Affiche devant l'usine Molex de Villemur en décembre 2008 © TF1/LCITandis que les piquets de grève ont été levés lundi après un accord avec la direction à l'usine Toyota d'Onnaing (lire notre article), un nouveau front social s'est ouvert dans le secteur automobile. Près de 200 employés de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn, en Haute-Garonne, séquestraient depuis lundi soir deux de leurs dirigeants dans les locaux de cette société spécialisée dans la connectique automobile, selon une source syndicale. Mardi matin, la séquestration semblait continuer.
Une porte-parole de la direction a confirmé que "les syndicalistes ont dit aux deux cadres de rester dans le bureau à l'issue de la réunion", comme près de 200 des 283 salariés de l'usine sise dans la périphérie Nord de Toulouse s'étaient massés vers 16h devant les locaux où se tenait le comité d'entreprise. Et vers 17h30, les syndicalistes interrompaient la réunion. "Nous avons mis dehors le directeur de l'usine, Philippe Fort, et nous retenons le co-gérant de Molex SARL (la filiale française de Molex) Marcus Kerriou et la directrice des ressources humaines Coline Colboc", a déclaré le délégué CGT à l'issue d'un comité d'entreprise. "Pour l'instant, tout se passe bien. Il n'y a pas eu de violences. Des gendarmes ont pris position devant l'usine mais ils ne sont que trois. Ca ne suffira pas pour nous déloger par la force", a-t-il ajouté. "Nous nous sommes organisés pour les garder toute la nuit", a précisé le secrétaire CGT du CE.
"Nous ne les relâcherons que quand nous aurons obtenu satisfaction"
Marcus Kerriou a pu être photographié dans un bureau en compagnie de sa collègue et d'un huissier appelé à constater les faits. Vers 21h les deux dirigeants séquestrés avaient pu se restaurer. Ils étaient sous la surveillance d'une dizaine de salariés dans le bâtiment et d'une cinquantaine autour.
La direction a annoncé en octobre 2008 son intention de fermer l'unité de Villemur à la mi-2009 invoquant un problème de rentabilité, mais les salariés contestent le bien-fondé économique de cette décision. Depuis, les salariés ont multiplié les manifestations avec l'appui des élus locaux et régionaux. Cette fois, "nous exigeons de la direction américaine de notre groupe, qui a décidé de fermer en juin son site français, qu'elle cesse de constituer en Allemagne des stocks de matériel venu des Etats-Unis. Ces stocks mettent en péril notre activité", a expliqué le délégué CGT, selon qui "nous ne les relâcherons que quand nous aurons obtenu satisfaction sur nos revendications".
Interrogé au téléphone, Marcus Kerriou a souligné que "l'ampleur de la crise a contraint Molex à supprimer 8.250 emplois dans le monde soit 25% de ses effectifs depuis septembre, en essayant de traiter les salariés le mieux possible". Il a nié toute "préméditation à l'encontre de Villemur", assurant que l'utilisation des stocks néerlandais ne datait que "de quelque jours" et était nécessaire pour satisfaire un regain de demande des clients.
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