Les ouvriers de Continetal Clairoix à Sarreguemines, le 6 mai 2009 © TF1-LCI La cour d'appel d'Amiens n'a pas suivi les réquisitions de l'avocat général qui demandait la confirmation des peines de première instance, allant de deux à cinq mois de prison avec sursis.
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> "On défend notre peau, on nous prend pour des cons !"
un extrait du Mix Info de LCI-Radio
Aux cris de "On est chez nous" et "Continental Solidarité", ils ont fait sauter les verrous de la grille d'entrée. Entre 300 et 400 salariés de Continental Clairoix, dans l'Oise, ont occupé durant une demi-journée mercredi le site de l'équipementier à Sarreguemines, en Moselle, où se trouve aussi le siège social de la filiale française. Initialement, les "Conti" devaient se rendre à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, pour manifester avec les syndicats allemands du groupe, mais ceux-ci ont annulé le rendez-vous. Continental a condamné cette "intrusion forcée" à Sarreguemines, tout en répondant à la demande des salariés.
Les salariés ont mis fin à cette occupation mercredi soir après avoir obtenu une rencontre le 12 mai à Hanovre entre les syndicats et la direction allemande, qui avait d'abord proposé la date du 27 mai, refusée par les manifestants car jugée trop tardive. Et le gouvernement français devrait y participer "à un très haut niveau", a-t-on précisé de source syndicale. Une première réunion tripartite avait eu lieu la semaine dernière à Paris, mais avec la seule direction française.
Interrogé sur LCI Radio à la mi-journée, Yves Mathieu, leader CGT de Continental Clairoix, avait laissé éclater sa colère, estimant que depuis 6 semaines, "on nous prend pour des cons (...) On nous fait tourner en bourrique". "On est à bout", a-t-il ajouté, justifiant leur dernière action par le fait qu'"on défend notre peau". L'usine de Sarreguemines est la seule usine française du groupe Continental dont la production se poursuit, tandis que Clairoix est promise à la fermeture en 2010.
Pour Continental, la balle est dans le camp de MAG
Parallèlement, les discussions entre la direction de Continental et l'accessoiriste automobile MAG, basé à Dubaï, ont progressé lors d'une rencontre mercredi à Hanovre. Le directeur de la division de pneus de tourisme et camionnettes de Continental, Nicolaï Setzer, a affirmé mercredi à l'AFP "avoir posé les bases d'une offre très avantageuse" de reprise à MAG, en proposant notamment un soutien technique pendant "au moins dix ans".
Continental est prêt à céder le site de Clairoix, ses équipements, l'usage de ses brevets ainsi que les compétences des salariés, qui pourraient tous être transférés. "Nous allons plus loin" que ces propositions initiales avec un "accompagnement de transition" et "un support technique pour la commercialisation des pneus à l'international", a fait valoir M. Setzer. Le groupe MAG devrait donner sa réponse "très rapidement", d'après le directeur, qui reste toutefois "prudent" sur une reprise de l'usine, menacée de fermeture en 2010.
Les syndicats de Clairoix se sont dit eux "sans espoir" sur une reprise à l'issue de la visite des dirigeants de MAG. Le ministre français en charge du plan de relance, Patrick Devedjian, a à plusieurs reprises accusé publiquement la direction allemande de Continental de chercher à dissuader cet éventuel repreneur. Le 21 avril, rendus furieux par une décision de justice qui les déboutait de leur demande de suspension de la fermeture du site de Clairoix, prévue en 2010, les Conti avaient saccagé les bureaux de la sous-préfecture de Compiègne. Le groupe allemand de pneumatiques a annoncé le 11 mars dernier son intention de fermer les sites français de Clairoix et allemand de Hanovre, qui emploient respectivement 1.120 et 780 personnes, pour réduire sa production en Europe.
(D'après agence)
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