Banderole déployée par des grévistes chez EDF (avril 2009) © TF1/LCICe mardi marquait le "temps fort" d'une semaine de mobilisation lancée du 11 au 15 mai par quatre des cinq syndicats du secteur de l'énergie : CGT, CFDT, FO, CFTC. Depuis fin mars, les actions syndicales se sont multipliées, notamment à ERDF et GrDF, filiales de distribution d'EDF et de GDF Suez, où les salariés observent des arrêts de travail tournants et procèdent à des coupures de courant.
Mais ces précédentes actions avaient parfois touché des milliers de consommateurs, qui étaient restés dans le noir ou privés de gaz pendant de longues heures, jusqu'à ce que l'alimentation soit rétablie, avec des conséquences plutôt dommageables pour l'action entreprise par les grévistes : en termes d'image tout d'abord, puisque le mouvement n'y avait guère gagné en popularité ; sur le plan judiciaire ensuite, puisque des procédures ont été lancées pour sanctionner ces coupures "sauvages". Ce type d'opération a d'ailleurs perduré mardi, avec les mêmes conséquences, bien que pour une durée limitée en cours de matinée : environ 200 agents ErDF ont ainsi pris le contrôle d'un poste de transformation à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, et coupé le courant à 15.000 clients. "Le courant a été rétabli un peu avant midi. Nous avons déposé une plainte contre X comme nous le faisons à chaque fois", a indiqué un porte-parole d'ErDF.
Priorité aux coupures des sites industriels
Pour autant, les syndicats tentent désormais de mettre en place de nouvelles formes d'action, autres que ces coupures mal vécues par la population. Comment ? En visant plus spécifiquement des sites industriels pour les opérations de coupures. Et en changeant les modes d'action à destination de la population : par exemple, en passant les plus démunis en heure creuse au beau milieu de la journée et en allégeant ainsi leur facture. Ou encore, en rétablissant le courant coupé aux foyers ayant accumulé trop de factures impayées. Pour éviter que des procédures puissent être lancées par la suite par ERDF à l'encontre de ces clients, qui pourraient être accusés d'avoir eux-mêmes rétabli leur alimentation, ces opérations de rétablissement de l'électricité devaient se faire ce mardi en public et en présence d'élus locaux et d'associations. Et d'autres actions du même type devaient viser les hôpitaux et associations caritatives.
Au cours de cette journée d'action, les quatre fédérations devaient se réunir à nouveau pour évoquer le prochain "temps fort" de la mobilisation déjà fixé au 19 mai. Cette prochaine journée d'action devrait permettre, selon les syndicats, "de remettre les pétitions aux organisations d'employeurs (UFE, UNEmIG et MEDEF), ainsi qu'aux pouvoirs publics".
L'objectif n'a pas changé depuis le début du conflit en mars : obtenir l'ouverture de négociations salariales de branche. Les syndicats réclament des hausses de salaire de 5%, une prime de 1500 euros ainsi que l'arrêt de projets d'externalisation d'emplois. Pour l'interfédérale, même si les mobilisations engagées depuis plusieurs semaines "ont permis d'obtenir des propositions significatives sur des points importants dans certaines entreprises ou établissements de la branche des Industries électriques et gazières (IEG)", "le compte n'y est toujours pas" pour les salaires. "Seule une négociation de branche peut permettre d'obtenir une augmentation significative du Salaire national de base" (SNB, applicable à l'ensemble des agents), dit-elle.
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