Image d'archive. Usine Arcelor Mittal de Gandrange © TF1/LCILa réunion de mercredi était largement redoutée par les syndicats. Avec raison : depuis le quatrième trimestre 2008, les sites d'ArcelorMittal ont très fortement ralenti leur production face à la forte baisse de la demande, des secteurs de l'automobile et de la construction notamment, et pour tenter d'écouler les stocks. D'ores et déjà, les sites sont touchés par des mesures de chômage partiel, en moyenne entre 10 à 15 jours par mois. Et la production a été réduite de 45% fin 2008, contre 35% initialement prévu à l'automne. Des hauts-fourneaux ont ainsi été arrêtés, comme l'un de ceux de Florange, en Moselle ; comme, aussi, à Fos, Dunkerque ou Liège, en Belgique.
La crise était donc au centre du comité d'entreprise européen du groupe, réuni mercredi à Luxembourg. Avec à la clé, s'il faut en croire les délégués syndicaux, des décisions lourdes : selon Jacques Laplanche, secrétaire CGT du comité d'entreprise européen, ArcelorMittal envisage une réduction de plus de 50% de sa production en Europe à partir de fin avril. "En raison de la crise, ajoute-t-il, ArcelorMittal veut réduire les coûts et va concentrer sa production sur certains sites. Les hauts fourneaux et les aciéries de Liège et Florange vont être arrêtés totalement". Alors que les syndicats se préparaient déjà à ne pas voir redémarrer le haut fourneau mis à l'arrêt sur le site mosellan, on se dirige donc en fait vers un arrêt complet du site, pour une durée indéterminée.
En attendant la reprise de la demande...
Concrètement, un millier des 2600 ouvriers de l'usine seront mis au chômage partiel "au moins jusqu'en septembre", soit pendant cinq mois, selon Marc Barthel, responsable CGT pour ArcelorMittal France. "Cette mise au chômage partiel, qui débutera à la mi-avril, pourrait se prolonger pendant six trimestres", a poursuivi Walter Broccoli, responsable FO, à l'issue d'un comité d'établissement extraordinaire. Outre la mise en veilleuse du deuxième haut fourneau, des arrêts programmés en avril, mai et juin toucheront les lignes de laminage à chaud et à froid qui servent à façonner l'acier. Jacques Laplanche évoque "une catastrophe, d'autant que la direction n'indique pas quand la production reprendra".
Du côté de la direction du groupe sidérurgique, on indique simplement avoir décidé de maintenir les arrêts de production sur différents sites en Europe. Le groupe n'a donné aucun détail ni sur le niveau d'activité pour chacun des sites, ni sur la réduction totale de la production envisagée. Face à des conditions de marché "très difficiles", "il nous semble préférable de maintenir les mesures de suspension et d'optimisation temporaires de la production que nous avons mis en place sur certains sites, jusqu'à la reprise de la demande", a ainsi déclaré Bernard Fontana, vice-président exécutif, responsable des ressources humaines. "Toutes ces mesures de suspension de la production sont temporaires et seront réexaminées à intervalles réguliers", assure par ailleurs la direction d'ArcelorMittal, ajoutant que les installations restent entretenues pour pouvoir redémarrer "le plus rapidement possible".
Le numéro un mondial de l'acier avait déjà annoncé un plan de 9000 suppressions de postes dans le monde (3% de ses effectifs), dont 1400 en France dans les fonctions non productives, dans le cadre d'un plan d'économies de 5 milliards sur cinq ans. Ce plan a ensuite été étendu aux salariés de la production, mais la direction a dit vouloir éviter les licenciements secs. Les salariés des fonctions support ont jusqu'au 30 juin pour être candidats à des départs pour projet professionnel ou personnel notamment, et jusqu'à la fin 2009 pour les départs en retraite. Dans la production, le délai est étendu à mi-2010.
D'après agences
Retour MYTF1
Chargement en cours...




