Image d'archives © TF1/LCILes prévisions de la Commission européenne étaient déjà plutôt moroses pour les années 2009-2010 ; ce lundi, elles ont été révisées dans un sens tout à fait opposé à l'optimisme, ce qui ne laisse pas espérer de sortie de crise dans un horizon prévisible. L'exécutif communautaire, qui publiait ses prévisions de printemps, a dit anticiper un recul de l'activité de 4% dans l'ensemble de l'Union européenne ainsi qu'un fort creusement des déficits et une importante augmentation du chômage sur le continent. Sur l'ensemble de la zone euro, le taux de chômage, déjà révisé à la hausse pour 2009 (à 9,9%, contre 9,3% précédemment) devrait bondir à 11,5% en 2010 (contre 10,2% lors des précédentes prévisions).
Concernant spécifiquement la France, la Commission européenne a, là aussi, nettement dégradé ses prévisions en tablant désormais sur un recul du Produit intérieur brut de 3% cette année puis sur une nouvelle contraction de 0,2% l'an prochain. A titre de comparaison, à la mi-janvier, Bruxelles tablait sur un recul du PIB de 1,8% en 2009, puis sur une légère croissance de 0,4% en 2010. La Commission s'attend logiquement à ce que cette dégradation de la situation économique s'accompagne, là encore, d'une forte augmentation du taux de chômage, qui devrait passer de 7,8% en 2008 à 9,6% en 2009 et 10,7% en 2010. A noter cependant que dans le cas français, l'horizon semble un peu moins noir en 2009 sur le plan du chômage que lors des précédents pronostics (9,8%) ; et pour 2010, les prévisions ne subissent qu'une légère dégradation, puisque la Commission tablait jusqu'ici sur un taux de 10,6%.
Déficits en hausse et inflation en baisse
Au cours de l'année à venir, parmi les vingt-sept pays de l'Union européenne, seul Chypre devrait connaître une (timide) croissance de son PIB, de 0,3%, alors que l'économie devrait se contracter de 9% en Irlande, de 5,4% en Allemagne et de plus de 10% dans les trois pays baltes. "La chute du PIB devrait prendre fin vers la fin de l'année et les taux de croissance devraient redevenir modestement positifs courant 2010", souligne la Commission.
En ce qui concerne les déficits, Bruxelles s'attend à un fort creusement en 2009 et 2010, à respectivement 5,3% et 6,5% du PIB dans la zone euro et 6% et 7,3% sur le territoire des Vingt-Sept. Les prévisions pour l'Hexagone font ressortir un déficit à 6,6% du PIB en 2009 puis à 7% en 2010, alors que Paris anticipe un déséquilibre de ses comptes publics de 5,6% du PIB en 2009 et de 5,2% en 2010. Au sein de la zone euro, des pays comme l'Irlande (12% et 15,6%) et l'Espagne (8,6% et 9,8%) devraient connaître des situations encore plus dégradées. L'Allemagne ne devrait pas être en reste avec 3,9% et 5,9% respectivement.
L'exécutif communautaire anticipe enfin que l'inflation continuera à baisser au cours des deuxième et troisième trimestres de cette année, avant de reprendre une trajectoire légèrement positive par la suite. La Commission s'attend ainsi à une hausse de prix de 0,4% en 2009 dans la zone euro puis de 1,2% en 2010. En France, ce taux devrait s'établir à 0,2% et 0,9%. Bruxelles prévient néanmoins que des "incertitudes considérables" continuent de peser sur ces prévisions de croissance et d'inflation.
D'après agence
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