Nicolas Sarkozy à Bruxelles le 20 janvier © DR / LCIFinalement, la polémique est bienvenue. Alors que l'exécutif peine à répondre aux syndicats après la deuxième journée de mobilisation du 19 mars, les patrons et leurs pratiques qui choquent les Français allument un contre-feu idéal pour le gouvernement. Et la patronne du Medef Laurence Parisot, en refusant de faire le ménage chez elle, donne une occasion rêvée au chef de l'Etat de reprendre l'initiative.
Nicolas Sarkozy l'a bien compris. Et le président qui se rend mardi à Saint-Quentin dans l'Aisne pour "faire la pédagogie" de sa politique économique (à suivre à 19 heures sur LCI.fr) ne devrait pas manquer de tancer une nouvelle fois le patronat français. Voire d'annoncer une nouvelle loi. C'est l'avis de Jean-François Copé qui considère mardi que l'on "s'approche de plus en plus d'une voie législative" sur les rémunérations complémentaires des dirigeants d'entreprise (stock-options...). . On n'est pas là pour mettre les chefs d'entreprise au bout des piques", tempère le chef de file des députés UMP en appelant à ne "pas réagir trop vite, dans l'émotion". "Il ne faut pas tout mélanger non plus. Une retraite chapeau, c'est pas un bonus, un bonus, c'est pas une stock-option...". Jean-François Copé ajoute que Nicolas Sarkozy abordera certainement ce sujet dans son discours et qu'il a longuement évoqué cette question dans la matinée lors du petit-déjeuner des responsables de la majorité.
"Un show présidentiel"
Son homologue au PS, Jean-Marc Ayrault, a choisi de prendre les devants en dénonçant par avance "l'hypocrisie" du chef de l'Etat et de sa majorité qui "devient insupportable". "Ce soir, nous allons assister à un show présidentiel qui ressemblera à ce qui a été fait à Toulon, où on a vu un président de la République brocarder le capitalisme et demander que la morale soit au rendez-vous. Or sa politique, c'est tout le contraire", gronde le patron des députés PS. "Nous ne pouvons plus accepter que M. Sarkozy, les membres du gouvernement, les responsables de l'UMP essaient de nous faire croire qu'ils vont remettre les choses en ordre, notamment en ce qui concerne les rémunérations des dirigeants alors que rien n'est fait pour agir concrètement".
Nicolas Sarkozy se rend dans l'Aisne pour défendre une politique économique critiquée jusque dans son camp, cinq jours après une journée de grève et de défilés dans toute la France, et à un peu plus d'une semaine du sommet du G20. Le chef de l'Etat a choisi de s'exprimer dans la ville où est élu le secrétaire général de l'UMP et ancien ministre du Travail, Xavier Bertrand. Selon l'Elysée, c'est dans une salle pouvant rassembler 3 à 4000 personnes qu'il tâchera, à partir de 19 heures, de "mettre en perspective toute sa politique des derniers mois" face à la crise mondiale, alors que se multiplient les annonces de plans sociaux.
Défendre le bouclier
C'est la troisième fois que Nicolas Sarkozy prend la parole lors d'une réunion publique sur cette thématique économique, après Toulon en septembre, au début de la crise financière, puis la présentation de son plan de relance à Douai en décembre. Au-delà des sympathisants UMP, ces discours, retransmis par les chaînes d'information (et LCI.fr), sont destinés à toucher un public le plus large possible.
Le chef de l'Etat devrait également à nouveau défendre son "bouclier fiscal", décrié par la gauche, le MoDem et les syndicats, une des cibles des manifestants les 29 janvier et 19 mars. Accusé par ses opposants de "favoriser les riches" avec ce mécanisme qui limite l'imposition à 50% des revenus, le président a dû essuyer la fronde de plusieurs députés de la majorité, réclamant "plus de justice fiscale". Mais il a confirmé vendredi à Bruxelles qu'il ne changerait pas de politique, réaffirmant qu'il fallait "mettre en oeuvre sans délai les mesures annoncées" en février à l'issue d'un "sommet social".
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