Les deux dirigeants de Molex toujours séquestrés

Par D.H. (avec agence), le 20 avril 2009 à 20h59 , mis à jour le 21 avril 2009 à 07h38

Près de 200 salariés retiennent depuis lundi soir 2 dirigeants de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn, que la direction américaine veut fermer en juin.

molex industrie automobileAffiche devant l'usine Molex de Villemur en décembre 2008 © TF1/LCI

Tandis que les piquets de grève ont été levés lundi après un accord avec la direction à l'usine Toyota d'Onnaing (lire notre article), un nouveau front social s'est ouvert dans le secteur automobile. Près de 200 employés de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn, en Haute-Garonne, séquestraient depuis lundi soir deux de leurs dirigeants dans les locaux de cette société spécialisée dans la connectique automobile, selon une source syndicale. Mardi matin, la séquestration semblait continuer.
 
Une porte-parole de la direction a confirmé que "les syndicalistes ont dit aux deux cadres de rester dans le bureau à l'issue de la réunion", comme près de 200 des 283 salariés de l'usine sise dans la périphérie Nord de Toulouse s'étaient massés vers 16h devant les locaux où se tenait le comité d'entreprise. Et vers 17h30, les syndicalistes interrompaient la réunion. "Nous avons mis dehors le directeur de l'usine, Philippe Fort, et nous retenons le co-gérant de Molex SARL (la filiale française de Molex) Marcus Kerriou et la directrice des ressources humaines Coline Colboc", a déclaré le délégué CGT à l'issue d'un comité d'entreprise. "Pour l'instant, tout se passe bien. Il n'y a pas eu de violences. Des gendarmes ont pris position devant l'usine mais ils ne sont que trois. Ca ne suffira pas pour nous déloger par la force", a-t-il ajouté. "Nous nous sommes organisés pour les garder toute la nuit", a précisé le secrétaire CGT du CE.

 

"Nous ne les relâcherons que quand nous aurons obtenu satisfaction"

 

Marcus Kerriou a pu être photographié dans un bureau en compagnie de sa collègue et d'un huissier appelé à constater les faits. Vers 21h les deux dirigeants séquestrés avaient pu se restaurer. Ils étaient sous la surveillance d'une dizaine de salariés dans le bâtiment et d'une cinquantaine autour.
 
La direction a annoncé en octobre 2008 son intention de fermer l'unité de Villemur à la mi-2009 invoquant un problème de rentabilité, mais les salariés contestent le bien-fondé économique de cette décision. Depuis, les salariés ont multiplié les manifestations avec l'appui des élus locaux et régionaux. Cette fois, "nous exigeons de la direction américaine de notre groupe, qui a décidé de fermer en juin son site français, qu'elle cesse de constituer en Allemagne des stocks de matériel venu des Etats-Unis. Ces stocks mettent en péril notre activité", a expliqué le délégué CGT, selon qui "nous ne les relâcherons que quand nous aurons obtenu satisfaction sur nos revendications".

 

Interrogé au téléphone, Marcus Kerriou a souligné que "l'ampleur de la crise a contraint Molex à supprimer 8.250 emplois dans le monde soit 25% de ses effectifs depuis septembre, en essayant de traiter les salariés le mieux possible". Il a nié toute "préméditation à l'encontre de Villemur", assurant que l'utilisation des stocks néerlandais ne datait que "de quelque jours" et était nécessaire pour satisfaire un regain de demande des clients.

Par D.H. (avec agence) le 20 avril 2009 à 20:59
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42 Commentaires

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  • Canut, le 21/04/2009 à 21h40

    Honte a la France avce ces sociétés qui gagnent de l'argent et qui virent les personnes. A quand un bonne révolutionnnnnnnnnnnnnnnn . Que ça pète tous ça. y'en a marre

  • Simon, le 21/04/2009 à 21h18

    C'est bien pour ca que je me suis barre de la france. le probleme avec ce genre de salaries, c'est qu'ils ne comprennent pas. Si ca coute trop cher a la boite, a un moment donner il faut licencier. C'est pas par joie qu'on le fait. C'est par necessite. Si ma boite me coute 100euros par moi, et que je gagne 200 avec, je peux prendre deux salaries a 25 euros. le jour ou ma boite coute 180 , ou que je ne gagne plus que 150, je ne vais pas garder les salaries ! Mon dieux, allez a l'ecole et faites des etudes d'economie. Le fait de virer les gens, c'est pour ne pas fermer la boite... tsk tsk tsk

