Des salariés de Continental en colère devant la sous-préfecture de l'Oise, à Compiègne, le 21 avril 2009 © TF1-LCI Le fabricant de pneumatiques Continental a proposé à ses salariés de l'usine de Clairoix, licenciés dans le cadre d'un PSE, des postes au sein du groupe en Tunisie à 137 euros par mois. Les conflits dérapent dans plusieurs entreprises, les séquestrations se multiplient et deviennent un moyen de pression. Ces méthodes sont-elles employées dans d'autres pays ? Le dialogue social est-il rompu en France ? Suite au saccage de la sous-préfecture de Compiègne par des salariés de Continental, l'usine de Clairoix a été fermée par mesure de sécurité.
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Les mouvements sociaux se radicalisent : une spécificité française ?

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En attendant une réunion tripartite à Bercy le 29 avril, un millier de salariés de l'usine Continental de Clairoix sont arrivés jeudi matin après un voyage en train entamé mercredi soir, à Hanovre, en Allemagne, où se trouve le siège du fabriquant de pneus. Ils entendent manifester en force après avoir rejoint leurs collègues allemands. Les syndicats ont lancé à cette occasion un appel à "manifester pacifiquement" chez "les amis allemands" des "Conti". "On n'avait pas l'intention de casser hier (mardi), on n'a pas l'intention de casser" jeudi à Hanovre, a affirmé Didier Bernard, délégué CGT.
Mais jeudi matin en France, les choses semblaient également bouger : Patrick Devedjian, ministre de la Relance, a indiqué jeudi sur France 2 que son ministère étudiait "une offre sérieuse" d'un "partenaire économique" concernant l'équipementier automobile Continental. La direction de Continental France a confirmé un peu plus tard, déclarant avoir reçu une offre de reprise du site de la part d'une entreprise de Dubaï. La direction a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'un fabricant de pneus sans donner plus de précisions.
Quoiqu'il en soit, la réunion proposée par Luc Chatel mardi soir, après le saccage par des salariés de Clairoix en colère de la sous-préfecture de l'Oise, à Compiègne (lire notre article), reste d'actualité. L'intersyndicale de l'usine avait d'abord dénoncé "le double langage du gouvernement" dont les représentants avaient, selon les syndicats, proposé une médiation de l'Etat, réclamée par les syndicats, mais "refusé" de discuter dans la journée avec des salariés. Finalement, ils se sont tous mis d'accord. La réunion tripartite (syndicats - direction - Etat) se tiendra le 29 avril à 16h au ministère de l'Economie à Paris, ont indiqué la direction et des syndicats à l'issue d'un comité central d'entreprise à Nice mercredi.
La direction porte plainte pour dégradations
Les syndicats ont aussitôt salué l'intervention de l'Etat dans ce dossier. "Aujourd'hui, c'est clair, c'est à l'Etat de venir à notre secours", a estimé le secrétaire CFTC du CE de Clairoix, à l'issue du CCE. Le président de Continental France s'est aussi dit "favorable à tout ce qui peut encourager le dialogue", assurant compter sur cette réunion "pour rappeler le rôle et les devoirs de chacun, rappeler chacun à ses responsabilités".
Après le saccage de Compiègne mardi, les salariés en colère s'en étaient aussi pris à un bâtiment de l'usine, qui est restée fermée ce mercredi pour "raisons de sécurité". Ils venaient d'apprendre que la justice les déboutait de leur demande de suspension de la procédure de fermeture du site de Clairoix. La direction de Continental France a indiqué mercredi qu'un dépôt de plainte était "en cours", à la suite de ces dégradations. La police judiciaire procédait mercredi à "l'identification des casseurs" avant leur audition. Les salariés de Continental qui ont commis des violences seront poursuivis en justice, a déclaré mercredi matin le Premier ministre, sur France Inter. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie se rendra en tout cas jeudi à Compiègne.
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