
Les douze heures de négociations n'ont débouché sur rien. Industriels et producteurs de lait ont échoué une fois de plus à se mettre d'accord dans la nuit de mardi à mercredi sur les prix du lait pour 2009, a indiqué la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL). La rencontre, qui s'est tenue sous l'égide des deux négociateurs nommés par le gouvernement, avait débuté en début d'après-midi et s'est terminée à 02h45. "Il y a eu rupture des négociations, les positions de chacun étaient trop éloignées", a expliqué un négociateur de la FNPL qui représente les producteurs. "Les écarts de prix sont restés trop importants", a-t-il ajouté. Alors que les industriels ont proposé 276 euros pour 1000 litres, les éleveurs laitiers sont restés sur leur position de 290 euros pour 1000 litres.
"Aucune nouvelle réunion n'est prévue", a encore indiqué le négociateur de la FNPL. Cette nouvelle rencontre s'est tenue sous la pression conjointe des producteurs, fortement mobilisés sur le terrain, et celle du gouvernement qui a appelé à plusieurs reprises à un "prix juste" pour les éleveurs et à une issue rapide du conflit.
Risques de débordements
Après l'annonce de ce nouvel échec, le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a annoncé qu'il allait recevoir ce mercredi les professionnels. "Je vais réunir les présidents des trois familles (producteurs, industriels et coopératives) dans mon bureau pour évaluer la discussion et favoriser un accord sur le prix le plus juste possible qui sera un prix de compromis", a déclaré le ministre sur LCP. Mais, a-t-il précisé, "ce n'est plus le gouvernement qui fixe les prix du lait". "C'est au Cniel (comité national interprofessionnel de l'économie laitière), l'interprofession, d'aboutir à un prix entre ce que demandent les éleveurs et ce que proposent les industriels". Michel Barnier "espère que l'on aboutira dans les heures ou les jours qui viennent" à "un prix d'orientation pour assurer une visibilité sur toute l'année". Le ministre s'est par ailleurs déclaré "prêt à accompagner" la trésorerie des producteurs, mais sans préciser l'enveloppe et les modalités de cette aide.
La réunion de mardi, qui avait été qualifiée de "la dernière chance" par la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), était consacrée exclusivement à la question du prix. Il y a d'autant plus urgence que le prix du lait collecté en mai n'est toujours pas fixé. La FNPL a mis en garde à plusieurs reprises contre d'éventuels débordements sur le terrain si aucun accord n'était conclu avant le 5 juin, date à laquelle les entreprises vont commencer à préparer les payes pour les livraisons de mai. Les industriels pourraient, comme ils l'ont fait pour le lait d'avril, fixer eux-mêmes le prix, une décision qui a débouché sur une baisse de 30% des prix par rapport à l'an dernier et a entrainé la colère des producteurs.
D'après agence
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