Salariés de Faurecia lors d'une soirée de séquestration de cadres dirigeants de leur entreprise (9 avril 2009) © TF1/LCILa polémique sur les séquestrations de dirigeants d'entreprises en France prend de l'ampleur avec un vif échange à distance entre le secrétaire général de la CGT et le porte-parole de l'UMP et un appel de la CGPME à ne pas négocier sous la contrainte et à porter plainte. Ces séquestrations ne peuvent être assimilées à une prise d'otages et sont défendables tant que l'intégrité physique des patrons n'est pas menacée, a estimé vendredi Bernard Thibault sur RTL. Le secrétaire général de la CGT, qui a dit comprendre ce type d'actions "syndicales coordonnées" et organisées, a accusé le président Nicolas Sarkozy et le gouvernement de porter une part de responsabilité dans cette radicalisation, pour ne pas avoir entendu la colère des salariés.
Ses homologues de la CFDT, de Force ouvrière, de la CFTC et de la CGC ont aussi mis en cause un défaut de dialogue social. "Notre objectif de syndicalistes c'est d'éviter au maximum ce type d'affrontement. Mais dans toutes les entreprises où ça arrive, il y a eu un manque de dialogue", a dit François Chérèque après une réunion des partenaires sociaux à l'Elysée. "On en parle beaucoup trop", a ajouté le secrétaire général de la CFDT. "Il n'est pas bon que les responsables politiques fassent des polémiques sur ces sujets-là".
Faire attention à l'image de la France à l'étranger
Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a réagi en accusant Bernard Thibault d'avoir marqué "un but contre son camp". Selon lui, "en justifiant les séquestrations, et en légitimant des méthodes méprisant la personne humaine, M. Thibault donne vraiment une piètre image du syndicalisme, alors même qu'il dénonce, à juste titre, en période de crise, certaines pratiques irrespectueuses du droit de la part de certaines entreprises". Le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, a pour sa part invité les patrons à ne pas négocier sous la menace. Dans un communiqué, la CGPME a ensuite appelé "les personnes concernées à déposer plainte en justice".
Le gouvernement et le chef de l'Etat ont dénoncé ces derniers jours ce type d'actions, qui se multiplient en France. "Les séquestrations sont contraires à l'esprit de dialogue social, elles sont une atteinte à la liberté individuelle", a pour sa part déclaré vendredi le conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, pour qui "elles ne doivent pas être acceptées, même si, hélas, elles sont une constante dans l'histoire sociale de ce pays".
Jean-Michel Fourgous, député UMP et président du groupe PME à l'Assemblée nationale, s'est dit, dans un communiqué, "scandalisé par la chasse aux patrons orchestrée par une gauche radicale et obsédée par un antisarkozysme primaire". Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a pour sa part déclaré sur RMC qu'il appartenait aux personnes séquestrées de porter plainte pour faire valoir leurs droits. Un autre conseiller du chef de l'Etat a estimé qu'il fallait faire "très attention" à la médiatisation de ce type d'action et à l'image qu'elles donnent de la France à l'étranger.
D'après agence
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