
Depuis plus de trois semaines que dure le conflit sur le prix du lait, les agriculteurs mènent des actions tous azimuts, bloquant laiteries et grandes surfaces. Mercredi, le blocage de l'usine Lactalis de Riom-ès-Montagnes, dans le Cantal, s'est poursuivi mais la justice a ordonné aux éleveurs de libérer l'accès sous peine de pénalités. A Nantes la fromagerie de Bouvron (faisant également partie du groupe Lactalis) est restée bloquée. Pour tenter de trouver une issue à la crise, agriculteurs et laiteries ont repris les négociations sur le prix du lait après avoir rencontré le ministre de l'Agriculture. Et c'est en pleine nuit qu'un accord, qui devrait permettre une sortie de crise, a enfin été trouvé : il fixe un prix moyen du lait en 2009 à 280 euros les 1000 litres et, pour les années suivantes, prévoit la mise en place "d'indices de tendance des marchés laitiers tous les trimestres à partir de 2010", a annoncé le ministère de l'Agriculture. Il prévoit aussi "un engagement (...) pour définir les futures relations contractuelles entre producteurs et transformateurs".
La FNSEA, premier syndicat agricole français, devrait de nouveau consulter jeudi matin les 22 responsables de régions pour définir la suite à donner à la mobilisation des producteurs après ce compromis. Il semblerait donc qu'on s'achemine vers une fin des actions coup de poing des producteurs. Avant cette réunion de la dernière chance, Michel Barnier s'était déclaré prêt à mettre la main à la poche pour "accompagner" les trésoreries des producteurs laitiers, fragilisées par la chute des prix du lait en avril, mais sans préciser le montant de l'enveloppe ni les modalités de cette aide. Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, avait lui aussi évoqué la possibilité d'un "plan d'accompagnement" pour les éleveurs les plus vulnérables.
Un si difficile compromis
Depuis le début de la crise, les discussions achoppaient systématiquement sur le prix du lait. Dans la nuit de mardi à mercredi les trois familles - producteurs, industriels et coopératives - de la filière s'étaient ainsi séparées sans compromis possible. "Il y a eu rupture des négociations (...), les écarts de prix sont restés trop importants", avait expliqué un négociateur de la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL). Selon lui, les industriels avaient alors proposé 276 euros pour 1000 litres alors que les éleveurs laitiers étaient restés sur leur position de 290 euros. Le premier round de négociations qui s'était tenu jeudi dernier avait aussi achoppé sur le prix. Dans un premier temps, les producteurs avaient demandé 305 euros la tonne puis 290 euros mais les industriels avaient tenu à 267 euros.
Aussi, pour tenter de sortir de l'impasse, Michel Barnier a assuré mercredi vouloir "favoriser un accord sur le prix le plus juste possible qui sera un prix de compromis". Le ministre a dit souhaiter la fixation d'un prix assurant de la "visibilité" pour les producteurs comme pour les industriels, plaidant "l'urgence" car la "paye du mois de mai va être annoncée" à partir du 5 juin aux producteurs.
D'après agence
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