Sarkozy va se payer les patrons

Par , le 24 mars 2009 à 16h53 , mis à jour le 24 mars 2009 à 17h20

En difficulté, le chef de l'Etat devrait profiter des "affaires" Valeo et Société Générale pour faire la leçon aux patrons lors de son discours de Saint-Quentin.

Nicolas Sarkozy à Bruxelles le 20 janvierNicolas Sarkozy à Bruxelles le 20 janvier © DR / LCI

Finalement, la polémique est bienvenue. Alors que l'exécutif peine à répondre aux syndicats après la deuxième journée de mobilisation du 19 mars, les patrons et leurs pratiques qui choquent les Français allument un contre-feu idéal pour le gouvernement. Et la patronne du Medef Laurence Parisot, en refusant de faire le ménage chez elle, donne une occasion rêvée au chef de l'Etat de reprendre l'initiative.
 
Nicolas Sarkozy l'a bien compris. Et le président qui se rend mardi à Saint-Quentin dans l'Aisne pour "faire la pédagogie" de sa politique économique (à suivre à 19 heures sur LCI.fr) ne devrait pas manquer de tancer une nouvelle fois le patronat français. Voire d'annoncer une nouvelle loi. C'est l'avis de Jean-François Copé qui considère mardi que l'on "s'approche de plus en plus d'une voie législative" sur les rémunérations complémentaires des dirigeants d'entreprise (stock-options...). . On n'est pas là pour mettre les chefs d'entreprise au bout des piques", tempère le chef de file des députés UMP en appelant à ne "pas réagir trop vite, dans l'émotion". "Il ne faut pas tout mélanger non plus. Une retraite chapeau, c'est pas un bonus, un bonus, c'est pas une stock-option...". Jean-François Copé ajoute que Nicolas Sarkozy abordera certainement ce sujet dans son discours et qu'il a longuement évoqué cette question dans la matinée lors du petit-déjeuner des responsables de la majorité.
 
"Un show présidentiel"
 
Son homologue au PS, Jean-Marc Ayrault, a choisi de prendre les devants en dénonçant par avance "l'hypocrisie" du chef de l'Etat et de sa majorité qui "devient insupportable". "Ce soir, nous allons assister à un show présidentiel qui ressemblera à ce qui a été fait à Toulon, où on a vu un président de la République brocarder le capitalisme et demander que la morale soit au rendez-vous. Or sa politique, c'est tout le contraire", gronde le patron des députés PS.  "Nous ne pouvons plus accepter que M. Sarkozy, les membres du gouvernement, les responsables de l'UMP essaient de nous faire croire qu'ils vont remettre les choses en ordre, notamment en ce qui concerne les rémunérations des dirigeants alors que rien n'est fait pour agir concrètement".
 
Nicolas Sarkozy se rend dans l'Aisne pour défendre une politique économique critiquée jusque dans son camp, cinq jours après une journée de grève et de défilés dans toute la France, et à un peu plus d'une semaine du sommet du G20. Le chef de l'Etat a choisi de s'exprimer dans la ville où est élu le secrétaire général de l'UMP et ancien ministre du Travail, Xavier Bertrand. Selon l'Elysée, c'est dans une salle pouvant rassembler 3 à 4000 personnes qu'il tâchera, à partir de 19 heures, de "mettre en perspective toute sa politique des derniers mois" face à la crise mondiale, alors que se multiplient les annonces de plans sociaux.
 
Défendre le bouclier
 
C'est la troisième fois que Nicolas Sarkozy prend la parole lors d'une réunion publique sur cette thématique économique, après Toulon en septembre, au début de la crise financière, puis la présentation de son plan de relance à Douai en décembre. Au-delà des sympathisants UMP, ces discours, retransmis par les chaînes d'information (et LCI.fr), sont destinés à toucher un public le plus large possible.
 
