L'accord salarial étendu... sauf un article

le 10 avril 2009 à 17h01 , mis à jour le 11 avril 2009 à 06h31

L'accord qui avait mis fin à la grève en Guadeloupe a été étendu à toutes les entreprises, à l'exception de l'article 5. Le leader du LKP avait fait de cette non-extension un casus belli.

Elie Domota, leader du LKP Elie Domota, leader du LKP © LCI

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Domota dénonce "une décision discriminatoire"
 

 

Le gouvernement a annoncé vendredi l'extension à toutes les entreprises de Guadeloupe de l'accord interprofessionnel du 26 février, qui avait permis de mettre fin à la grève générale paralysant l'île en garantissant une hausse de 200 euros des bas salaires, par un mécanisme impliquant les entreprises, l'Etat et les collectivités locales. Une exception notable toutefois à cette extension : l'article 5, qui prévoit une augmentation générale des salaires au terme des trois ans de l'accord, en est exclu.

 

Le problème est que cet article est précisément le plus controversé, celui qui prévoyait que les 200 euros d'augmentation seraient à la seule charge des employeurs au terme des trois ans de l'accord. Le leader du LKP Elie Domota s'était déjà vigoureusement élevé, au début du mois, contre la possibilité de voir cet article écarté : "Nous ne pourrons pas admettre que les salariés perdent 50 euros dans un an et 200 euros dans trois ans", avait-il prévenu dès le 3 avril en avertissant : "Il y aura des grèves dans toutes les entreprises et c'est reparti pour beaucoup de grèves en Guadeloupe. Autrement, ce serait accepter une Guadeloupe à deux vitesses".

 

"Personne ne peut préjuger de la situation dans trois ans"

 

Dans l'immédiat, l'extension de l'accord rend obligatoire le versement d'un bonus exceptionnel de 50 ou 100 euros par mois, selon la taille de l'entreprise, dans toutes les sociétés du secteur marchand au bénéfice des salariés payés jusqu'à 1,4 fois le smic. Le gouvernement participe lui aussi "à l'accroissement du pouvoir d'achat des bas salaires" à travers l'instauration d'un revenu supplémentaire temporaire d'activité de 100 euros pour une durée de trois ans. Les collectivités locales, elles, se sont engagées à verser 50 euros aux salariés des petites entreprises pendant 12 mois.

 

Concernant l'article controversé, le gouvernement a fait savoir qu'il "n'apparaît pas possible de généraliser une telle disposition qui n'est pas conforme aux dispositions du code du travail sur les négociations annuelles obligatoires" sur les salaires. "En outre, personne ne peut préjuger de la situation économique dans trois ans". L'Etat s'engage toutefois au terme de cette période de trois ans à maintenir son effort pour le pouvoir d'achat des bas salaires, "selon des modalités à déterminer avec les partenaires concernés". Par ailleurs, le gouvernement n'a pas non plus étendu le préambule de l'accord qui déclarait que "la situation économique et sociale actuelle existant en Guadeloupe résulte de la pérennisation du modèle de l'économie de plantation". Cette phrase avait suscité la colère de la présidente du Medef Laurence  Parisot, indignée de voir l'économie contemporaine guadeloupéenne comparée à "une économie d'esclavage".

 

"Le gouvernement en portera la responsabilité"

 

Cette extension limitée de l'accord a été dénoncée vendredi par les responsables des trois principales centrales syndicales : CGT, CFDT et FO. "La CGT a défendu l'extension intégrale de l'accord (...) si le gouvernement fait un autre choix politique, ce sera à lui d'en assumer les éventuelles conséquences et l'impact sur le climat social", a indiqué son secrétaire général, Bernard Thibault. Le gouvernement "joue un peu avec le feu, je pense qu'il a tort", a déploré son collègue de la CFDT François Chérèque. "Ne pas aller jusqu'au bout de l'agrément, en désaccord avec tous les syndicats, c'est une erreur".

 

"Nous avons réinsisté sur le fait qu'il fallait étendre l'intégralité de l'accord. Si le gouvernement fait un choix différent, il en portera la responsabilité, y compris s'il y a des nouveaux mouvements sociaux en Guadeloupe", a pour sa part déploré le patron de FO Jean-Claude Mailly. "S'il y a des problèmes, ils (les Guadeloupéens) se tourneront vers le gouvernement". Pour Elie Domota, le leader du LKP, la décision du gouvernement est "discriminatoire".

 

D'après agence

le 10 avril 2009 à 17:01
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