La direction va appliquer le plan social

le 11 mai 2009 à 16h49 , mis à jour le 11 mai 2009 à 22h13

Après une ultime réunion avec la direction, les élus du Comité d'entreprise ont refusé de valider les mesures d'accompagnement sociales du plan prévoyant 733 licenciements.

CaterpillarImage d'archives © REUTERS

Le constructeur américain d'engins de chantier Caterpillar a annoncé la mise en oeuvre de son plan social prévoyant 733  licenciements sur ses sites isérois, choisissant le passage en force après des  mois de bras de fer avec les syndicats et l'échec d'ultimes négociations lundi. Cette décision intervient au bout de deux mois d'un conflit opposant une  minorité de salariés jusqu'au-boutistes à une direction intraitable.

Patrick Cohen, élu CGT du comité d'entreprise, s'est déclaré "dégoûté" par  le "passage en force de la direction", indiquant que l'intersyndicale allait réfléchir à une éventuelle suite judiciaire. "La direction maintient ce qu'elle a mis en place depuis le début. Elle n'a  jamais eu la volonté de négocier depuis le début, mais de passer en force", a  déclaré Patrick Cohen à sa sortie de cette réunion de la dernière chance. "Nous allons mettre en oeuvre le plan social comme annoncé dans le livre  III", prévoyant 733 licenciements, "faute d'un accord sur l'aménagement du temps de travail", a quant à elle précisé la direction de Caterpillar.

Défaut d'avis = avis négatif

La direction avait un temps émis la possibilité de réduire le nombre de  licenciements à 600 sous réserve de la signature de cet accord. Un projet  d'accord avait été rejeté à la majorité des 2.551 salariés des sites de Grenoble  et d'Echirolles (Isère) le 6 mai. La décision d'appliquer le plan social fait suite à une ultime réunion lundi  en préfecture entre la direction et les élus du comité d'entreprise (CE), qui  ont refusé d'émettre un avis sur le plan social. L'avis du CE, positif ou négatif, n'est que purement consultatif mais il est  indispensable pour valider la procédure, conformément à la réglementation. Toutefois, selon la jurisprudence en droit du travail, un défaut d'avis des élus du CE vaut "avis négatif", a expliqué un juriste.

Les élus du CE ont refusé d'émettre un avis et suspendu la négociation en  préfecture après le refus de la direction de lever les sanctions à l'encontre de  19 salariés, pour des actions commises lors du conflit social. Soulignant qu'ils faisaient l'objet de "menaces" de la part de salariés  excédés, les élus ont fait valoir leur "droit de retrait", conformément au code  du travail en raison de la présence d'un "danger grave et imminent pour leur santé". En février, la direction de Caterpillar, confrontée à une chute vertigineuse  de son carnet de commandes sur fond de crise, avait annoncé le plan social,  immédiatement rejeté par l'intersyndicale qui réclamait 450 suppressions  d'emploi au maximum. Les opposants au plan ont ensuite multiplié les actions coups de poing, dont  la plus marquante fut la séquestration fin mars pendant 24 heures de quatre cadres de l'entreprise. De son côté, la direction de Caterpillar n'a pas hésité à faire des recours en justice, désireuse d'appliquer un plan nécessaire, selon elle, à la survie du  site. Le gouvernement était même intervenu en vain pour favoriser la signature  d'un protocole de fin de conflit devant ramener à 600 le nombre de suppressions  d'emploi, mais qui a ensuite été rejeté par les salariés.

D'après agence

le 11 mai 2009 à 16:49
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10 Commentaires

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  • Pongo, le 12/05/2009 à 14h43

    Lire que la direction "passe en force" et refuse de négocier me laisse reveur!!!! et que dire de cette pseudo intersyndicale ou seule la CGT s'exprime.pour vivre le conflit depuis l'interieur(salarié depuis 25ans sur le site de Grenoble)je peux affirmer qu'il ne faisait pas bon etre d'un avis different de celui de la CGT,menaces,intimidations etaient le menu quotidien. Par leur aveuglement et leur haine du"PATRON",ils auront réussi à condamner 133 salariés supplementaires;merci beaucoup

  • Propro, le 12/05/2009 à 10h49

    Encore une fois l'ostracisme de la C.G.T. coute cher aux salariés. Ce syndicat ne devrait plus existé c'est le plus grand briseur de travail en France

  • Fdd66, le 12/05/2009 à 10h44

    Franchement, croyez-vous que Caterpillar va cèder ? J'en doute. Ils ont les moyens de faire procès sur procès et d'enliser la situation de façon telle qu'au final, l'entreprise ne vaudra plus rien et au lieu de 733 ou 600 emplois de moins, ce sera 2551. Dans toute négociation il faut savoir faire des concessions de part et d'autre. Seuls les syndicats dont les membres ne risquent rien ( leur emploi, leur salaire, et même en cas de faute grave, les tribunaux leur donnent raison ) représentent des salariés qui pour la plupart se laissent manipuler et souvent, sont contraints d'être d'accord pour ne pas subir des représailles. L'amérique d'OBAMA n'est pas prête à se plier aux bons vouloir des français, quoiqu'on en dise.

  • R-XVI, le 12/05/2009 à 09h52

    Entreprise de matériel de TP elle est soumise aux aléas du marché des BTP, ce n'est pas la 1° crise des sites grenoblois et sans doute pas la dernière. Il serait intéressant que les négociateurs apprennent qu'une négociation veut dire concession de part et d'autre. Les prélables sont la négation de l'idée même de négociation. Ont-il entendu parler de l'approche " gagnant gagnant "? Pourtant dans une filiale de groupe américain, c'est courant......

  • Jim, le 12/05/2009 à 00h19

    Surpris ? Non - perdu par K.O. oui! Il y a des règles dans la vie sociale française. Les syndicats s'en prévalent quand elles en ont besoin et les honnissent quand cela les dérange. Ne soyons pas surpris. Une négociation est réussie lorsque chaque partie trouve un équilibre avec l'autre. L'équilibre est quelque part entre les positions de départ des deux protagonistes et non pas d'un seul côté! A force de refuser de comprendre la règle, la corde s'est rompue. Le jour où les syndicats auront le cran de s'opposer aux minorités "stupidement bornées", le monde social du travail retrouvera une certaine sérénité et surtout une crédibilité aujourd'hui perdue.

  • Rodolphe, le 11/05/2009 à 20h52

    Quand on en veut trop, on a rien!

  • Michel 54, le 11/05/2009 à 19h53

    Les licenciements sont inéluctables avec le capitalisme US et cette crise mondiale

  • Baron von bubba, le 11/05/2009 à 19h01

    De toutes façons ca n'auraient rien changer, c'était prévu, mais quoi qu'il en soit c'est mieux les 733 licenciements que les 600 plus un accord ridicule sur l'aménagement du temps de travail, ce qui va permettre aux futurs 733 intérimaires d'avoir des horaires corrects ;)

  • Alexandre, le 11/05/2009 à 18h58

    Normale.

  • Michel, le 11/05/2009 à 17h34

    Pourquoi voulez vous que ça s'arrange, puisque au départ, c'est mal parti ?

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