Portrait des inégalités au sein de l'entreprise

le 11 mai 2009 à 07h40 , mis à jour le 11 mai 2009 à 07h46

Un rapport sur le partage des profits, commandé par Nicolas Sarkozy, souligne que si la part des salaires dans la valeur ajoutée reste stable, les écarts de rémunération s'accroissent.

travail de nuit emploi gardien © DR

Avant même sa remise, cette semaine, au président Sarkozy, le rapport Cotis a fait parler de lui. Et chacun, syndicats ou patronat, a bien sûr sa propre lecture. Pour les premiers, cette étude sur le partage des profits prouve que la répartition se fait de plus en plus au détriment des salariés. Pour le second, c'est avant tout un rapport qui évite de pointer du doigt les entreprises.

Selon la version quasi définitive de ce rapport demandé par Nicolas Sarkozy au directeur général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis, au terme du sommet social du 18 février, la part des rémunérations dans la valeur ajoutée est restée stable en France depuis la deuxième moitié des années 1980. L'étude souligne toutefois les écarts de croissance des salaires, avec une forte accélération des très hauts salaires dans la dernière décennie masquant un partage de la valeur ajoutée défavorable à une majorité de salariés. "C'est tout en haut de l'échelle, parmi les 10% de salariés à temps complet qui gagnent le plus, que les salaires ont le plus progressé" en 2007, relevait aussi une récente étude de l'Insee.

Seule une PME sur six distribue des dividendes

Quant aux profits, ils vont pour un peu plus d'un tiers aux revenus du capital (36%), pour une grosse moitié à l'investissement (57%) et le restant à la participation et l'intéressement (7%), indique le rapport. Il souligne toutefois la grande diversité des situations des entreprises, seule une PME sur six distribuant des dividendes, alors que les mécanismes de l'intéressement et de la participation restent l'apanage des grandes entreprises.

Les partenaires sociaux, associés aux travaux de la mission Cotis, ont donc chacun vu midi à leur porte. Côté patronal, le Medef estime que les entreprises "n'ont pas à rougir de la façon dont est répartie en France la valeur ajoutée". Le mouvement patronal souligne que d'autres pays, l'Allemagne notamment, ont connu des évolutions très différentes, avec une restauration des marges des entreprises au cours des dernières années, au détriment des salaires.

"Précarité et smicardisation"

Mais côté syndicats, la CGT y a vu "l'explosion des plus hautes rémunérations, avec pour contrepartie la précarité et une smicardisation pour une majorité de salariés". Pour la CFTC, "c'est un travail intéressant, fouillé, qui fait le constat d'un accroissement des inégalités en faveur des détenteurs du capital et au détriment des salariés ainsi que des dirigeants de PME". Selon le syndicat, il conforte "la nécessité d'une suppression du bouclier fiscal". A partir de 1982, "il est indéniable que la part salariale a régressé considérablement puisque, revenant au niveau de 1950, c'est plus de 30 ans d'évolution favorable qui ont été gommés", a aussi réagi l'union syndicale Solidaires. Une détérioration qui s'est faite "essentiellement en faveur des dividendes versés aux actionnaires", dénonce l'organisation syndicale. Pour la CFDT, ce rapport doit être l'occasion pour les pouvoirs publics de "réintégrer les rémunérations des dirigeants et les dividendes dans l'assiette imposable" et pour les partenaires sociaux de "négocier sur la gouvernance des entreprises".

Mais sur cette question des dividendes, leur augmentation s'explique, argumente le Medef, par une forte hausse des cours, qui a accru la valorisation des entreprises. Et la "patronne des patrons", Laurence Parisot, s'est d'ores et déjà dite opposée à des discussions "au niveau national" entre patronat et syndicats sur le partage des profits. Le chef de l'Etat a pourtant menacé d'un projet de loi avant l'été s'ils ne parviennent pas à s'entendre sur le sujet.

D'après agence

le 11 mai 2009 à 07:40
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13 Commentaires

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  • Kiki, le 12/05/2009 à 22h30

    C'est a cause de tout ca qu on en est arriver la dans ce pays il ya la moitie des salaries qui vivent avec le smic on est le pays d europe ou les inagalitées salariale sont le plus elevee,,c'est pas etonant qu on se dirige avec un taux de pauvreté qui s accelere de jour en jour

  • David, le 12/05/2009 à 15h20

    Olga si vous n'etes pas contente vous avez les Forums de France 2 qui encré a Gauche vous iront a ravir vous venez sur ceux de LCI en toute connaissance de cause , non ???

