Le 31 mars, les salariés de Caterpillar à Grenoble avaient séquestré quatre cadres durant 24 heures. © REUTERSLes syndicats et la direction de Caterpillar réunis au ministère de l'Economie, à Paris, ont conclu dimanche un accord de fin de conflit qui sera soumis par référendum aux salariés, après neuf heures de discussions et deux mois de conflit, ont-ils annoncé à la presse.
Les "Caterpillar" veulent se battre jusqu'au bout
Malgré la condamnation du tribunal correctionnel de Grenoble, les salariés de Caterpillar continuent à camper sur le site d'Echirolles. La reprise est prévue lundi pour 2000 salariés en chômage partiel.
Publié le 17/04/2009
Une partie des 2000 salariés du constructeur, au chômage partiel, a repris le travail lundi matin, tout en attendant que leur soit soumis l'accord de fin de conflit signé la veille à Paris avec la direction. "On reprend le travail à contrecoeur", a toutefois confié un ouvrier sous couvert de l'anonymat, avant de pénétrer dans l'usine. Les arrivées sur les deux sites isérois du groupe, à Grenoble et Echirolles, qui tournaient au ralenti depuis des semaines, se sont faites au compte-gouttes dès 7 heures. Et, signe de l'atmosphère de défiance qui subsiste au lendemain de la signature de l'accord, une centaine de salariés se sont réunis dès le petit matin devant le comité d'entreprise, en attendant que leur soit faxé de Paris l'accord conclu entre les syndicats et la direction de Caterpillar au ministère de l'Economie après neuf heures de discussions et deux mois de conflit.
Cet accord prévoit que la direction du constructeur américain d'engins de chantiers s'engage à assurer la pérennité de son site dans l'Isère (Grenoble et Echirolles) et à y réaliser des investissements. Il confirme que le nombre de suppressions de postes est ramené de 733, initialement prévus, à 600. Des discussions sur l'aménagement du temps de travail doivent également être conclues avant le 31 octobre 2009. La direction s'engage à essayer de diminuer encore le nombre de licenciements, notamment grâce à des formations offertes aux salariés volontaires, avec l'aide de la région Rhône Alpes. Des procédures disciplinaires engagées contre huit salariés sont annulées et les discussions sur l'application du PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi), qui devaient s'achever en début de semaine, sont prolongées au 30 avril.
Aménagement du temps de travail
Le nombre de licenciements sera également réduit grâce à des départs volontaires et à des mesures d'accompagnement pour les seniors. Le protocole sera soumis dans la semaine à tous les salariés par un référendum à bulletins secrets. Le président de Caterpillar France, Nicolas Polutnik, a souligné que la "contrepartie à la réduction du nombre de suppressions de postes était un accord sur l'aménagement du temps du travail", tandis que Nicolas Benoît (CGT) a insisté sur le fait que la conclusion de cet accord était repoussée au 31 octobre 2009, soit bien plus tard que ce que souhaitait initialement la direction. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a souligné dans un communiqué que "cette réunion a permis de rétablir les conditions du dialogue social" et a souhaité que celui-ci "se poursuive de manière constructive dans un climat de confiance restauré". Syndicats et direction ont discuté de 14h30 à 23h30 en présence du directeur adjoint du cabinet de Christine Lagarde.
Depuis l'annonce, le 17 février, de ces suppressions de postes, les salariés avaient multiplié les actions : des manifestations et blocages des sites, jusqu'à la séquestration pendant 24 heures fin mars de quatre cadres de l'entreprise, dont M. Polutnik. Nicolas Sarkozy s'était alors engagé à "sauver le site". Le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel a d'ailleurs estimé que cet engagement de Nicolas Sarkozy "serait tenu", la direction s'étant engagée "pour au moins cinq ans" sur son maintien dans l'accord. L'affaire a aussi pris un tour judiciaire, puisque le TGI de Grenoble a ordonné vendredi à 19 salariés de Caterpillar, assignés pour occupation illicite et entrave à la liberté de travailler, de laisser libre accès aux usines de Grenoble et Echirolles sous peine de payer 200 euros chacun par jour.
(D'après agence)
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