L'un des dirigeants de Molex de Villemur séquestré pendant plus de 24 heures (le 21 avril 2009) © TF1-LCI 
L'interview d'un des dirigeants libéré
Ils auront été retenus un peu plus de 24 heures, mais n'auront pas eu le temps de célébrer cela longtemps. Les deux dirigeants de l'usine de Molex Villemur-sur-Tarn, en Haute-Garonne, séquestrés depuis lundi soir ont été libérés par les salariés ce mardi soir. Le cogérant de Molex SARL (la filiale française), Marcus Kerriou, et la directrice des ressources humaines, Coline Colboc, ont quitté le site sous les sifflets et les injures d'une centaine d'ouvriers qui dénonçaient "les patrons voyous".
A peine libérés, les dirigeants de Molex ont pris la direction de la préfecture de Haute-Garonne où un processus de négociations débutait avec les représentants syndicaux. "On va prendre date pour définir un calendrier de négociations", a déclaré avant la réunion Coline Colboc, qui s'est dit "fatiguée" après une nuit passée et une journée passée recluse dans un bureau de l'usine. "On ne va pas se contenter d'un calendrier, nous sommes là pour négocier. On veut des garanties sur le rapatriement du stock des Pays-Bas et un engagement sur le maintien de l'activité sur le site", a dit pour sa part l'avocat du comité d'entreprise de Molex.
L'accord entre les parties, entériné par le tribunal de grande instance de Toulouse lors d'une audience en référé, a donné lieu à un vif débat lors d'une assemblée générale improvisée des ouvriers dans l'usine. Alors que les délégués syndicaux se prononçaient en faveur de l'accord, des ouvriers ont manifesté leur amertume à l'égard de cette issue. "On a pas le choix, mais ça fait six mois qu'ils nous balladent, et on va déboucher sur pas grand chose", a déclaré un non syndiqué, Jean-Francois Porté.
"On nous a assuré que tout est négociable"
Au terme de l'accord conclu, l'usine Molex devait être complètement évacuée pour la nuit. Les délégués syndicaux ont donné rendez-vous aux salariés mercredi à 7h30 devant le site de l'usine pour faire le point sur les suites à donner à leur action. "On nous a assuré que tout est négociable", a déclaré lors de l'AG Guy Pavan, délégué syndical CGT, tout en soulignant : "si nous ne les libérons pas, on aura la police dans la demi heure".
Mardi matin, la justice avait été saisie par la direction de l'équipementier automobile américain, assignant le secrétaire du comité d'entreprise en référé devant le tribunal de grande instance de Toulouse pour ordonner la levée de la séquestration. Auparavant, la direction départementale du travail avait entrepris une médiation difficile. Le directeur départemental et une inspectrice du travail avaient successivement rencontré les deux personnes retenues dans l'usine, puis les organisations syndicales, avant de revenir vers la direction, pour tenter de renouer le dialogue entre les 283 salariés de l'usine vouée à la fermeture à la mi-2009 et la direction du groupe américain.
Les salariés s'étaient mis en grève lundi après-midi à l'appel de l'intersyndicale (CGT-CFDT-FO-CFTC-CGC). Six mois après l'annonce du projet de fermeture, au nom de la crise de l'automobile, les salariés ont eu "un coup de colère" lundi en apprenant au CE que le groupe avait mis en place "une double source de production pour contourner Villemur", avant même d'annoncer son plan de fermeture, explique le secrétaire du CE.
| Parisot : "injustice ou désespoir ne justifient pas qu'on transgresse la loi" |
"L'injustice ou le désespoir ne justifient jamais qu'on transgresse la loi", a jugé mardi matin la présidente du Medef Laurence Parisot à propos de plusieurs cas de dirigeants d'entreprise séquestrés ou retenus par des salariés contestant des suppressions d'emploi ou leurs modalités. Estimant que les situations étaient très variables et les dépôts de plainte à étudier "au cas par cas", Mme Parisot a néanmoins souligné que "dans un Etat de droit, on ne peut jamais légitimer ce qui n'est pas légal". |
(D'après agence)
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