Le coup de force (payant) des "Conti"

le 06 mai 2009 à 12h29 , mis à jour le 06 mai 2009 à 23h24

Les salariés de Clairoix, qui ont pénétré mercredi par la force dans l'usine de Sarreguemines, ont levé le camp, la direction allemande leur ayant donné rendez-vous le 12 mai.

Continetal Clairoix SarregueminesLes ouvriers de Continetal Clairoix à Sarreguemines, le 6 mai 2009 © TF1-LCI

  

  • Condamnés à des amendes, les Conti crient "Victoire"

    La cour d'appel d'Amiens n'a pas suivi les réquisitions de l'avocat général qui demandait la confirmation des peines de première instance, allant de deux à cinq mois de prison avec sursis.

    Publié le 05/02/2010 Condamnés à des amendes, les Conti crient "Victoire"
Plus d'infos

> Les Contis investissent de force l'usine de Sarreguemines

 
> "On défend notre peau, on nous prend pour des cons !"

un extrait du Mix Info de LCI-Radio


 

Aux cris de "On est chez nous" et "Continental Solidarité", ils ont fait sauter les verrous de la grille d'entrée. Entre 300 et 400 salariés de Continental Clairoix, dans l'Oise, ont occupé durant une demi-journée mercredi le site de l'équipementier à Sarreguemines, en Moselle, où se trouve aussi le siège social de la filiale française. Initialement, les "Conti" devaient se rendre à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, pour manifester avec les syndicats allemands du groupe, mais ceux-ci ont annulé le rendez-vous. Continental a condamné cette "intrusion forcée" à Sarreguemines, tout en répondant à la demande des salariés.

Les salariés ont mis fin à cette occupation mercredi soir après avoir obtenu une rencontre le 12 mai à Hanovre entre les syndicats et la direction allemande, qui avait d'abord proposé la date du 27 mai, refusée par les manifestants car jugée trop tardive. Et le gouvernement français devrait y participer "à un très haut niveau", a-t-on précisé de source syndicale. Une première réunion tripartite avait eu lieu la semaine dernière à Paris, mais avec la seule direction française.

Interrogé sur LCI Radio à la mi-journée, Yves Mathieu, leader CGT de Continental Clairoix, avait laissé éclater sa colère, estimant que depuis 6 semaines, "on nous prend pour des cons (...) On nous fait tourner en bourrique". "On est à bout", a-t-il ajouté, justifiant leur dernière action par le fait qu'"on défend notre peau". L'usine de Sarreguemines est la seule usine française du groupe Continental dont la production se poursuit, tandis que Clairoix est promise à la fermeture en 2010.

Pour Continental, la balle est dans le camp de MAG

Parallèlement, les discussions entre la direction de Continental et l'accessoiriste automobile MAG, basé à Dubaï, ont progressé lors d'une rencontre mercredi à Hanovre. Le directeur de la division de pneus de tourisme et camionnettes de Continental, Nicolaï Setzer, a affirmé mercredi à l'AFP "avoir posé les bases d'une offre très avantageuse" de reprise à MAG, en proposant notamment un soutien technique pendant "au moins dix ans".
 
Continental est prêt à céder le site de Clairoix, ses équipements, l'usage de ses brevets ainsi que les compétences des salariés, qui pourraient tous être transférés. "Nous allons plus loin" que ces propositions initiales avec un "accompagnement de transition" et "un support technique pour la commercialisation des pneus à l'international", a fait valoir M. Setzer. Le groupe MAG devrait donner sa réponse "très rapidement", d'après le directeur, qui reste toutefois "prudent" sur une reprise de l'usine, menacée de fermeture en 2010.

Les syndicats de Clairoix se sont dit eux "sans espoir" sur une reprise à l'issue de la visite des dirigeants de MAG. Le ministre français en charge du plan de relance, Patrick Devedjian, a à plusieurs reprises accusé publiquement la direction allemande de Continental de chercher à dissuader cet éventuel repreneur. Le 21 avril, rendus furieux par une décision de justice qui les déboutait de leur demande de suspension de la fermeture du site de Clairoix, prévue en 2010, les Conti avaient saccagé les bureaux de la sous-préfecture de Compiègne. Le groupe allemand de pneumatiques a annoncé le 11 mars dernier son intention de fermer les sites français de Clairoix et allemand de Hanovre, qui emploient respectivement 1.120 et 780 personnes, pour réduire sa production en Europe.

(D'après agence)

le 06 mai 2009 à 12:29
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47 Commentaires

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  • Toto, le 07/05/2009 à 11h55

    Attention à MAG. Comme l'a très bien compris le représentant syndicat de Continental, ces gens venant du Moyen Orient n'ont pas d'argent. Ils ne veulent que du fric donné par l'Etat français. Pas de projet, pas de proposition. C'est un marché de dupes. Mais les Conti ne sont pas idiots !!! Ne s'improvise pas constructeur de pneus qui veut !!!

  • Toto, le 07/05/2009 à 11h54

    Attention à MAG. Comme l'a très bien compris le représentant syndicat de Continental, ces gens venant du Moyen Orient n'ont pas d'argent. Ils ne veulent que du fric donné par l'Etat français. Pas de projet, pas de proposition. C'est un marché de dupes. Mais les Conti ne sont pas idiots !!! Ne s'improvise pas constructeur de pneus qui veut !!!

