Frédéric Lefebvre © AbacapressREAGISSEZ La France avait fait savoir qu'elle était contre mais le Parlement européen a voté mercredi en faveur d'un congé maternité de 20 semaines minimum et un congé paternité de deux semaines. La mise en place d'un tel dispositif n'est cependant pas encore garanti.
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Pour Frédéric Lefebvre, il s'agit "d'ouvrir un débat". Et malgré les réactions négatives suscitées par son projet, le député et porte-parole de l'UMP l'a défendu une nouvelle fois sur France info, et sur RTL. "Dans un congé maladie, vous pouvez parfaitement être handicapé et maintenu à votre domicile sans pour autant avoir perdu ni vos facultés intellectuelles, ni votre énergie", a-t-il lancé sur France info. Sans compter "le risque qu'à votre retour les choses aient été bouleversées dans l'entreprise". D'où l'amendement qu'il a adjoint à la proposition de loi UMP sur le prêt de main d'oeuvre entre entreprises, discutée depuis lundi soir à l'Assemblée : il permettrait aux salariés, via le télétravail, de poursuivre leur activité professionnelle pendant leur congé maladie.
Mais l'amendement Lefebvre a été rejeté lundi soir lors de l'examen en commission des Affaires sociales. Rejet qui laisse présager d'un vote similaire lors de son examen dans l'hémicycle, probablement mercredi. Sans décourager pour autant le député UMP. A la question, qui lui a été posée sur RTL : "allez-vous redéposer un amendement ?", Frédéric Lefebvre a répondu : "bien sûr". "Quand on fait de la politique, c'est pour faire des propositions, quand on a des convictions il faut essayer d'aller au bout". Mais il a axé davantage son argumentation sur les avantages du travail à distance : "Le télétravail, c'est beaucoup d'avancées pour les salariés, pour l'écologie. Les salariés peuvent habiter plus loin d'une métropole, avoir des logements plus grands et prendre moins de transports". Côté entreprises, "quand vous diminuez les coûts fixes, avec moins de bureaux, vous pouvez avoir plus d'employés, plus d'embauches", a-t-il fait valoir.
"Complètement à côté de la plaque"
Déjà, face au tollé prévisible du côté des syndicats, Frédéric Lefebvre avait anglé son argumentation sur la défense d'un "nouveau droit". Son amendement viserait ainsi à "permettre aux salariés qui en feraient la demande de maintenir une activité par la voie du télétravail dans certains cas où leur contrat est normalement suspendu". Ces cas concerneraient les congés consécutifs "à une maladie ou un accident", le "congé maternité", le "congé parental d'éducation ou congé de présence parental", précise son texte.
"L'intérêt de la poursuite du contrat de travail est évident pour le salarié à qui elle permettrait, au minimum, de maintenir sa rémunération, à nombre d'heures de travail effectuées équivalent", détaille l'exposé des motifs de l'amendement. "L'employeur pourrait également être incité à encourager le passage au télétravail en se voyant offrir une réduction de charges sociales, financée par les économies réalisées par la caisse d'assurance maladie, qui n'aurait plus à verser d'indemnité au télétravailleur". Le passage au télétravail serait "de droit pour le salarié" sauf si l'employeur démontre que l'activité ne peut se poursuivre que dans les locaux de l'entreprise. Un avis médical favorable serait requis et, en cas de congé maternité, le contrat de travail serait "nécessairement suspendu" pendant une période de huit semaines.
Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, avait fustigé avant le vote négatif en commission des Affaires sociales un projet "complètement à côté de la plaque". Au Parti socilaiste, Benoît Hamon a qualifié mardi le projet de "parfaitement immoral et indécent". Auparavant, à l'Assemblée, le socialiste Alain Vidalies, dénonçant un texte "tout simplement hallucinant", avait souligné que "les principes ainsi bafoués remontent à la fin du XIXe siècle", en argumentant : "Bien entendu, c'est toujours à l'abri du volontariat du salarié que vous avancez ces régressions majeures. Les salariés doivent être volontaires pour travailler le dimanche, volontaires pour le prêt de main-d'oeuvre et maintenant volontaires pour continuer à travailler même s'ils sont malades".
Avec agences
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