Nouvelles menaces de grèves en Guadeloupe ?

le 03 avril 2009 à 21h54 , mis à jour le 03 avril 2009 à 21h57

Craignant que le gouvernement ne choisisse une extension limitée de l'accord salarial qui avait mis fin à un mois et demi de grèves, le leader du LKP envisage une relance du mouvement.

Guadeloupe LKP Elie Domota négociation © TF1/LCI

Elie Domota ne décolère pas : "C'est reparti pour beaucoup de grèves en Guadeloupe", a-t-il lancé vendredi. Le leader du collectif LKP, à l'origine de 44 jours de grève, réagissait à une information encore non confirmée, mais inquiétante pour les auteurs de ce long bras de fer : le gouvernement s'apprêterait à annoncer une extension limitée de l'accord salarial conclu en Guadeloupe, en retirant la clause mettant à la charge des employeurs dans trois ans les 200 euros de hausse concédés pour terminer la grève générale.

 

Dans l'entourage du ministère du Travail, Brice Hortefeux, on se contente d'indiquer "qu'il y aura une décision du gouvernement dans les prochains jours". Mais selon des sources patronale et syndicales, le directeur général du Travail Jean-Denis Combrexelle a confirmé, lors d'une réunion vendredi à Paris, que le gouvernement entendait étendre l'accord avec des réserves.

 

"L'accord est vidé de sa substance"

 

La réunion s'inscrivait dans le cadre de la consultation obligatoire par le gouvernement de la Commission nationale de la négociation collective, où siègent patronat et syndicats. Cette rencontre avait été rendue nécessaire par le fait que lors d'une première réunion le 20 mars, les services de Brice Hortefeux avaient déjà émis de sérieuses réserves quant à une extension intégrale de l'accord, par ailleurs rejeté par une coalition patronale du Medef et de la FNSEA. Dimanche dernier, la présidente du Medef, Laurence Parisot, a encore tempêté contre le texte, lui reprochant notamment de "laisser entendre que l'économie guadeloupéenne est encore une économie d'esclavage".

 

Pour Marie-Pierre Iturrioz et Marie-Alice Medeuf-Andrieu, qui représentaient respectivement la CGT et FO à la réunion de vendredi, il ne fait aucun doute que "l'accord va être étendu, mais avec des exclusions et des réserves". "Nous avons eu confirmation sur le fait qu'il y ait non-extension des points qui nous préoccupaient. C'est essentiel pour nous et vaut indirectement engagement du ministre", a aussi noté Jean-François Veysset (CGPME, patronat). L'accord en voie d'être étendu devrait ainsi être privé de son préambule parlant "d'économie de plantation" et de son article 5, imputant aux employeurs les 200 euros d'augmentation de salaire "au terme du délai des aides de l'Etat (36 mois) et des collectivités locales (12 mois)". Pour Marie-Alice Medeuf-Andrieu, "l'accord est vidé de sa substance". Marie-Pierre Iturrioz souligne pour sa part : "Il reste quand même les dispositions qui s'appliquent immédiatement, mais pas celles qui préjugent des futures négociations de branche ou d'entreprise, ni de ce que sera le dispositif d'aide dans trois ans".

 

Ce compromis qui avait mis fin à la grève prévoit en effet un dispositif en deux temps : il octroie une augmentation de 200 euros par mois aux salariés gagnant entre 1 et 1,4 SMIC, en combinant une hausse salariale immédiate de 50 euros et un coup de pouce de l'Etat (100 euros) et des collectivités locales (50 euros). Ces 150 euros reviendraient ensuite, d'ici trois ans, intégralement à la charge des entreprises... si du moins l'accord était intégralement étendu, comme le demande le LKP. Le collectif, formé d'une quarantaine de syndicats, partis politiques et associations, y voit un légitime rattrapage pour le secteur privé par rapport à la prime de vie chère versée aux fonctionnaires travaillant dans l'île. Pour l'instant, sa portée est limitée aux organisations patronales signataires (minoritaires) et aux entreprises acceptant de le signer.

 

D'après agence

le 03 avril 2009 à 21:54
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2 Commentaires

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  • Sofycloe, le 06/04/2009 à 09h34

    Une nouvelle greve? pour faire mourir plus vite les entreprises locales moribondes, et mettre tout le monde sur le carreau? est-ce une proposition sérieuse , dans l'intérêt des salariés???????? qui fera la grève après ce suicide collectif?

  • G3R, le 04/04/2009 à 17h34

    Les médias ne parlent plus de lui... car on est vite oublié dans ce monde médiatique... alors il réfléchit pour en remettre une couche. Et forcément la presse adore!

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