© TF1-LCIMardi, certaines informations faisaient état de 1500 licenciements au sein de Michelin. Finalement, la mise au point faite mercredi au siège social du groupe à Clermont-Ferrand rassure : il n'y aura pas de licenciement sec.
Mais tout n'est pas blanc puisque le fabricant de pneumatiques Michelin a annoncé un plan de réorganisation prévoyant 1093 suppressions de postes par des mesures d'âges (départ à la retraite) et de la mobilité. Ce plan est assorti d'un autre plan de départs volontaires dans toute la France sur trois ans pour 1800 salariés.
276 salariés "redéployés"
Les salariés de trois sites sont concernés par les 1093 suppressions de postes : Tours, Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) et Noyelles-les-Seclin (Nord), près de Lille, qui va fermer et dont les 276 salariés vont être en partie redéployés à Clermont-Ferrand, a précisé une porte-parole du groupe. Les 1093 salariés concernés par la réorganisation "bénéficieront pour 495 d'entre eux de mesures d'âge spécifiques et pour 598 d'une mobilité facilitée à l'intérieur du groupe", selon la direction.
Malgré tout, Michelin précise qu'il compte embaucher environ 500 personnes par an dans les trois années à venir pour assurer le renouvellement naturel de ses équipes. Le groupe a précisé en outre qu'il allait lancer un projet d'investissement de "plus de 100 millions d'euros" dans son centre de recherches de Clermont-Ferrand.
"Coup de massue"
Sur le site Sodemeca (iliale à 100% de Michelin) de Noyelles-lès-Seclin, près de Lille, la, les salariés qui se pensaient "les très bons élèves du groupe" évoquent mercredi un "coup de massue". "En 2008, nous avons eu les meilleurs résultats du groupe Michelin, et aujourd'hui, on nous annonce la fermeture prochaine du site. On a le sentiment d'avoir été de très bons élèves et d'être trahis par notre professeur", résume Gilles Cocquerez, délégué FO (majoritaire) de l'usine. Et la Première secrétaire du PS et présidente de la communauté urbaine de Lille Martine Aubry s'est dite mercredi "en colère" devant le "vrai scandale" que constitue, selon elle, la fermeture de l'usine de Noyelles-lès-Seclin.
Du côté du gouvernment, on se évidemment dit "préoccupé" par l'annonce du plan. Le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez a d'ailleurs annoncé que l'Etat va se mobiliser pour "éviter que qui que ce soit reste au bord de la route". Même attitude chez Luc Chatel, porte-parole du gouvernement. "Quand une entreprise de la taille de Michelin supprime des emplois, c'est toujours une mauvaise nouvelle", a-t-il estimé au sortir du Conseil des ministres. Le secrétaire d'Etat à l'Industrie et à la Consommation a également rappelé que "Michelin, comme toute entreprise, (était) soumise à une obligation de revitalisation". "L'Etat sera très vigilant sur les mesures d'accompagnement, notamment concernant les bassins d'emploi visés par ces suppressions de postes", a-t-il ajouté. Interrogée dans l'après-midi à l'Assemblée nationale lors de la séance des questions d'actualité, la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde a estimé que Michelin procédait à "une réorganisation pour le maintien en France d'une base industrielle solide". "Il ne s'agit pas de licenciements, il s'agit de départs volontaires qui sont encouragés", a-t-elle répondu au député PS de Saône-et-Loire Didier Mathus, mettant aussi l'accent sur "le plan d'investissement fondé sur la recherche et le développement" et sur "un plan d'embauche de 500 salariés par an sur les trois ans qui viennent" annoncés par Michelin. Christine Lagarde a aussi affirmé: "Michelin sera soumis bien entendu à son obligation de revitalisation et nous y veillerons personnellement".
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