© TF1/LCILa France "risque d'atteindre un million de chômeurs supplémentaires en 2009", a annoncé vendredi l'ex-directeur général du régime d'assurance chômage, Jean-Pierre Revoil, au vu des chiffres du PIB. Dans un entretien à l'AFP, il a expliqué la corrélation entre croissance et emploi: "l'économie française ne crée pas d'emplois, mais n'en détruit pas non plus lorsqu'elle affiche 1% de croissance annuelle du PIB". A partir de là, "c'est simple". A zéro de point de croissance, on détruit 200.000 emplois, et de même à chaque point de croissance en moins, selon ce statisticien. Un PIB en recul de -3,5% équivaut donc à 900.000 emplois détruits.
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Publié le 05/12/2009
Alors que le gouvernement estime désormais que la chute du PIB devrait se situer "autour de 3,0%" sur l'ensemble de 2009, Jean-Pierre Revoil table sur -3,4%. "Comme actuellement la courbe démographique est plate -les départs en retraite égalent aux entrées sur le marché du travail-, toute perte d'emploi équivaut à de la croissance du chômage à l'état pur. Je suis donc en train de vous annoncer qu'on aura 900.000 chômeurs de plus cette année, et qu'on risque d'atteindre le million", a-t-il exposé. "Je ne veux pas noircir le tableau, mais on n'a jamais vu une telle rapidité de croissance du chômage depuis l'après-guerre et peut-être la crise de 1929", a-t-il ajouté. Ancien chef du service statistique de l'Unedic, M. Revoil a été à la direction générale de 1992 à 2007.
La corrélation entre croissance et emplois fonctionne dans les deux sens, c'est-à-dire qu'un point de croissance en plus de 1% crée 200.000 emplois. Mais "même si on peut penser que l'économie ira mieux en 2010, cela ne suffira pas à créer des emplois: il y aura seulement moins de perte d'emplois", prévient-il.
L'Unedic n'a livré aucune projection officielle. Des scénarios officieux examinés en janvier et en mars lors des réunions de bureau, où siègent patronat et syndicats, laissaient entrevoir 375.000 à 454.000 chômeurs de plus en 2009, mais ils étaient fondés sur des hypothèses de recul du IB de -1,5% et -1,8%, bien en dessous de la réalité de la récession. Il faudrait en principe attendre le prochain bureau le 26 mai pour connaître les prévisions retenues par le régime.
(D'après agence)
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