Demandeurs d'emploi attendant à un guichet. En surimpression : le logo du Pôle Emploi (montage) © TF1/LCI| Plans sociaux en France : la carte des emplois supprimés |
Les prévisions de l'Unedic sont encore bien pires que ce que l'on redoutait il y a seulement quelques semaines. Pour cette année, le régime d'assurance chômage déclare désormais s'attendre à 639.000 chômeurs de plus. Un pronostic pessimiste rendu public alors qu'en une seule journée, mardi, près de 2500 suppressions d'emplois au total ont été annoncées par quatre entreprises différentes. Le fabricant américain de pneumatiques Goodyear a ainsi annoncé la suppression de 820 postes dans son usine d'Amiens Nord. Le site emploie au total 1400 personnes sur environ 3500 en France. Le groupe helvético-suédois d'électrotechnique ABB devrait par ailleurs réduire ses effectifs de 20% en France, soit 540 postes, sur un effectif total de 2500, selon des sources syndicales. La direction de l'usine de composants électroniques Altis Semiconductor, implantée à Corbeil-Essonnes, a annoncé quant à elle lors d'un comité d'entreprise extraordinaire la suppression de 400 emplois sur environ 1400, selon les syndicats. Enfin, le tribunal de commerce de Paris a prononcé la liquidation judiciaire du grossiste alimentaire EDA, Euro distribution alimentaire, qui entraînera la disparition de près de 620 postes.
Pour ses nouvelles prévisions, assombries par rapport aux mois de février et mars, l'Unedic table désormais sur l'hypothèse d'un recul de 3% du PIB. Le nombre de chômeurs (catégories A+B+C c'est-à-dire y compris ceux ayant une activité réduite, ainsi que les seniors dispensés de recherche d'emploi), actuellement d'environ 3,5 millions, augmenterait dans ce cas de figure de 639.000 en 2009. Les destructions nettes d'emplois salariés atteindraient 591.000.
Les premières victimes : jeunes et travailleurs temporaires
Encore plus pessimiste, l'ex-directeur général de l'Unedic, Jean-Pierre Revoil, avait déclaré récemment que le recul de l'activité devrait mécaniquement faire "900.000 chômeurs de plus cette année". Les travailleurs temporaires, les jeunes et les salariés peu qualifiés sont particulièrement touchés par ce raz-de-marée : selon Jean-Pierre Revoil, "on n'a jamais vu une telle rapidité de croissance du chômage depuis l'après-guerre et peut-être depuis la crise de 1929".
L'emploi, redevenu la priorité des Français, a été précisément mardi au coeur d'une journée interprofessionnelle d'actions à l'appel des huit syndicats, qui réclament des engagements urgents de l'Etat et du patronat, alors que l'hémorragie risque de continuer cette semaine. Le tribunal de commerce de Versailles rendra jeudi sa décision sur une possible liquidation d'une filiale française de l'équipementier en télécommunications canadien Nortel, qui conduirait à 480 suppressions d'emplois sur 700 dans les Yvelines.
Symboliquement, deux jours après la clôture du Festival de Cannes, des syndicats ont décerné mardi sur le parvis de la Défense les prix des "pires dérives patronales" à Dexia, HP, Novartis, Total ou PPR, qui "avec la crise profitent de l'effet d'aubaine" en détruisant des emplois malgré des bénéfices et des primes aux dirigeants.
D'après agences
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