Un défilé unitaire historique, mais pas le plein en province

Par A.Ga. (avec agences), le 01 mai 2009 à 11h15 , mis à jour le 01 mai 2009 à 14h02

Les 8 syndicats défilent dans l'unité, du jamais-vu. La mobilisation en province a toutefois été moins importante que le 19 mars.

1er mai manifestation défiléDes défilés ont eu lieu ce matin en province © TF1

De l'avis général, ce 1er mai devrait être inscrit dans les annales. Les huit syndicats manifestent en effet bras dessus, bras dessous ce vendredi, jour de la fête du Travail. CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU et Solidaires, ils sont tous là et c'est du jamais-vu depuis la libération, sauf en 2002 pour dénoncer la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle. Objectif de cette unité : maintenir la pression sur le gouvernement, qui n'a pas reculé malgré l'ampleur des précédentes manifestations. Les défilés du 29 janvier et 19 mars avaient rassemblé un à trois millions de personnes.

Ce sont donc des manifestations qualifiées d'"exceptionnelles" par les syndicats qui ont débuté en province dès vendredi matin. Des cortèges d'ailleurs plus nombreux que le 1er mai 2008. Pour autant, les défilés n'ont pas fait le plein : ils ont été moins importants que ceux de la précédente journée de mobilisation du 19 mars, ont déclaré plusieurs dirigeants syndicaux, dont François Chérèque, le leader de la CFDT. A Marseille, entre 8.500 et 35.000 personnes ont manifesté, à Strasbourg 4.000 à 6.500 personnes, à Lyon 10.000 et 15.000, à Nantes 11.000 à 25.000. Avec un autre bémol : une fissure dans l'unité affichée, à Nantes et Marseille, où FO s'est désolidarisée des défilés. Au total, 283 rassemblements sont prévus à travers le pays. Point d'orgue de ce 1er mai : la manifestation parisienne, au départ de la place Denfert-Rochereau à 14h30, pour une arrivée à Bastille.
 
Deux absences à Paris
 
L'annonce par le gouvernement de son intention de relancer son texte sur le travail le dimanche a fourni un nouveau motif de colère aux manifestants, alors que le chômage a poursuivi son envolée en mars. Il faut que Brice Hortefeux, le ministre du Travail et le gouvernement "sortent de l'observation", a déclaré François Chérèque, le leader de la CFDT, sur RTL.
 
Les partis de gauche ne sont pas en reste dans les cortèges. Le Parti socialiste, en tête. Il devra cependant se passer de la "photo de famille", Ségolène Royal préférant finalement défiler aux côtes des salariés en lutte d'Heuliez, à Niort. "Je suis aux côtés des salariés parce que le 1er mai, c'est se battre pour que tout le monde ait du travail", a-t-elle déclaré. "Il y a une crise. C'est très difficile mais il faut se battre, résister, apporter des idées", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes, alors que 4.500 personnes, selon les organisateurs, 2.500, selon la police, défilaient dans les rues de Niort. Il faut être "au coude à coude parce que je suis convaincue que c'est tous ensemble qu'on peut trouver des idées pour s'en sortir", a-t-elle ajouté.

Autre absence dans le cortège parisien, celle d'Olivier Besancenot. Le leader du Nouveau parti anticapitaliste défilera avec le collectif LKP en Guadeloupe, "l'endroit le plus unitaire, le plus combatif, qui a remporté des victoires".
 
Martine Aubry prédit une forte mobilisation et appelle par avance Nicolas Sarkozy à y répondre. "Je pense que ce sera une grande mobilisation car la France s'enfonce dans la récession et les difficultés : 3.000 licenciements par jour depuis le début de l'année et, parmi eux, des cas scandaleux où des entreprises profitent de la crise pour licencier et accroître les dividendes des actionnaires", affirme la patronne du PS.
 
Et après ?
 
