Tous unis pour la même cause © TF1Malgré l'arrivée des vacances d'été, les syndicats n'entendent pas relâcher la pression. Samedi, ils appellent à une journée de manifestations unitaires contre la politique anti-crise du gouvernement. D'ores et déjà, la mobilisation s'annonce de moins grande ampleur que lors des précédentes journées. Pour autant, les dirigeants syndicaux (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires et Unsa) disent vouloir "maintenir la pression" sur le gouvernement, mais aussi sur le patronat, en dépit de leur discrétion ces jours-ci dans les médias. D'autant qu'ils doivent faire début juillet avec Nicolas Sarkozy "un bilan d'étape" des mesures gouvernementales contre la crise alors qu'un nouveau cycle de discussions avec le patronat a commencé mercredi.
Pour les usagers, peu de perturbations sont à attendre. Rare exception, le secteur de la presse puisque les quotidiens nationaux ne paraîtront pas et la diffusion de certains titres régionaux devrait être perturbée, en raison d'une grève des ouvriers du Livre. Il s'agit de la cinquième journée de mobilisation unitaire depuis le début de la crise. La dernière journée d'ampleur, le 1er mai, avait encore réuni près de 1,2 million de manifestants (456.000 selon la police). Pour samedi, la CGT annonce 155 cortèges. L'objectif, selon François Chérèque (CFDT), est de "faire au moins aussi bien que le 1er mai". Bernard Thibault (CGT) s'attend lui à "moins de monde" que le 19 mars, qui avait rassemblé jusqu'à 3 millions de manifestants selon cette confédération.
Tiraillements
A Paris, tous les dirigeants syndicaux seront dans le carré de tête du défilé, de la Bastille à Montparnasse, dont MM. Thibault, Chérèque et Jean-Claude Mailly (FO). Toutefois, des lézardes sont apparues dans le front syndical, dont l'unité a été la clé du succès. "Les manifs à répétition ce n'est pas notre tasse de thé parce qu'il y a un peu un phénomène d'usure des salariés", a déclaré lundi M. Mailly. M. Thibault a lui dit "regretter" ces déclarations qui "portent atteinte à (la) crédibilité" syndicale. Samedi, FO, qui a plaidé en vain pour une grève générale de 24 heures, devrait être absente dans un département sur deux, selon des permanents de cette centrale. Ce que M. Thibault qualifie de "désengagement massif". Solidaires (dont Sud) ne sera pas non plus présent partout.
Outre ces tiraillements, le reflux des mobilisations sociales, passées au second plan de l'actualité, complique la tâche des syndicats. Certes, le climat social reste lourd, avec 187.800 emplois perdus au premier trimestre 2009, selon l'Insee, et même tendu comme en témoigne la séquestration de quatre dirigeants à la papeterie de Malaucène cette semaine. Des grèves perdurent ou sont déclenchées, comme chez ST-Ericsson près de Caen, mais l'intensité des conflits a globalement diminué. Si le mécontentement social persiste, les initiatives syndicales ne convainquent pas. 74% des Français trouvent justifié le mouvement de samedi, mais seulement un tiers pense qu'il pourrait inciter le gouvernement à modifier sa politique, selon un sondage BVA. Enfin, le rapport de force est moins défavorable à l'exécutif depuis les élections européennes de dimanche, qui ont donné une prime au parti présidentiel.
(D'après agence)
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