Sarkozy ne "laissera pas faire" les séquestrations

le 07 avril 2009 à 16h03 , mis à jour le 08 avril 2009 à 11h37

La condamnation de Sarkozy intervient après la séquestration la semaine dernière de quatre cadres du site du constructeur américain Caterpillar.

caterpillar séquestration syndicats patronLe 31 mars, les salariés de Caterpillar à Grenoble avaient séquestré quatre cadres durant 24 heures. © REUTERS

Sarkozy sur les séquestrations
 

 

Alors que 300 personnes s'étaient rassemblées mardi près de la gare de Gardanne, à l'appel de la CGT, pour dénoncer "la politique anti-sociale" du gouvernement, à l'occasion de la visite de Nicolas Sarkozy dans les Bouches-du-Rhône, celui-ci a fait savoir qu'il n'appréciait pas certaines manières de faire de salariés en colère. Le chef de l'Etat a ainsi affirmé qu'il ne "laissera pas faire" les salariés qui séquestrent les dirigeants d'entreprises pour protester contre les suppressions d'emplois.
 
"Qu'est ce que c'est que cette histoire d'aller séquestrer les gens ? On est dans un Etat de droit, je ne laisserai pas faire les choses comme ça", a déclaré le président de la République lors d'une table-ronde sur la recherche à Venelles. "Dans un Etat de droit, la loi doit être respectée. On peut comprendre la colère des gens, mais la colère des gens, elle sera apaisée par des réponses et par des résultats, pas en aggravant les choses en faisant des choses qui sont contraires à la loi", a-t-il ajouté. "Il y a des comportements d'un certain nombre de patrons qui sont inadmissibles, mais l'immense majorité des chefs d'entreprise souffre de la crise et se comporte formidablement bien", a estimé le chef de l'Etat.

 

Royal accusée
 
La condamnation de Nicolas Sarkozy intervient après la séquestration la semaine dernière pendant plus de 24 heures de quatre cadres du site du constructeur américain d'engins de chantier Caterpillar à Grenoble, par des salariés qui dénonçaient la décision de leur direction de supprimer le site. Elle suit également une polémique sur des propos de Ségolène Royal, accusée par la majorité de justifier, voire d'encourager ces pratiques. Pourtant, l'opinion publique, si elle ne semble pas prête à l'accepter, juge cette pratique avec moins de sévérité. Selon un sondage CSA publié mardi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, 50% des Français jugent que cette méthode d'action n'est "pas acceptable" contre 45% qui la jugent "acceptable". Et d'après un sondage Ifop-Paris Match, publié mardi sur le site du magazine, 63% des personnes interrogées disent "comprendre mais ne pas approuver" ce type d'action, 30% les approuver et 7% les "condamner".

 

Les salariés de Caterpillar refusent d'aller à l'Elysée

Les salariés du constructeur américain d'engins de chantiers Caterpillar ont annoncé mercredi refuser l'invitation à rencontrer jeudi à l'Elysée Nicolas Sarkozy, réclamant que ce dernier se rende sur place. "On n'accepte pas de passer pour des voyous, on n'ira pas le voir, il n'a qu'à venir ici", a déclaré à l'AFP Pierre Piccarreta, délégué CGT, à l'issue d'un vote à l'unanimité en assemblée générale devant le comité d'entreprise de Caterpillar, où quelque 300 manifestants étaient massés à la mi-journée. Les salariés ont été informés mardi soir qu'ils étaient attendus à l'Elysée jeudi à 16 heures. Les salariés de Caterpillar ont notamment critiqué les déclarations de Nicolas Sarkozy sur la séquestration des patrons, disant qu'il ne "laisserait pas faire" les salariés séquestrant des dirigeants pour dénoncer les plans sociaux.

 

(D'après agence)

le 07 avril 2009 à 16:03
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10 Commentaires

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  • Jean Louis, le 08/04/2009 à 06h50

    Je pense que le fait de maintenir un peu plus de 24 h, un "patron" dans les locaux de l' entrerpise ne constitue pas une séquestration présentée dans les termes habituels d'un enlèvement.

  • Noémie, le 08/04/2009 à 00h21

    Sans vouloir défendre les salariés en colère... Ah bon Sarko n'est pas content ? Il ne laissera pas faire ? Comme les bonus des patrons, comme les fermetures d'usines ? Comme un bon président de belles paroles non suivies d'effets ou comme un bon président de droite qui faut juste semblant de défendre les salariés mais qui défendra bien efficacement par contre les patrons ?

  • Gerard, le 07/04/2009 à 23h47

    Bravo, les pratiques mafieuses des syndicats doivent etre punies par la loi. Quand ils causent des dommages ils doivent payer eux aussi. Le mot social est une excuse a tous les exces dans ce pays et c'est la majorité silencieuse qui trinque et paie a la place des vandales, et des revoltés.

  • Roger, le 07/04/2009 à 18h54

    Sarko condamne la séquestration de 4 cadres de chez Caterpillar pendant 24 heures mais ne fait rien pour les travailleurs qui se sont investis des dizaines d'années pour leur entreprise et qui se voient remercier pour cause de crise...

  • Alexis08, le 07/04/2009 à 18h54

    Voila je vais expliquer mon cas mon usine licencie un site complet 54 personnes malgrés des benefices net de 13 millions d euros et nous que nous reste t il comme solution j ai 4 ans d anciennetée et je pars avec 2300 euros pour tenior trois mlois avans que les assedics ne prennent le relais cela me fait du 766 euros par mois et mon patron qui aura touché 250 000 euros net par mois je trouve que c est triste mais nous n avons plus de solution ils ne veulent rein entendre

  • Michel, le 07/04/2009 à 18h15

    Rien de tel pour que le phénomène s'accentue. Le mieux serait de ne rien dire et d'agir.

  • Antoine, le 07/04/2009 à 17h29

    Que les salariés deviennent patrons, ils verront si les décisions sont toujours faciles à prendre!

  • Joseph, le 07/04/2009 à 17h10

    La désobéissance n'est jamais civique dès lors qu'il y a désobéissance à l'ordre de l'Etat. Personne dans les autres pays européens, ne s'amuse à sacager les biens publiques comme en France : pourtant, eux aussi, ont besoin d'argent pour vivre. Ce sont nos impôts que les manifestants gaspillent. Même si on en veut au gouvernement, nous ne pouvons pas accepter ce désordre. Bien sûr si des députés organisent la désobéissance, comment voulez-vous que le commun des mortels n'en fasse pas autant. Autement dit, il y a quelques années un Président de la République a dit publiquement "J'ai été convoqué et je n'irai pas au tribunal" ! Comme exemple... on fait mieux. Un proverbe dit "Si la tête est malade, tout le corps est malade". Si le Sommet de la République désobéit, tous les citoyens en font autant ! Le défi, oui, mais avec une autre mentalité !

  • Cranie, le 07/04/2009 à 16h59

    Je ne suis pas d accord de sequestrer qui que se soit ,c est une forme de torture pshychologique et physique que je trouve condamnable.

  • Sylvain, le 07/04/2009 à 16h38

    Cette pratique n'est pas bonne mais que faire aux sourdes oreilles de nos politiciens ?, que faire quand nos parents ont eu droit à 1% de revalorisation de leurs retraites ?, que faire quand l'essence augmente et le barril est presque donné ?, au lieu de condander il faudrait trouver des solutions pas de bla,bla,bla Sarkoziste.

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