© REUTERSIls ont dormi sur la moquette de leur bureau. Et au petit matin, ont eu droit à des croissants. Les quatre cadres de Caterpillar France, dont le directeur général du site de Grenoble, Nicolas Polutnik, sont toujours retenus par une cinquantaine de salariés de l'entreprise, qui se sont relayés toute la nuit à l'entrée du bureau pour garder les lieux.
Les négociations autour du plan de sauvegarde de l'emploi devraient reprendre dans la matinée et pourraient se dérouler à la direction départementale du travail de Grenoble, sous réserve de l'accord des directeurs retenus, a indiqué un élu CGT. Selon un élu FO, la direction aurait accepté de rouvrir les discussions sur trois points : réduction des suppressions d'emploi, augmentation des planchers liés à l'indemnité de départ et conditions pour faciliter des départs anticipés en retraite.
"Trouvez de l'argent pour sauver les entreprises"
L'intersyndicale FO-CFDT-CGT-CFTC a elle lancé tôt mercredi un "appel solennel" à Nicolas Sarkozy et aux parlementaires européens pour qu'ils débloquent des fonds européens afin de soutenir l'entreprise visée par 733 suppressions d'emplois. Ce fonds dispose d'une réserve provisionnée à hauteur de 500 millions d'euros par an pour "les victimes de licenciements", a souligné le délégué, en lisant la déclaration de l'intersyndicale.
Ce déblocage vise à "répondre à l'énorme attente sociale liée aux revendications des salariés et d'autre part soutenir la possibilité d'un redémarrage rapide de notre entreprise et de nos sous-traitants", a-t-il poursuivi. "Nous demandons qu'en cette situation exceptionnelle de crise, une réponse politique forte et adéquate soit apportée pour trouver rapidement une issue à la crise. S'il y a de l'argent pour sauver les banques et la finance vous devez en trouver pour sauver les entreprises", a-t-il conclu.
Nicolas Sarkozy a réagi mercredi matin sur Europe 1 aux demandes de l'intersyndicale. "Caterpillar, c'est une entreprise qui fabrique des engins de terrassement et qui travaille notamment pour les Etats-Unis, la chute de la demande est de 80%", a expliqué le chef de l'Etat. "Je vais sauver le site, je recevrai cette intersyndicale puisqu'ils m'ont appelé au secours d'après ce que je comprends, et on ne les laissera pas tomber", a-t-il affirmé.
Celanese : la maire de Pau va faire la grève de la faim |
La députée-maire de Pau Martine Lignières-Cassou participera à une grève de la faim tournante entamée samedi par les salariés de l'usine chimique Celanese à Pardies. L'élue socialiste cessera de s'alimenter pendant 24 heures pour protester contre la fermeture de ce site, annoncée la semaine dernière. "Il s'agit de m'inscrire dans une démarche collective, de participer à cette action de solidarité", a déclaré Martine Lignières-Cassou. David Habib, député-maire socialiste de Mourenx et président de la communauté de communes de Lacq sur laquelle se trouve l'usine, et Marie-Pierre Cabanne, conseillère régionale PS, se joindront à elle le 13 avril prochain. Les trois élus se rendront dans le local d'exposition du comité d'entreprise où se relaient trois salariés toutes les 24 heures pour une grève de la faim symbolique. Acetex Chimie, filiale du groupe chimique américain Celanese, a annoncé le 23 mars dernier la fermeture de cette unité qui emploie environ 350 personnes, considérant qu'elle "n'est plus viable économiquement". |
D'après agence
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