Le chef de l'Etat devrait également à nouveau défendre son "bouclier fiscal", décrié par la gauche, le MoDem et les syndicats, une des cibles des manifestants les 29 janvier et 19 mars. Accusé par ses opposants de "favoriser les riches" avec ce mécanisme qui limite l'imposition à 50% des revenus, le président a dû essuyer la fronde de plusieurs députés de la majorité, réclamant "plus de justice fiscale". Mais il a confirmé vendredi à Bruxelles qu'il ne changerait pas de politique, réaffirmant qu'il fallait "mettre en oeuvre sans délai les mesures annoncées" en février à l'issue d'un "sommet social".

Par Olivier Levard le 24 mars 2009 à 16:53
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

22 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Laurens, le 24/03/2009 à 19h13

    Pourquoi pas s'adresser aux français sur la BBC...

  • ACA, le 24/03/2009 à 18h49

    PERTE DE TEMPS Au SUIVANT.

  • Lulu79, le 24/03/2009 à 18h39

    Allez y Monsieur SARKOZY Il n'y a que Vous pour répondre à la crise mondiale que nous traversons. Vous avez su vous investir au combien depuis le début de votre mandat et obtenu des résultats. Laissez braire....le PS dans "Martine au zénith à 1/2 vide...." le MoDem pshit....les syndicats qui demandent toujours etc. ..Vous vous travaillez avec votre gouvernement malgré les attaques à tout va de Tous et en plus il n'y a pas un média dans ce Pays capable de reconnaître le bien fondé de vos réformes faites et qui préparent l'avenir de La France. Merci de votre courage et à tout à l'heure à St Quentin.

  • La lyre, le 24/03/2009 à 18h09

    Le chef d'état n'a pas encore fait son discours que déjà le PS crie au scandale comme à son habitude. IIs sont incohérents mélangent tout et sont toujours contre tout. C'est lamentable.

  • Le Veilleur, le 24/03/2009 à 18h03

    Malgré ses efforts, Sarkosy n' a pas " le profil " d' un président de la la République. Il décide par à -coups, selon les besoins et les événements du moment, sans programme politique établi sur le long terme , c 'est à dire pour la durée de son mandat. L'investissement pour les entreprises restera inefficace si la demande et le pouvoir d 'achat ne suivent pas. Le libéralisme économique ne recherche pas l' équiibre , mais le profit maximum, c 'est à dire les couts minimum. et c 'est cette liberté d 'enrichissement qui est à l' origine d e la Crise. En situation de libre échange mondial " à capitaux privés ", noublions que la richesse se nourrit de la pauvreté et que l'inverse n 'est pas valable, il n 'y a qu à voir le nombre de pauvres dans le Monde. En France, le RSA va donc remplacer le RMI, voilà donc un plan anit-crise . Pour ma part les" tenants des titres " continuent à se moquer ... Dans ces conditions, je ne vois pas Sarkosy et ses lieutenants obtenir un second mandat en 2012 Le Veuilleur les salue.

  • Candide, le 24/03/2009 à 18h00

    Le Chef de l'état oublie que sa rémunération a été doublée l'an passée ! Il a été peu dit que la non réelection d'un député coûte près de 500 000 euro au contribuable... C'est plus facile de lyncher une catégorie de français.

  • Denver, le 24/03/2009 à 17h49

    Entre nous, notre cher président ferait mieux de se taire, lui qui s'est augnenté de 75% .

  • Jean, le 24/03/2009 à 17h47

    Les Français qui ont voté pour Sarkozy, font payer aux Français moyens, le prix fort, pour continuer à enrichir les plus riches. Egalité, Fraternité, bravo ! Cela reste toujours une utopie...

  • Sylvain, le 24/03/2009 à 17h43

    Le pauvre il ne sait plus comment sauver son EGO.

  • Bandy, le 24/03/2009 à 17h39

    Encore une "causerie au coin du feu" et après, les riches resteront riche et les pauvres seront encore plus pauvres....

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience