Affiche devant l'usine Molex de Villemur en décembre 2008 © TF1/LCILa justice va devoir se prononcer sur une nouvelle affaire de dirigeants séquestrés. La direction de Molex a assigné mardi le secrétaire du comité d'entreprise en référé devant le tribunal de grande instance de Toulouse pour ordonner la levée de la séquestration de deux dirigeants par les salariés de l'usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), a annoncé le secrétaire du CE, Denis Parise (CGT).
Auparavant, la direction départementale du travail a entrepris mardi matin une médiation difficile pour tenter d'obtenir la libération de deux dirigeants de l'équipementier automobile américain Molex séquestrés par des salariés depuis lundi soir à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne). Le directeur départemental et une inspectrice du travail ont successivement rencontré les deux personnes retenues dans l'usine, puis les organisations syndicales, avant de revenir vers la direction, pour tenter de renouer le dialogue entre les 283 salariés de l'usine vouée à la fermeture à la mi-2009 et la direction du groupe américain. Les va-et-vient des représentants de l'Etat se poursuivaient à la mi-journée d'un camp à l'autre, sous la surveillance d'une centaine de salariés de l'équipe du matin, avec en filigrane la perspective en cas d'échec d'une intervention des forces de l'ordre, redoutée par les syndicats.
"Coup de colère"
Les salariés sont en grève depuis lundi après-midi à l'appel de l'intersyndicale (CGT-CFDT-FO-CFTC-CGC) et participent nombreux au mouvement qui a "retenu" les dirigeants, selon les syndicats. Il s'agit d'une "séquestration", ont estimé les deux personnes retenues, le cogérant de Molex SARL (la filiale française), Marcus Kerriou, et la directrice des ressources humaines, Coline Colboc. "Il n'est pas question de négocier dans cette situation de séquestration", a déclaré M. Kerriou mardi matin, tandis que le secrétaire du Comité d'entreprise (CE) Denis Parise (CGT) affirmait: "nous les laisserons sortir s'il y a une avancée, s'ils acceptent de discuter sur nos propositions". "Ils doivent rapatrier les stocks détournés et s'en aller car plus personne ne veut travailler pour Molex, mais ils doivent nous laisser 100 millions d'euros d'indemnité, pour nous avoir menti et volé depuis le rachat à Snecma (groupe Safran) il y a cinq ans", affirme M. Parise. "Nous trouverons un repreneur ou maintiendrons le site nous-mêmes", a-t-il ajouté.
Six mois après l'annonce du projet de fermeture, au nom de la crise de l'automobile, les salariés ont eu "un coup de colère" lundi en apprenant au CE que le groupe avait mis en place "une double source de production pour contourner Villemur", avant même d'annoncer son plan de fermeture, explique le secrétaire du CE.
| Parisot : "injustice ou désespoir ne justifient pas qu'on transgresse la loi" |
"L'injustice ou le désespoir ne justifient jamais qu'on transgresse la loi", a jugé mardi la présidente du Medef Laurence Parisot à propos de plusieurs cas de dirigeants d'entreprise séquestrés ou retenus par des salariés contestant des suppressions d'emploi ou leurs modalités. Estimant que les situations étaient très variables et les dépôts de plainte à étudier "au cas par cas", Mme Parisot a néanmoins souligné que "dans un Etat de droit, on ne peut jamais légitimer ce qui n'est pas légal". |
(D'après agence)
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