La manifestation n'avait pas commencé que déjà se posait la question de la suite avec, à ce sujet des fissures dans le front syndical - sur la stratégie à suivre pour contraindre le gouvernement à faire des concessions. Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, voudrait en effet prolonger cette nouvelle journée de manifestations par une grève public-privé de 24 heures. Or, François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, a réaffirmé son opposition à une grève "qui ne règlerait pas" les problèmes. Les leaders syndicaux doivent se retrouver lundi pour décider "des prochaines initiatives", qui dépendront de l'ampleur de la mobilisation du 1er mai, les organisations ayant placé la barre très haut. "Il faut monter d'un cran" pour faire bouger le gouvernement, a répété Jean-Claude Mailly vendredi.
 
Face à ces revendications, le gouvernement reste ferme et mise pour contenir les tensions sur les mesures déjà annoncées, dont le plan sur l'emploi des jeunes d'un montant de 1,3 milliard d'euros dévoilé vendredi dernier. Il se montre également préoccupé par la radicalisation des conflits, une situation qui a poussé l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin à parler de "risque révolutionnaire", des propos jugés "irresponsables" par des dirigeants de l'UMP.

Par A.Ga. (avec agences) le 01 mai 2009 à 11:15
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

77 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Bernard, le 02/05/2009 à 02h01

    Je rappelle pour certains et pour ceux qui étaient vraiment des ouvriers en 68 que pendant deux mois durée moyenne pendant laquelle des usines n'ont plus travaillées ( empèchement à cause des grévistes et manques de matieres premieres ensuite) que ces deux mois là nous n'étions plus payé (soit pour un salarié qualifié une perte de 3000 frs environ) et quelques mois après seulement nous avons reçus le chomage partiel pour environ 400 frs , interressant non . je rappelle également qu'il n'y avait plus de transports plus de pmu , plus de ramassage des ordures les banques n'étaient pas toujours ouvertes, les magasins étaient mal approvisionnés puisque les routiers étaient en grève, les facteurs jouaient les facteurs en grève etc etc .... Le bonheur quoi , Je rappelle que les grèves en 68 ont commencés dans les Universités . QUESTIONS parmis vous les ouvriers agés ou plus jeunes. Cherchez dans votre famille si vous aviez un membre de votre famille dans une université . oui alors chapeau. moi dans ma famille 0 (zéro) pourquoi 0 parceque nous n'étions pas asser riche pour cela à l'époque. Ma conclusion personnelle en 68 les étudiants en grèves étaient des bourges ......

  • Daniel, le 01/05/2009 à 19h04

    Vu que la transparence est d'actualité,combien les représentant syndicaux dépensent-ils pour organiser ces manifestations et également ceux qui y participent?Je constate qu'ils sont,notamment les dirigeants syndicaux, plus vaiilant pour organiser des manifestations que pour relever des défis sutout quand des usines ferment. Ce serait l'occasion de créer des coopératives ouvrières avec l'ensemble du personnel concerné et de prouver s'ils sont capables à leur tour de rentabiliser cette usine malgrés la crise et tout en ayant des salaires très confortable Mesdames,Messieurs les journalistes,pourriez vous faire l'inventaire du coût des manifestations et nous faire savoir leur réaction quant la création de coopérative ouvrière vu que dès que l'on est chef d'entraprise de leur point de vue,l'argent se gagne très facilement. Daniel Longueville 47200

