs rend la situation encore plus difficile pour les grands groupes. Leurs résultats dépendent directement de l'état global de l'économie, chaque licenciement se retourne donc directement contre eux. Choquant car un minimum de solidarité s'impose en temps de crise.

  • Lou, le 10/03/2009 à 22h45

    Honte honte honte..............

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