Des centaines de salariés se sont rassemblés le 26 mai 2009 place de la Bourse à Paris © TF1/LCIPour cette quatrième journée de mobilisation sociale depuis le début de l'année en France, la mobilisation a été limitée mardi. Pour autant, les huit syndicats qui avaient appelé à cette journée d'action pour exiger de nouvelles réponses du gouvernement face à la crise ont assuré que le mouvement ne s'essouflait pas malgré "l'immobilisme" des pouvoirs publics et du patronat. Lors d'une conférence de presse commune, à Paris, ils ont fait état de "centaines d'actions décentralisées" : distributions de tracts, prises de parole dans les entreprises ayant annoncé un plan social, opération de "sensibilisation" des caissières de supermarchés sur les conséquences de l'automatisation dans le Pas-de-Calais... Ce sont "surtout des initiatives militantes qui ne déchaînent pas les foules et qu'il est sans doute plus difficile à mettre en évidence", a reconnu Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT.
Mais difficile de savoir exactement combien de personnes se sont mobilisées. Faire un bilan global chiffré "sera sûrement un peu compliqué mais ce ne sera pas une journée où il n'y aura rien", a ajouté Marcel Grignard. Selon la SNCF, le taux de participation s'élevait à 19,79% à la mi-journée et le trafic était conforme aux prévisions : 75% des TGV, 50% des TER régionaux et 60% du Transilien, en région parisienne. Selon l'Union des transports publics, 108 réseaux fonctionnaient normalement partout en France, aucun préavis de grève n'y ayant été déposé. Dans les 26 réseaux où un préavis avait été déposé, on a constaté, selon l'UTP, entre 30 et 60% de circulation. Pour les autres, le trafic était supérieur à 60%. Selon des chiffres gouvernementaux, le taux de grévistes au sein de la fonction publique a été de 2,4%, à comparer au chiffre de 21,1% enregistré le 19 mars dernier.
Une étape nouvelle
Au lendemain d'une réunion qu'ils avaient gardée secrète, les huit syndicats ont dévoilé une nouvelle plateforme de revendications concrètes, resserrée en dix points et adressée pour moitié au gouvernement, pour moitié au patronat. Les syndicats réclament, entre autres, une revalorisation du smic et des minima sociaux, la prolongation de l'indemnisation des chômeurs en fin de droit, la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires et la "mise à contribution des stock-options". Aux patrons, ils demandent notamment un accès facilité au chômage partiel, une meilleure répartition entre capital et salaires et des mesures favorales à l'emploi des jeunes. Après l'irruption de la crise économique à l'automne, les plans sociaux "en pagaille" cet hiver et la période de "révolte", le mouvement social franchit une "étape nouvelle sur la base de propositions construites" pour sortir de la crise, s'est félicitée Maryse Dumas, numéro deux de la CGT.
D'autres dirigeants syndicaux réunis au siège de la CFDT ont fait état d'une "journée de transition" ou, à l'instar du secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, d'une "respiration" dans la mobilisation. Une nouvelle journée d'action est prévue à l'appel de l'intersyndicale le 13 juin, un samedi, ce qui, espèrent les syndicats, devrait favoriser la mobilisation.
(D'après agence)
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