Martine Aubry © REUTERSSéquestrations, opérations coup-de-poing... Les signes de tension sociale se multiplient. Des cadres de chez Scapa France ont été retenus, par des salariés d'une filiale de l'Ain qui protestent contre un plan social, pendant plusieurs heures avant d'être libérés mercredi en début d'après-midi. Des salariés les ont empêché de quitter l'usine mardi soir pour protester contre un plan de restructuration actuellement en discussion qui pourrait déboucher sur la fermeture du site. La direction prévoit de fermer l'usine, spécialisée dans les adhésifs pour l'automobile, qui emploie une soixantaine de personnes, "en raison de la chute de 50% de ce marché en 2008".
Par ailleurs, des salariés du décolleteur Dapta Technologies, basé à Thiers (Puy-de-Dôme), ont occupé à Clermont-Ferrand la permanence du ministre du Travail Brice Hortefeux. La vingtaine de salariés présents sur les lieux ont quitté peu avant midi la permanence de leur plein gré après avoir obtenu un rendez-vous, sans qu'il ait été fait usage de la force, a-t-on précisé de source policière, après des négociations avec le directeur de cabinet du préfet du Puy-de-Dôme.
Des excuses ?
Comme le président de la République, Nicolas Sarkozy, Martine Aubry a condamné mercredi les séquestrations de dirigeants d'entreprises. Mais la première secrétaire du Parti socialiste les explique par la révolte des salariés et l'absence de résultats de la politique économique et sociale du gouvernement. "Rien ne justifie jamais qu'on porte atteinte à la liberté des personnes, ni même d'ailleurs que l'on parte atteinte aux équipements ou aux biens", a dit Martine Aubry sur RTL. Elle a cependant estimé que l'impact de la crise économique sur les salariés, la multiplication des licenciements, des plans sociaux et des fermetures d'usines créait un sentiment d'injustice et d'humiliation. "Alors on a recours parfois à la violence. Je le regrette", a ajouté l'ancien ministre, qui a souligné que si les Français étaient prêts à faire des efforts face à la crise, il fallait que ces efforts "soient justes". "Quand trois millions de personnes descendent dans la rue pour dire au Premier ministre et au président de la République : nous voulons un vrai plan de relance, nous voulons augmenter notre pouvoir d'achat, et qu'on vous dise : circulez il n'y a rien à voir, eh bien il y a des réactions fortes", a-t-elle souligné.
Nicolas Sarkozy avait déclaré mardi, lors d'un déplacement dans les Bouches-du-Rhône, qu'il ne tolèrerait pas les séquestrations de patrons d'entreprise et de cadres supérieurs par des salariés, actes qui se sont multipliés ces derniers temps. "Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'aller séquestrer les gens ?" a dit le président de la République. "On est dans un état de droit. Je ne laisserai pas faire les choses comme ça." Martine Aubry a déclaré qu'elle n'était pas d'accord avec le chef de l'Etat. "Si on veut éviter les séquestrations, on ne parle pas, on fait", a-t-elle dit. "Ce qu'attendent les Françaisaujourd'hui ce sont des résultats."
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