Affiche devant l'usine Molex de Villemur en décembre 2008 © TF1/LCILes salariés de l'équipementier automobile américain Molex à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), qui doit fermer à la mi-2009, continuaient mardi matin de séquestrer deux dirigeants retenus depuis lundi après midi.
Deux dirigeants d'une usine retenus par leurs salariés à Mâcon
Mécontent du plan de sauvegarde annoncé fin mars par leur direction, une trentaine de salariés de l'usine Essex retiennent le directeur et le DRH de l'usine.
Publié le 15/04/2010
Une médiation de la direction départementale du travail devrait avoir lieu dans la matinée, ont précisé par téléphone le secrétaire du Comité d'entreprise Denis Parise (CGT), ainsi que l'un des deux dirigeants retenus, le cogérant de Molex SARL (la filiale française), Marcus Kerriou. Mais les deux parties semblent bien décidées à camper sur leurs positions. "Nous continuons le mouvement, les dirigeants doivent discuter de nos propositions: rapatrier le stock détourné aux Pays-Bas, et se retirer ensuite en apportant 100 millions d'euros d'indemnité à l'usine de Villemur dont ils ont volé le savoir-faire sans investir", a déclaré Denis Parise. "Il n'est pas question de négocier dans cette situation de séquestration", a rétorqué M. Kerriou. "Nous avons dormi deux heures, nous sommes fatigués, mais la réponse est non tant que nous sommes retenus contre notre gré", a précisé le dirigeant, rappelant que l'usine française a été "achetée à la Snecma (groupe Safran) avec son savoir-faire il y a 5 ans pour 25 millions d'euros".
Détournement de production
En cas d'échec de la médiation, les syndicalistes craignent une intervention des forces de l'ordre. "La directrice de cabinet du préfet m'a dit que nous commettions un délit, mais est-ce plus grave que de mettre 300 salariés à la porte ?", a déclaré le cégétiste. De son côté, Marcus Kerriou espère que si la médiation n'aboutit pas, "l'Etat fera respecter une règle élémentaire, la liberté d'aller où nous voulons". La direction a annoncé en 2008 son intention de fermer à la mi-2009 cette unité de connecteurs électriques frappée par la crise et de licencier la plupart des 283 salariés. Ceux-ci ont depuis multiplié les manifestations, avec le soutien des élus locaux et régionaux. La séquestration a été décidée à l'issue d'un comité d'entreprise pour dénoncer la volonté du groupe de "détourner" déjà, selon la CGT, la production vers d'autres usines.
(D'après agence)
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