Laurent Wauquiez © LCIAprès les promesses, les actes. L'assurance chômage a décidé mercredi de participer à l'amélioration de l'indemnisation du chômage partiel promise par Nicolas Sarkozy, lors du sommet social en février, en débloquant 150 millions d'euros maximum en 2009. C'est toutefois moins que les 200 à 300 millions attendus. L'Unedic (régime d'assurance-chômage, géré par les partenaires sociaux) contribuera au financement du chômage partiel de longue durée pour "éviter au maximum des licenciements économiques". Les salariés concernés pourront percevoir 75% de leur salaire brut contre 610% auparavant, soit environ 90% du net.
Ce texte a été adopté mercredi à l'unanimité moins une abstention (CFE-CGC) lors d'un bureau de l'Unedic. "C'était un équilibre difficile à trouver entre notre responsabilité de gestionnaires d'un régime en déficit et le fait que tous les partenaires sociaux pensent que c'est un investissement car l'activité partielle de longue durée peut éviter le chômage définitif", a noté le président de l'Unedic Geoffroy Roux de Bézieux (Medef). Lorsque "70% de cette somme aura été dépensée, le bureau pourra statuer sur une prolongation ou pas du dispositif", a-t-il précisé.
75% du salaire brut
Va être instauré, sans doute en mai, un dispositif d'"activité partielle de longue durée", que les entreprises ou les branches professionnelles pourraient adopter par le biais de conventions avec l'Etat d'au moins trois mois, qui pourront être renouvelées sans excéder 12 mois au total. Pour porter de 60% à 75% du salaire brut l'indemnisation des salariés, l'Etat versera aux entreprises une allocation complémentaire de 1,9 euro par heure pour les 50 premières heures puis l'Unedic financera 3,9 euros après la 50ème heure. Le nombre d'heures de chômage partiel autorisées par salarié reste à 800 par an, voire 1.000 dans des secteurs comme l'automobile.
En contrepartie du nouveau dispositif, les entreprises devront maintenir dans l'emploi les salariés concernés pendant le double de la durée de la convention d'activité partielle, par exemple ne pas licencier pendant six mois si la convention dure trois mois. Sinon, elles devront rembourser les sommes allouées.Les entreprises devront aussi proposer à ces salariés un entretien de professionnalisation.
"Quelques coins de ciel bleu"
Laurent Wauquiez a exclu jeudi sur I-Télé que les chiffres du chômage de mars soient meilleurs que prévu. Alors que on lui demandait si des mesures engagées par le gouvernement permettaient de dire que les chiffres du chômage de mars, qui vont être publiés le 27 avril, seraient moins graves que ce qu'on attend, le secrétaire d'Etat à l'Emploi a répondu "non : cela veut dire que l'on va continuer" à agir. "On va avoir des mois longs dans lesquels il y a une situation de crise de l'emploi très forte, c'est une évidence", a-t-il ajouté. Mais "il commence quand même à y avoir quelques coins de ciel bleu à l'horizon (...) même dans l'emploi", a-t-il ajouté, citant l'industrie de l'énergie solaire qui compte procéder à "25.000 embauches d'ici 2012".
Par ailleurs, à propos du chômage des jeunes, il a estimé qu'il fallait éviter les "réponses de bricolage". A la question de savoir si le gouvernement envisageait le retour des emplois-jeunes mis en place par le gouvernement de Lionel Jospin, le secrétaire d'Etat a répondu: "pour l'instant, on étudie les pistes". "Ce dispositif des emplois-jeunes a montré qu'il n'était pas efficace". De son côté, Martin Hirsch a appelé à "se tourner vers les entreprises". Nicolas Sarkozy devrait s'exprimer "en fin de semaine prochaine" sur l'emploi des jeunes, a précisé Haut commissaire aux Solidarités actives sur Europe 1.
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