  • Jim, le 01/05/2009 à 18h51

    Touchante, la photo de famille des leaders syndicaux! Note : il manque Jésus-Christ (alias secrétaire de SUD). Et ils ont des adeptes ... je les plains de tout coeur car on leur fait croire depuis top longtemps qu'avec une manifestation on peut changer la face du monde, créer de l'argent pour payer plus de fonctionnaires, produire des biens alors que les carnets de commande se vident, continuer à chercher chacun de son côté sans tavailler en équipe au niveau de la France - voir de l'Europe, enseigner sans accepter d'être mesuré sur les résultats de son tavail, .... et pour finir, que l'on peut travailler moins et moins longtemps et gagner plus! La solution je ne l'ais pas, mais on m'a toujours enseigné qu'il faut travailler - dur - pour ganger quelque chose, que si on est mauvais (que le résultat n'est pas là) on est moins rémunéré que si les résultats sont dépassés, que s'il y a des patrons (ils ne sont pas tous tordus ou véreux) c'est qu'il y a des gens qui accepetnt de prendre des risques (financier notamment) pour produire et faire travailler les autres à condition qu'ils en tirent un bénéfice. Alors, Mesdames et Messieurs les leaders syndicaux, arrêtez de vous prendre pour les économistes du monde. si vous l'étiez, vous seriez au moins ministre, conseiller ou directeur de banque centrale ... chechez l'erreur.

  • Lucrece, le 01/05/2009 à 17h50

    Trop comi c.c.c. bin voyons, crise mondiale, pandémie sur le point d arriver et les badabeux défilent, trop comique le responsable c.g.t, il a une voiture de fonction un chauffeur, vous dis pas le logement mdr, en plus il peu envoyer ses enfants en vacances pisqueeeeeeee ils ont leur propre camping l edf gdf, ou pr presque rien ils prennent des vacances a vi zoubliais, leur caféraria vi vi il faut le dire ou pr keke zeuros ils ont un repas complet, bin vi les plus imbéciles c est nous car en faite c est avec notre fric du sur coup !!!! sur l electricité qu ils ont tt cela, a vi j oubliais le thépasbo il dit rien sur les millions d euros que possede le comité d entreprise d edf, il pourrait partager vs ne croyez pas .????a mourir de rire la bétise humaine

  • Jean, le 01/05/2009 à 17h22

    Moralite.Plus facile de critiquer que de Proposer.socialistes qu'avez vs fait? Il me semble meme qu'un de s votres qui s'etait presente a un poste tres important de la republique a ete BATU , devinez par qui? Un extreme droite.

  • Marco, le 01/05/2009 à 16h44

    La seule solultion aux problèmes actuels est celle appliquée en 68 c'est à dire grève générale blocage des dépots prétoliers blocage des routiers ( pas si sympas que ça ) fermeture des entreprises et ateliers VOILA LA SOLUTION OU TOUT S'ENVOLE

  • Ferruccio, le 01/05/2009 à 16h22

    En tête de liste les champions des défilés ,ils ne ce plaisent que là .La crise mondiale ils ne connaissent pas et en non rien a faire.Ils sont tous responsable si la France marche si mal avec en plus le Besancenot qui est parti en Guadeloupe pour les enfoncer un peu plus .Avec des loustiques comme ça on est pas sorti de la crise

  • Jean, le 01/05/2009 à 16h22

    Alors que le pays traverse une grave crise sans précédent, alors que tout le monde devrait se mobiliser pour faire face à cette crise, on ne trouve pas mieux que de manifester pour critiquer tout ce que le gouvernement fait pour essayer de sortir de cette crise. Les mainifestants, toujours les mêmes ceux qui ont des emplois protégés bien sûr... Les leaders syndicaux, que proposent-ils pour sortir de l crise??

  • ELVIS, le 01/05/2009 à 16h17

    La critique est facile ;mais chacun est libre(presque de s éxprimer comme il le peux)alors vs qui avez encore du travail ;ou qui allez le perdre;car ce n est pas finit la crise sociale ne va que seulement arriver?alors vs qui critiquer d un coté comme de l autre ;attendez vs a réagir ;et ;vs allez voir ce que c est que de ne demander qu a travailler (que pour survivre;et le mot n est certainement pas assé ;a la mesure de ce qui nous attends ;)alors mesurer vos propos avant de penser que pour vous;dans peu de temps vs allez rire jaune

  • Thomas, le 01/05/2009 à 16h16

    Et oui promettre une grande manifestation un 1er Mai ce n'est pas très malin, car le 1er Mai c'est déjà férié. Beaucoup plus de succes quand les syndicats décrètent un jour de congés supplémentaire.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience