© AFPAlors même que se tenait ce mardi à Nice un Comité Central d'entreprise de Continental France, dont l'usine de Clairoix semble promise à la fermeture, le ministère public a demandé au tribunal des référés de Sarreguemines d'enjoindre la société de suspendre la procédure. Le parquet a estimé que le fabricant de pneumatiques devait préalablement saisir le Comité d'entreprise européen. L'avenir du site de Clairoix, dont la fermeture d'ici le 31 mars 2010 doit entraîner 1120 suppressions d'emplois, est donc suspendu désormais à la décision de la chambre des référés, attendue le 21 avril.
Des postes à 137 euros par mois pour les Conti
Le fabricant de pneumatiques Continental a proposé à ses salariés de l'usine de Clairoix, licenciés dans le cadre d'un PSE, des postes au sein du groupe en Tunisie à 137 euros par mois.
Publié le 30/03/2010
Les "Conti" refusent de travailler plus sans gagner plus
314 heures de travail en plus par an pour le même salaire, sinon la direction n'investira plus dans l'usine : pour les salariés de l'usine Continental de Sarreguemines, le marché est inacceptable. Ils font grève.
Publié le 29/11/2009
Les syndicats, de leur côté, poursuivent le bras de fer. Les représentants syndicaux de l'usine de Clairoix ont pratiqué mardi matin la politique de la chaise vide au Comité Central d'entreprise alors que devaient être abordés lors d'une première réunion tous les détails du plan de fermeture de l'usine et des mesures d'accompagnement prévues. Ils entendaient ainsi protester contre la délocalisation du CCE à Nice, qui contrevient selon eux au Code du travail. Cette délocalisation était motivée par des raisons de sécurité après les incidents qui ont eu lieu en marge de la précédente réunion, à Reims, le 16 mars dernier, où des centaines de salariés étaient venus manifester.
"Engagement non tenu"
S'ils se sont rendus à la réunion de l'après-midi, les représentants syndicaux ont levé la séance 30 minutes plus tard. Antonio Da Costa, secrétaire du comité d'entreprise Continental de Clairoix et délégué CFTC, a indiqué que les syndicats avaient voulu par leur présence mardi après-midi "rester dans la légalité et que les droits des salariés ne soient pas remis en cause". Il a rappelé que la direction de Continental France avait en 2007 assuré la pérennité du site de Clairvoix jusqu'en 2012, "engagement non tenu et donc illégal, tout comme le CCE d'aujourd'hui délocalisé à Nice", a-t-il relevé.
"Nous sommes là parce que nos avocats nous l'ont demandé, mais surtout pour voter la désignation d'un expert comptable qui devra reprendre point par point tous les arguments de la direction qui a engagé une procédure de fermeture que nous contestons", a-t-il ajouté. "Aujourd'hui, pour nous, il n'est pas question d'indemnités, simplement nous ne voulons pas que notre usine ferme, c'est notre seul combat pour l'instant, tant que nous nous battrons la fermeture ne sera pas acquise", a-t-il poursuivi.
Après le départ des syndicats, Gérard François, le président du comité de gérance de Continental France, est venu dire sa satisfaction que le CCE de Nice se soit déroulé dans des conditions de sécurité optimales. Il a confirmé qu'un expert avait été désigné pour étudier les mesures sociales envisagées à Clairoix, les propositions de reclassement interne et les propositions de départs volontaires. Il a indiqué que la prochaine réunion aurait lieu le 20 avril, sans préciser où, avec autour de la table de négociation des partenaires sociaux qu'il espère apaisés.
D'après agences
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