Des employés de Continental à Clairoix lors d'une manifestation à Compiègne, le 19 mars 2009 © REUTERS/Pascal Rossignol Les salariés de Continental attendent beaucoup des rencontres qui ont eu lieu ce lundi à Paris. Des représentants du groupe MAG, basé à Dubaï, ont été reçus au niveau ministériel et à l'Elysée pour évoquer leur projet de reprise de l'usine de Clairoix. Dans la matinée, ils ont rencontré un conseiller à l'Elysée avant de s'entretenir, en soirée, avec Patrick Devedjian et Luc Chatel. Et c'est par la voix de ce dernier que l'Etat a fait savoir qu'il est prêt à faciliter la reprise de l'usine Continental. Mais pas à n'importe quelle condition. "Nous mettrons tout en oeuvre et nous serons des facilitateurs sur ce dossier mais ça passe par un accord entre le groupe MAG et le groupe Continental. J'ai cru comprendre que des contacts étaient en cours entre les deux groupes", a souligné Luc Chatel, qui s'exprimait à la sortie de l'Elysée à la suite de l'installation, par Nicolas Sarkozy, des premiers "commissaires à la réindustrialisation" chargés de coordonner les actions de l'Etat pour revitaliser les zones touchées par des restructurations.
Interrogé lundi matin sur Europe 1, Fawaz Sabri, vice-président de MAG chargé de la stratégie, avait déjà indiqué que "la technologie et le savoir-faire" des 1120 employés de Clairoix, ainsi que la "qualité française" dans la fabrication de pneus expliquaient l'intérêt manifesté par le groupe de Dubaï. Mais il avait ajouté que, avant de donner suite à ce projet, MAG souhaitait connaître les "avantages" que le gouvernement français est prêt à lui offrir. C'est "la première question qu'on va traiter avec les ministres, c'est très clair", a-t-il dit.
Marchandages autour de la technologie et des salariés
De plus, le groupe de Dubaï souhaite que la technologie et les salariés restent sur le site, ce qui ne fait pas partie des plans du fabricant allemand de pneumatiques. "C'est une condition préalable", a dit son vice-président. "Dans cette usine il y a la main-d'oeuvre la plus qualifiée parmi toutes les autres usines de Continental, alors c'est dommage de perdre cet atout", a-t-il souligné.
Fawaz Sabri a par ailleurs confirmé à demi-mot que la direction de Continental avait tenté de les dissuader d'acquérir l'usine de Clairoix - une attitude choquante selon Patrick Devedjian. Concédant que MAG n'avait toujours pas fait de "demande sérieuse", le ministre a toutefois exhorté dimanche la direction de Continental à lui "laisser sa chance". Fawaz Sabri a dit comprendre la "stratégie" des dirigeants de Continental. Sur le modèle de l'Opep, qui réduit la quantité de pétrole, le fabricant allemand veut "vraiment la baisse de la quantité de production (....) pour maintenir le prix". Pour l'instant, le groupe MAG n'a vu l'usine que sur photos et demande toujours la possibilité d'aller la visiter. Et son représentant assure : "Les Allemands ne s'opposent pas clairement mais disent : si quelqu'un assure votre sécurité allez-y".
Mais ces marchandages laissent pour l'heure la CFDT sceptique. Même si elle affirme qu'elle "ne montre aucune hostilité de principe" à l'idée d'une reprise de l'activité, elle se demande "si cette annonce n'est pas un leurre supplémentaire", "d'autant que le groupe allemand a toujours refusé de vendre sa technologie".
D'après agences
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