© TF1/LCIEn l'état, l'accord concerne 15 à 30.000 salariés, contre les 45.000 que réclamait le LKP durant la grève. Mais, selon le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, le gouvernement ne va "probablement pas" étendre à toutes les entreprises privées de Guadeloupe le passage de l'accord ayant mis fin à la grève générale et qui prévoit une hausse de 200 euros pour les bas salaires, même si "en droit" il peut étendre tout l'accord. Selon lui, le gouvernement s'achemine vers une solution consistant à "retrancher de l'accord les points litigieux que sont le préambule qui parle d''économie de plantation' (...) et l'article 5 qui parle des 200 euros". "Il n'y a pas d'engagements mais nous avons eu des conversations avec le Premier ministre et Yves Jego", le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, a-t-il précisé jeudi.
"Le gouvernement peut modifier le texte signé et ne proposer à l'extension que certaines parties du texte", a-t-il souligné. A ce stade, l'accord interprofessionnel sur les salaires en Guadeloupe, conclu le 4 mars après 44 jours de grève générale, n'a été paraphé que par des organisations patronales minoritaires. Ce qui limite donc sa portée à une population de 15 à 30.000 salariés. Cet accord octroie, suivant un mécanisme complexe, une augmentation de 200 euros/mois aux salariés gagnant entre 1 et 1,4 SMIC, en combinant une hausse de salaire immédiate de 50 euros et des primes des pouvoirs publics, dont 100 euros provisoirement à la charge de l'Etat, mais ensuite des entreprises.
Pour s'appliquer à tout le département de Guadeloupe, il faudrait que le ministère du Travail procède à l'extension intégrale de cet accord, en passant outre l'hostilité des organisations patronales non signataires, comme le Medef ou la CGPME. Ces organisations sont farouchement opposées à l'accord, car, a répété M. Roubaud, "on ne peut pas engager les entreprises sur des hausses qu'elles ne pourront pas tenir". "La partie des 100 euros doit être assumée de manière définitive par l'Etat", a-t-il dit. Lundi, le ministre du Travail Brice Hortefeux avait refusé de se prononcer sur l'issue de la procédure d'extension, lancée samedi en vertu d'un avis paru au Journal officiel, alors que la Guadeloupe, a-t-il observé, est "en situation de sortie de crise". "Il y aura une décision qui sera annoncée dans la foulée du 20 mars", date d'examen du texte par les partenaires sociaux siégeant à la sous-commission des conventions et accord, avait-il dit.
| La Réunion: les négociations reportées à vendredi, 15 voitures incendiées |
Prévues jeudi, les négociations sur les salaires ont été reportées à vendredi à La Réunion où 15 voitures ont été incendiées dans la nuit, mais sans nouvel affrontement avec les forces de l'ordre, a-t-on appris auprès de la préfecture. Au lendemain d'une nuit de violences au cours de laquelle 20 policiers et gendarmes ont été blessés, le préfet Pierre-Henry Maccioni avait ordonné le déploiement d'une forte présence policière afin d'"éviter les pillages et de protéger la population". Néanmoins, quinze voitures ont été incendiées dans la nuit. Six personnes interpellées lors des échauffourées de la veille ont été condamnées jeudi en comparution immédiate à des peines allant de 1 à 3 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Saint-Denis. La vie a repris normalement sur l'île, y compris dans le quartier populaire du Chaudron, à Saint-Denis, où une grande surface vandalisée mardi soir a ouvert de nouveau ses portes jeudi matin. Le préfet a souhaité que les discussions qui doivent reprendre vendredi après-midi débouchent "dès vendredi soir" sur un accord permettant d'engager les négociations salariales entre les partenaires sociaux. |
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