UNM, chronique d'un naufrage annoncé

le 10 mars 2009 à 11h24 , mis à jour le 10 mars 2009 à 13h10

Le tribunal de commerce de Marseille a décidé la liquidation judiciaire de l'Union Naval Marseille, dernier chantier de réparation navale lourde sur la façade méditerranéenne française.

Chantier de réparation de l'UNMChantier de réparation de l'UNM © TF1/LCI

"Malgré les arguments invoqués par les salariés, il ressort des pièces versées aux débats que le carnet de commandes est quasiment nul et ne permettrait pas d'assurer l'activité de l'entreprise sans générer de nouvelles dettes". Un constat froid dressé par le tribunal de commerce de Marseille, et synonyme d'une mort devenue inévitable pour l'Union Naval Marseille : le juge a en effet décidé mardi d'ouvrir la procédure de liquidation judiciaire. Or, une fermeture de l'UNM, filiale du groupe espagnol Boluda qui avait repris en septembre 2006 ce qui était alors la Compagnie Marseille Réparation, marquerait la fin de la filière de la réparation navale à Marseille, qui employait plus de 6000 personnes voilà trente ans.

Le tribunal de commerce de Marseille a également justifié sa décision en invoquant "les délais de recouvrement des créances clients", qui "ne seraient pas compatibles avec les délais de la procédure de redressement judiciaire". Avant de conclure que "l'UNM se trouve dans l'impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible" et que "les éléments présentés au tribunal établissent que le redressement de l'entreprise est manifestement impossible".

Pour les salariés, le licenciement à très brève échéance

Me Fabrice Cirillo, avocat des salariés a estimé qu'il s'agissait d'une "catastrophe pour la ville". "On a du mal à imaginer qu'un port comme Marseille puisse se passer de la réparation navale", a-t-il dit. "On se réserve la possibilité de faire appel, on a dix jours pour le faire, il y a de fortes chances que l'on conteste cette décision. Celle-ci ne correspond pas à la réalité économique de l'entreprise".

Pour Me Geneviève Maillet, avocate de la direction, "c'est un gâchis absolu parce que c'est une situation qui a été contrainte et non pas voulue. L'UNM est obligée de partir de Marseille alors qu'elle avait un projet de quinze ans". L'avocate a reproché à la CGT "des exigences impossibles à supporter" par la direction. "Nous avons fait tous les efforts pour éviter cette situation à laquelle nous avons été contraints", a-t-elle dit.

Selon les avocats de la direction, le liquidateur a obligation de licencier les salariés de l'UNM sous quinze jours. Cent trente salariés sont concernés par cette fermeture, ainsi qu'une quarantaine d'entreprises sous-traitantes qui emploient quelque 300 salariés. Lundi prochain, une réunion exceptionnelle du Conseil de surveillance du port de Marseille consacrée à la situation et à l'avenir des bassins Est du port se tiendra en présence de l'ensemble des élus, a annoncé la préfecture des Bouches-du-Rhône.

D'après agence

le 10 mars 2009 à 11:24
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