  • Olga3.8, le 11/05/2009 à 15h33

    Et est-ce que ces inégalités sont corrélées aux écarts grandissants en termes d'inagalité de liberté d'expression dont vient de faire les frais l'un de vos ex-confrères? Non, ce serait intéressant de savoir si ceux qui gagne le plus ont le droit d'imposer ce que doivent penser ceux qui gagnent le moins. Quel super principe ça: plus tu gagne, plus tu as le droit de t'exprimer! Merci le groupe bouygues pour toutes vos innovation sociales!

  • Max, le 11/05/2009 à 15h11

    Ou donc faites vous vos courses Bruno de St Jean ??? car votre boulanger, boucher, charcutier etc etc sont des patrons, pourquoi tant de haine envers les patrons qui plus est vous l'étiez soit disant vous même, par jalousie parce que certains ont réussit la ou vous avez echouez !!!!

  • David, le 11/05/2009 à 14h45

    Drole la réaction du fameux Bruno qui disait il y a peu avoir été patrons, a le lire ont peut en douter car mettre tous les patrons dans le même sac faut oser, les petits artisans, boulanger, boucher etc etc doivent etre contents de lire ce genre de réactions débiles. J'image que Bruno de St Jean n'achete rien a son boulanger, a son charcutier etc etc de peur d'engraisser ces "patrons" deja tres riches qui expoitent leurs employés, mais au faites ou allez vous donc faire vos courses monsieur le Critiqueur anti-patrons

  • JCB, le 11/05/2009 à 11h30

    De toutes facons les entreprises actuelles sont divisées en plusieurs entités, celle qui fait du bénéfice est à l'étranger, elle n'emploie que quelques dirigeants et elle surfacture les sites en France. Ensuite on nous annonce que le site local ne fait pas de bénéfice, forcement, vu ce qu'il paye... et que l'on ne peut rien faire pour nous "cette année".

  • Bruno, le 11/05/2009 à 11h10

    Une seule solution pour sauver les entreprises, que les patrons gardent leurs salaires et faisons travailler les travailleurs gratuitement plutôt que de se foutre d'eux en leur versant un salaire de misère leur permettant même pas de vivre tout le mois ! Ca serait la sortie de l'hypocrisie telle que la prône Nicolas, comme pour son salaire augmenté de 170 % ! Ce qui est curieux c'est qu'ont passe beaucoup de temps a droite à défendre les salaires des patrons disant que ces patrons sont méritants, qu'ils méritent leur rémunération .. Et compagnie... Et dans le même temps on passe beaucoup de temps a dire au travailleur pauvre, tu es un tire au flanc, tu coûtes déjà beaucoup trop cher, si tu l'ouvre on va délocaliser; te plaint pas tu as du travail ! Moi je trouve ça génial et d'une bonne foi a toute épreuve ! Ouvriers, travaillez gratuitement pour sauver vos entreprises et le salaire de votre patron !

  • Thomas, le 11/05/2009 à 11h10

    Combien de temps encore allons nous avoir une "base" plus ou moins claire de personnes qui pensent qu'un salaire se décrète. Un salaire c'est un rapport entre ce que l'on fait, combien de personne savent la faire et ce que l'entreprise retire d'une fonction. De plus les "gros" salaires durent rarement, parler de 10% des plus gros salaire cela signifie quoi ? Ces 10% ne sont pas les même personne que 10 ans plus tôt. La vie ça se gagne en travaillant point final.

  • Roland, le 11/05/2009 à 10h39

    A Prolétaire, Lucide Quand Chirac était premier ministre sous Mitterand, il était socialiste? Il me semble que pendant ces 30 ans ça a été un 50/50 droite gauche

  • PROLETAIRE, le 11/05/2009 à 10h12

    Ces "trente ans d'évolution favorable" ont conduit la France dans la situation catastrophique où elle se trouve actuellement. Il faut donc, douloureusement, revenir à la situation d'avant les méfaits des socialistes, renforcer le bouclier fiscal et supprimer l'ISF.

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