Le défilé du 1er mai 2007 à Metz © TF1/LCILes syndicats, qui sont parvenus pour la première fois à s'unir pour les manifestations du 1er mai, espèrent apporter à cette occasion une nouvelle preuve du retour en force du mouvement social. Les manifestations (plus de 280 dans tout le pays selon les organisateurs), dirigées contre la politique gouvernementale et l'attitude patronale par temps de crise, s'annoncent comme les plus puissantes de ces dernières années, pour cette journée internationale des travailleurs (rebaptisée "Fête du travail" en 1941 par Vichy). "Nous ambitionnons un 1er mai grandiose (...) Nous avons besoin d'une véritable lame de fond qui soit irrésistible", a déclaré Maryse Dumas, membre de la direction de la CGT.
Le rendez-vous de la grande manif est fixé à 12H, place Denfert-Rochereau (14e) : de là le cortège rejoindra la place de la Bastille, en empruntant notamment le boulevard Saint-Michel, le pont de Sully et le boulevard Henri IV. Dispersion prévue aux alentours de 21H.
De l'avis général, ce 1er mai est "historique". Fait unique dans les annales, les huit syndicats seront ensemble: CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC (cadres), FSU, Solidaires (dont Sud) et Unsa (autonomes). A Paris, les chefs de file - Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO) pour les plus connus - défileront bras dessus, bras dessous. La CFE-CGC sera donc dans la rue un 1er mai, du jamais vu. La CFTC avait l'habitude de faire bande à part, tout comme FO (sauf en 2002). "Le mouvement unitaire est exceptionnel, parce que la crise l'est", a résumé René Valladon (FO). Les séquelles de la division historique du syndicalisme français ne sont toutefois pas effacées partout. A Marseille, Nice, Nantes ou Clermont-Ferrand, notamment, FO organise des initiatives séparées.
Le PS de nouveau dans la rue, sans Royal
Cette unité inédite est un prolongement au travail commun engagé par le "G8 syndical" en octobre, auquel les manifestations massives des 29 janvier (entre 1 et 2,5 millions de manifestants) et 19 mars (entre 1,2 et 3 millions) ont véritablement donné un élan. Elle est plébiscitée par l'opinion. 71% des Français jugent "justifié" l'organisation d'un 1er mai commun à tous les syndicats, selon un sondage BVA-Orange pour l'Express. Ce qui rend d'autant plus difficile pour l'une des composantes d'en sortir. Les syndicats se montrent toutefois prudents sur la possibilité de drainer vendredi autant de monde dans les rues que cet hiver. "Il ne faut pas simplement regarder des chiffres, mais le mouvement qui prend corps", selon Michèle Biaggi (FO), pour qui "on ne peut pas comparer" ce 1er mai à d'autres cortèges.
Autre nouveauté cette année, la présence annoncée des militants socialistes. Martine Aubry prédit une forte mobilisation le 1er mai, où les dirigeants socialistes défileront rue Soufflot (Paris 5e), et elle appelle par avance Nicolas Sarkozy à y répondre. "Je pense que ce sera une grande mobilisation car la France s'enfonce dans la récession et les difficultés: 3 000 licenciements par jour depuis le début de l'année et, parmi eux, des cas scandaleux où des entreprises profitent de la crise pour licencier et accroître les dividendes des actionnaires", affirme la patronne du PS. Elle estime que le PS montrera son unité, malgré l'absence annoncée dans le cortège parisien de Ségolène Royal, initialement prévue. Celle-ci défilera finalement à Niort, avec les salariés d'Heuliez.
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