Frédéric Lefebvre © AbacapressREAGISSEZ
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| "Il n'y aurait rien de pire qu'un télétravail subi" |
Pour Frédéric Lefebvre, il s'agit de créer un "nouveau droit" dont pourraient bénéficier les salariés. Pour la gauche et les syndicats, c'est tout simplement un projet inacceptable. Même si l'amendement du porte-parole de l'UMP, censé permettre à un salarié de travailler de chez lui pendant un congé maladie ou maternité, a été rejeté par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, la polémique se développe, avec quelques dissonances à droite. C'est ainsi avec l'appui de voix de l'UMP que l'amendement a été rejeté par la commission. Il n'en reviendra pas moins mercredi devant les députés ; Frédéric Lefebvre a déjà annoncé sa volonté de déposer un nouvel amendement.
Le secrétaire général de l'UMP a défendu son initiative en soulignant l'aspect volontaire de cette mesure. "Ce que propose Frédéric Lefebvre, c'est une possibilité", a souligné Xavier Bertrand sur France Info, "c'est-à-dire qu'un salarié qui est immobilisé chez lui pendant longtemps, qui se sent en état de pouvoir travailler, pourrait le faire dans le cadre du télétravail, ce qui règlerait tous les problèmes de responsabilité et également la question de sa rémunération". Selon lui, ce texte n'est "en aucun cas" un recul social : "Quand on est en arrêt maladie, quand on est en congé maternité on touche moins", a-t-il fait valoir. "Le volontariat, le libre choix des salariés, c'est cela qui est au coeur de son idée. Alors quand je vois le tonnerre de critiques, de caricatures qu'il y a, je me dis quand même que les idées nouvelles, dans notre pays, pour se faire leur place, il faut beaucoup d'obstination, beaucoup d'engagement. Frédéric Lefebvre n'en manque pas, heureusement".
"Pas franchement opportun"
Autre son de cloche du côté de la secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet : à la tribune de l'Assemblée nationale, mardi, lors de la séance de questions orales au gouvernement, elle a assuré que "le gouvernement est défavorable à cet amendement". Et de souligner : "sur le fond, un congé maladie ou un congé maternité, c'est d'abord un droit de ne pas travailler pour se remettre de sa maladie ou commencer à élever son enfant". Sachant "qu'une mesure comme celle-ci supposerait qu'on puisse être sûr que le volontariat est bien réel". Or, "on sait bien que ce n'est pas forcément le cas, il n'y aurait rien de pire qu'un télétravail subi".
Le patron des députés Nouveau Centre, François Sauvadet, a également estimé mardi que l'amendement, lancé "au moment où toutes les énergies doivent se concentrer sur l'emploi, les personnes en situation difficile dans leur entreprise", n'était pas "franchement opportun". Evoquant une proposition faite "en franc-tireur", il s'est dit lui-même, "sur le fond (...) extrêmement réservé sur sa proposition".
A gauche en revanche, ni doute, ni ambiguïté : la condamnation est unanime. Le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a ainsi estimé mardi qu'il fallait "résister" à la "politique conservatrice de Nicolas Sarkozy" qui change, selon lui, "ce qui est issu du Conseil national de la Résistance" dans le droit du travail. Outre l'amendement Lefebvre, il a cité la proposition de loi permettant le prêt de main d'oeuvre entre entreprises, le travail le dimanche, la possibilité de travailler jusqu'à 70 ans, "sur la base du volontariat". Quant à Benoît Hamon, porte-parole du PS, il a qualifié de "parfaitement immoral et indécent" le projet qu'il a qualifié de "nouvelle provocation insupportable", jugeant qu'étant donné "sa proximité avec le président de la République (...) on ne nous fera pas croire que cette mesure est celle d'un sniper".
D'après agence
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