Brice Hortefeux, dans l'émission "A vous de juger" sur France 2, le 23 avril 2009 © France 2"Ils n'ont pas cédé à la tentation de la facilité." A l'issue de l'émission "A vous de juger" sur France 2 à laquelle il participait après Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT) et Jean-Claude Mailly (FO), le ministre du Travail et des relations sociales, Brice Hortefeux, s'est félicité jeudi soir que les dirigeants syndicaux n'aient pas "jeté de l'huile sur le feu" en cette période de crise économique et sociale, tout en critiquant les violences sur le terrain.
En revanche, une grève générale comme l'évoque Force ouvrière n'améliorerait pas la situation des Français touchés par la crise économique, a déclaré sur le plateau le ministre du Travail. "Cela ne crée pas un emploi. Face à la crise, ça ne serait pas un plus, ça serait un moins", a-t-il déclaré. Brice Hortefeux a en outre exclu tout coup de pouce au Smic au 1er juillet, en critiquant l'effet "boomerang" qu'aurait une telle mesure. "L'augmentation du Smic (...), c'est une action boomerang: la PME n'y arrive pas et si elle n'y arrive pas, elle risque d'être conduite à licencier. Nous ne pouvons pas le supporter. Donc, il ne faut pas qu'il y ait de situation particulière pour le Smic", a déclaré M. Hortefeux, en rappelant que le salaire minimum ne concerne "que 13% des salariés".
"C'est une première, il n'y jamais eu un consensus total"
De son côté, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a souhaité "un grand 1er mai" vendredi prochain, lorsque tous les syndicats défileront ensemble dans tout le pays. "C'est une première, il n'y jamais eu un consensus total de tous les syndicats pour agir ensemble le 1er mai, cette fois, c'est le cas", a déclaré M. Thibault en soulignant qu'on recensait à ce jour "277 manifestations ou rassemblements programmés, chiffre jamais atteint depuis très longtemps".
M. Mailly a rappelé qu'habituellement, le 1er mai, il n'y avait "pas d'unité d'action" de la part de FO, "sauf dans des circonstances exceptionnelles". "Nous sommes dans une circonstance exceptionnelle, cette circonstance exceptionnelle, c'est la crise", d'autant que "le gouvernement a peu bougé" et que ce qui est proposé est "très insuffisant". Si le gouvernement n'entend pas le message du 1er mai, il a préconisé "une grève dans tout le pays". Pour sa part, François Chérèque a estimé que la politique gouvernementale revenait à "rouler encore à l'ordinaire" malgré l'ampleur de la crise. "On y va pépère", a-t-il déploré, en en voulant pour preuve qu'"on a pas encore commencé à mettre en oeuvre" les décisions du sommet social du 18 février à l'Elysée. Il a souligné que, "face à un problème de parole politique, il y a une confiance à l'égard des syndicats".
Brice Hortefeux, interrogé hors plateau en introduction, a attribué le caractère unitaire du 1er mai à "un contexte d'exception, celui de la crise" en assurant que d'autres défilés unitaires s'étaient "déjà produits" en "2002 et 2003". "Nous sommes bien évidemment à l'écoute le 1er mai" et "totalement déterminés à poursuivre la mise en oeuvre des mesures (...) indispensables", a-t-il ajouté.
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