Fermeture à Clairoix : Sarkozy monte au créneau

le 12 mars 2009 à 15h10 , mis à jour le 12 mars 2009 à 22h45

"Nous serons vigilants au respect des procédures et au respect de la parole donnée", a déclaré jeudi le Chef de l'Etat à propos de l'usine Continental.

continental site de Clairoix OiseImage d'archives © TF1/LCI

Après son lieutenant Luc Chatel qui a tapé du point jeudi matin, mençant le groupe Continental de poursuite en justice, Nicolas Sarkozy a décidé de passer également à l'offensive. Il a déclaré qu'il faudrait s'assurer que Continental  n'a pas trahi des promesses ni violé des procédures en annonçant la fermeture du site de Clairoix, dans l'Oise.
 
La décision du groupe allemand de pneumatiques, qui va fermer également un site outre-Rhin, avait été évoquée lors d'un conseil des ministres franco-allemand réuni à Berlin. "Nous comprenons les problèmes de cette grande entreprise, nous en avons parlé avec la chancelière. Mais si nous comprenons les problèmes, il faut, un, que les promesses prises en novembre soient tenues et deux, que les procédures soient respectées", a dit le chef de l'Etat. "J'ai cru comprendre que Continental annonçait qu'il doublait les aides à la reconversion, c'est un premier pas. Mais j'ai dit à la chancelière combien nous serions vigilants au respect des procédures et au respect de la parole donnée", a-t-il ajouté.

"La crise a bon dos"
 
En novembre dernier, la direction de Clairoix s'était inscrite en faux contre les craintes de fermeture du site exprimées par le syndicat CFDT, assurant qu'il disposait d'un plan de production pour 2009. Dans l'entourage du président français, on reconnaît toutefois que ces assurances ont été données avant la finalisation du rachat de Continental par son compatriote Schaeffler.

Ce problème de rachat a d'ailleurs été évoqué par le sénateur-maire UMP de Compiègne, Philippe Marini, qui a également vivement réagi jeudi. "La crise, elle a bon dos", a-t-il déclaré alors qu'il participait devant la mairie de Clairoix à un rassemblement d'élus de l'agglomération compiègnoise en soutien aux salariés de l'usine. "Il est vrai qu'il y a une baisse des ventes dans le secteur automobile et chez les équipementiers, mais il est également vrai que si un groupe allemand n'avait pas voulu prendre le contrôle d'un groupe plus gros, nous n'en serions pas là", a ajouté Philippe Marini, en référence au rachat de Continental pour plusieurs milliards d'euros par le groupe familial allemand Schaeffler.

"Trahison"

De leur côté, dès mercredi, les salariés, qui avaient accepté fin 2007 d'importantes concessions pour sauver l'usine, ont fait part de leur sentiment de "trahison". Invoquant la chute brutale de l'activité automobile en Europe, l'équipementier a annoncé mercredi la suppression de 1.900 postes, sur les 160.000 qu'il compte dans le monde. Outre Clairoix (Oise) qui emploie quelque 1.120 salariés, le site de pneus pour camions de Hanovre en Allemagne (nord), où Continental a aussi son siège, sera également fermé. 780 personnes sont touchées. "Il n'y a malheureusement pas d'alternative", a déclaré Hans-Joachim Nikolin, membre du directoire en charge de l'activité de pneumatiques, dans un communiqué. En cause, selon Continental: la chute brutale de plus de 30% de la demande pour les pneus de voiture en Europe sur les deux premiers mois de l'année. L'équipementier allemand estime qu'il a durablement des surcapacités de production, de 15 millions de pneus pour voitures notamment.

"Nous avons respecté les règles"
 
Attaquée, la direction de Continental a réagi jeudi, par la voix de son vice-président senior, en affirmant avoir "respecté les procédures légales" en réponse au secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez qui avait soutenu dans la matinée que le groupe avait fait son annonce "sans aucun respect des règles d'information des salariés" et que ceux-ci auraient "raison" de porter plainte. Dans un communiqué, le fabricant de pneus allemand a précisé avoir "réuni de façon informelle les membres du comité central d'entreprise (CCE) et les délégués syndicaux centraux" mercredi, avant l'annonce publique de la fermeture de l'usine de 1.120 salariés d'ici un an. Un CCE aura lieu le 31 mars. Continental "n'a commis aucun délit d'entrave", a martelé la direction.

(D'après agence)

le 12 mars 2009 à 15:10
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