  • Rod, le 21/04/2009 à 14h14

    Donnons-leur leur solde de tout compte et on en parle plus BASTA!! JE SUIS D'ACCORD AVEC MICHOU,TOULOUSE

  • Sylvain, le 21/04/2009 à 12h29

    Bonjour, Je comprends tout a fait les salaries, quand on voit que les sociétés largement bénéficiaires licencient quand même au nom de la crise c'est répugnant. Une question quand même et comment feront elles quand la situation va reprendre ?

  • Dom145, le 21/04/2009 à 10h11

    Je suis écoeuré quand je lis ce pamphlet signé "honte sur nous"; cette personne n'est pas dans mon cas, licencié à 55ans avec un avenir très sombre. Comment peut-il se permettre de juger ces syndicalistes, ceux qui lui ont peut-être fait bénéficier d'avantages sociaux...........? Cette personne ne semble pas "touché" comme moi par la crise et n'a pas compris que le désarroi nous pousse à l'extrème parce qu'il ne faut pas perdre de vue que certains chefs d'entreprise "profitent "de la crise, et celle-ci a bon dos en "dégraissant"; donc ce "nanti" ferait bien de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler (comme dirait ma mère...........)

  • Une personne qui detient selon vous le monopole de la connerie, le 21/04/2009 à 10h08

    Honte plutot a vous , de parler de ses personnes qui sont a bouts . Vous croyez qu'ils s'ammusent en retenant leurs patrons ?Je ne pense pas ! Ils defendent leurs employes et leur pouvoir d'achat . Savez-vous se que l'on ressent lorsqu'on se demande comment on va finir le mois ? Je ne pensse pas non plus ! Dans cette rédaction que vous avez ecrite le 20/04 , je suppose -car votre texte le montre- que vous n'avez jamais du ressentir cet etat d'urgence ! Mon mari ,lui aussi subit directement cette crise ! Il chôme 15 jours par mois se qui nous empeche de vivre correctement ! Je suis excedée par l'égoïsme des gens comme vous ! Essayé de pensser a tout ces gens qui perdent leur employe ! Si un jour la crise eonomique que l'on subit en France se resout , je pourrai affirmer dès maintenant , que se ne seras pas grace a des gens ayant le meme etat d'esprit que vous !

  • Yzokras, le 21/04/2009 à 10h00

    Une seule solution : interdiction des liceneciements. Des comités se sot formés pour organiser une marche sur Paris pour l'interdiction des licenciements. Il n'est pas question de laisser les salariés trouver des solutions au cas par cas. Il faut l'unité de tous pour exiger des mesures exceptionnelles dans cette situation exceptionnelle.

  • Franck, le 21/04/2009 à 09h59

    Les patrons devraient porter plainte pour kidnapping et non pas pour séquestration. Lamentable cette méthode maffieuse, punissez les ou cette méthode deviendra le sport national.

  • Dendir, le 21/04/2009 à 09h54

    C'est bien, qu'ils tiennent le coup et qu'ils obtiennent quelque chose de bien. Je les comprends, lorsqu'on est au bord du gouffre, c'est tout à fait normal qu'on réagisse comme ça. Et si le gouvernement continue comme ça, ça va être la révolution ! Les français en ont tellement marre, sont tellement en colère. On les entend gronder partout et dire qu'il y en a ras le bol...On n'en peut plus de ce Président "du pouvoir d'achat" !!! Pouvu qu'aux élections européennes les français vote pour la vraie gauche, pour une Europe différente et tournée vers le peuple et non vers les plus riches. Que Sarko commence par diminuer les salaires de tous ceux qui l'entourent !!! et des "grands patrons" !

  • Yoyo le gros, le 21/04/2009 à 09h44

    En réponse à celui qui signe "honte sur nous",je pense que vous auriez du signer " honte sur moi" car être français,patron à l'étranger pour bénéficier d'une main d'oeuvre moins chère d'une fiscalité réduite et de réinjecter le produit à prix fort en France, vous détenez la palme de la honte et si tous les patrons français faisaient de même: pauvre France.Merci de bien vouloir publier SVP.

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