  • Brice, le 07/05/2009 à 11h24

    Encore une fois, Michel d'Asinères, vous oubliez une chose. D'après ce que vous écrivez, le gouvernement n'a rien à voir avec une entreprise privée ? Ah bon ? Mais dans ce cas, expliquez-nous pourquoi c'est le gouvernement qui nomme les dirigeants des grandes entreprises ? Le dernier en date : le dircab de Christine Lagarde à France -Télécom. Prenez les hauts dirigeants des grandes entreprises, ce sont quasimentt tous des fonctionnaires en disponnibilté. Connaissez-vous un PDG d'ue banque ou d'une société d'assurances qui ne soit pas Inspecteur des Finances ou assimilé ? Une fois qu'ils ont mis la zizanie, ils sont réintégrés tranquilement dans leur administration d'origine ou retraités avec un pont d'or.

  • Michel, le 07/05/2009 à 08h56

    Joel de Saint Malo, vous confondez deux choses: l'activité d'une entreprise privée, allemande de surcroît et un gouvernement qui n'a strictement rien à voir avec Continental. Dans notre pays, il y a une grande manie, celle de se tourner toujours vers l'Etat quand il y a une crise économique surtout dans le secteur privé. Pour le reste vous devez probablement être bien renseigné, mais je doute fort sur la fiabilité et l'origine de vos informations.

  • Patrick, le 07/05/2009 à 06h30

    Bravo, violence et conflit, belle image de la france, quelle culture du dialogue social. Au fait, seul preuve du contraire, une entreprise c'est fait pour faire des benefices sauf si elle d'utilité publique. Baisse de commandes =baisse de la production = baisse de la masse salariale équation terrible mais normale dans une economie de marché. Sauf à vivre en autarcie il y a ce qu'on appelle la mondialisation et donc concurrence et ca ne sert à rien de se voiler la face. Sauver des emplois à court terme ne sert à rien sur le long terme, mais pardon en france patrons =voyous merci de me publier

  • Joel, le 06/05/2009 à 23h25

    Par expérience ce coup de force des continental est un coup d'épé dans l'eau, car le patronat baisse momentanément sa culotte , juste le temps que cela se calme ????? Et vous ellez voir que dans peu de temps il remettra la casserolle sur le feu pour en arrivé au chiffre qui était celui de base. La crise a bon dos et ce gouvernement de merde est complice de l'ensemble de ces licenciements , car l'objectif est de dégraisser les plus hauts salaires pour enbaucher "AU SMIC" et ainsi redonner de la compétitivité aux entreprises. Et du même coup espérer que les embauches au "SMICCCCCCC" reprennent avant la prochaine PRESIDENTIELLEEEE de 2012 et ainsi passer pour les sauveurs de la France et les maitres de cette crise qui était prévisible depuis 2003 ??????? sauf pour SARKOZY notre petit Napoléon. Nous avons vraiment a faire à une bande de "PETITS" !!!!!!!

  • Michel, le 06/05/2009 à 23h13

    Si çà continue ainsi,MAG ira probablement chez le concurrent. Double jeu.

  • Marylada, le 06/05/2009 à 22h14

    A force de licenciements ... il y aura plus de chomeurs et de personnes en situations précaires que de gens qui travaillent ... la véritable pandémie c'est cette crise ! il est grand temps que le gouvernement s'implique un peu plus pour redresser la situation ! la colère monte , gronde .... jusqu'à quand va-t-on supporter tout ça ... la crise a bon dos quand on voit que les actions en bourse montent a chaque fois qu'il y a des annonces de licenciements ... il y a un grand malaise .. non ?

  • Phil, le 06/05/2009 à 21h59

    En fait je pense qu'on a tous rendez vous a gandrange

  • Angelo28, le 06/05/2009 à 19h22

    C'est à cause de moi, en parti que conti ferme, car je n'achète que du michelin ou du bridgestone, mais c'est comme cela et on y peut rien, c'est la crise automobile et sur une voiture il y a 5 pneumatiques, donc pas de vente de voitures=pas de ventes de pneus. Le batiment doit se porter pas trop mal, car je viens de faire 2000 kms pendant mes vacances en bretagne, ça se construit de partout, concarneau, quimper, brest, roscoff, dinard, st malo etc...je rentre à chartres, le jardiland est blindé le dimanche, le sac de terreau est plus cher qu'un petit lingot, mais ce n'est pas grave, on n'achète, on achète...la farine à baisser de 43% mais la baguette ne baisse pas....vaste débat la crise. Par contre je reconnais que lorsqu'un couple ,employé chez conti, avec une maison sur le dos et un crédit voiture et deux enfants équipés (portable, console, etc...) cela doit être ou va devenir dur dans les prochains mois. Des gens souffrent en France, mais aucune politique ne changera le système parceque, ce système au lieu d'être unitaire il est divisé dons les forces d'opposition ou les contrepouvoirs sont divisés aussi. Nous avons tous choisi une société construite sur la base de l'individualisme et bien il faut assumer cette société. Mais comme disez le psychiatre LACAN, il faut sacrifier une génération de temps en temps pour que le système perdure... la question: sommes nous proche de cette échéance et le voulons nous?

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